27.06.2009

Assailli de doutes

Je suis assailli de doutes au sujet de ce blog.
Oh! Ce n'est pas la première fois, loin de là. Je dirais même que je suis maintenant presque tout le temps assailli de doutes quant à ce blog. Ce blog qui me tenait tant à coeur au début, et même encore maintenant.

Dois-je l'éteindre? Le fermer? Comme on souffle sur une bougie et qu'on essaye de se laisser regagner par la nuit.

Je n'ai pas su atteindre mes objectifs, je le confesse. N'ayant pas internet chez moi (toujours pas), ce n'est pas évident de mener à bien ce cahier. Et puis que dire? J'ai souvent tellement envie d'écrire avec mon coeur. Mais mon coeur il a tellement souvent envie de dire des choses inavouables. L'écriture me harcèle parfois, me dévore. Je ne peux vivre sans elle, mais que faire avec elle? Je rêve de faire de mes mots quelque chose de plus oral, des sortes de concerts de poèmes ou je ne sais quoi, mais je suis souvent trop timide à l'oral et le temps passe inexorablement sans qu'aucune décision irrévocable ne naisse.

Au début, je voulais parler de voyages, mais je n'en fais plus beaucoup de voyages.

Je voulais parler de ma passion pour l'Inde aussi. Mais l'Inde me plonge souvent dans des états difficiles, troubles. Et puis je ne peux écrire que la nuit, à mon travail, et ce genre de noir qui rode autour de moi ne va pas avec ce que je veux écrire, mon âme est trop bouleversée par ce que j'ai envie de dire mais n'ose pas dire.

Ce qui est merveilleux avec ce blog, c'est la rencontre extrême et sublime avec ma petite Cath. Et aussi j'ai eu la chance de rencontrer quelques belles âmes. Trop peu à mon goût, mais difficile de rentrer dans une vraie communauté de blogs quand on ne vient là qu'une fois toutes les semaines ou pire, tous les quinze jours. Pas assez de temps pour écrire ce qu'on voudrait, pas assez de temps pour lire ce qui nous émeut pourtant. Et puis, bien souvent, il arrive un moment où les yeux eux-mêmes ne suivent même plus.

Ma Cath est une formidable rencontre virtuelle au départ, mais une vraie rencontre d'âmes. Et l'un de mes plus violents rayons de soleil dans ma vraie vie à présent. Indispensable. Vital même. C'est sans doute ma plus belle victoire, mon plus grand soleil trouvé grâce à mon blog.

Mais l'absence de commentaires ces derniers temps me rend perplexe. Certes, je n'écris pas pour avoir plein de commentaires, mais j'ai de plus en plus l'impression d'écrire de façon solitaire, comme avant. Et ce n'est pas ce que je souhaitais avec ce blog. J'espérer échanger, communiquer, amener des impressions, des souvenirs, des points de vue. Et là, j'ai réellement échoué. Je me consacre là encore sans doute pas assez à ce blog pour cela.

Quand je vois que presque tous les gens qui viennent lire ce blog viennent pour l'article que j'ai posté au sujet du kama sutra alors que j'en parlais en tant que passionné de l'Inde, ça me fait un peu mal, mais c'est la loi des moteurs de recherche et de la modernité.

Les promesses que j'étais tenté de me faire et celles qu'on m'avait faites n'ont pas été réalisées, c'est sûr. Alors dois-je encore y croire, continuer d'écrire ici, ou tout arrêter, laisser le vent comme j'aime bien dire tout envoler?

J'ai pourtant du mal à laisser ce cahier, j'ai envie de continuer à écrire, à créer des articles, à m'épancher, à vous lire, à m'émouvoir...

M'inscrire sur facebook? Le projet m'attire peu. J'ai envie de continuer à poster des photos, parler de voyages, de maux de la vie, d'espoir... Mais je suis triste de me sentir encore plus seul qu'en n'écrivant pas. Je ne réclame pourtant rien à personne. J'aimerais tant susciter quelque chose, une réaction, un bleu, je ne sais pas. Les blessures sont parfois si sournoises, si pernicieuses. Je suis assailli de doutes et je ne sais pas d'où me viendra une réponse, je ne sais même pas si une réponse quelconque me viendra.

Peut-être une réponse me viendra t-elle du vent ou de la lune.

Je me consacre désormais plus vivement à l'écriture d'un blog que je souhaite parfaitement anonyme et où je me sens peut-être plus libre d'écrire avec tout mon coeur. Je ne sais pas encore ce qui adviendra de ce blog-là, de mes envies de voyage initiatique à en crever, de mes cauchemars que je ne sais plus éteindre, de mes bouffées d'espoir encore incontrôlables. Un jour je crois que je fouttrai en l'air un gros quelque chose, l'avenir me dira quoi.

13.06.2009

Sur les Chemins de Saint-Jacques...

Je médite, je projette, depuis longtemps déjà, je caresse l'idée d'un pélerinage vers St Jacques.

Je ne suis plus catholique depuis longtemps, je suis bien plus orienté vers le bouddhisme de passion, bien avant que cela ne devienne une mode.

Je m'estime peut-être encore chrétien de coeur, d'enfance plutôt, je dirais, ce qui me relie aussi à ma mère décédée et tant pleurée, mais ce qui me relie encore à elle est bien plus profond qu'une histoire de religion. Mais qu'importe le chemin vers St Jacques est ancré en moi très fort, aussi fort sans doute que pour un chrétien, pourquoi, je ne saurais pas bien le décrire, le définir, il faut dire que j'ai le goût du voyage initiatique, de la solitude et de la marche très prononcés. L'idée aussi de se dépasser physiquement, spirituellement et entouré par de sublimes paysages m'attire.

Si vous voulez partager vos espériences avec moi, m'aider dans ma démarche de préparation à ce périple étrange et unique, n'hésitez pas.

Je ne sais pas encore si je le réaliserai cette année, de toutes façons si je le réalise ce ne sera d'abord qu'en partie, car je suis pris par mon travail jusqu'à mi-novembre, ce qui fait tard tout de même pour l'entreprise d'un tel projet.

Je me suis rapproché de la Cathédrale du Puy en Velay où j'ai correspondu avec un très gentil monsieur qui m'a même adressé son livre il y a peu et qui m'aide beaucoup dans ma démarche personnelle.

Comme je le lui ai écrit récemment, j'ai un autre projet de voyage initiatique pour le mois de novembre, aussi ne sais-je vraiment pas si je pourrai réaliser le tronçon Le Puy en Velay-Figeac comme j'en rêvais initialement.

Mais je n'oublie pas ce projet et j'espère le mener à bien. J'aimerais beaucoup correspondre avec des personnes qui l'ont déjà entrepris ou même tenté, ou seulement pensé (c'est déjà un but en soi...) tout comme j'avais rencontré au Mont Dore je me souviens il y a quelques années, des personnes qui m'en avaient parlé. J'ai toujours été fasciné par cette idée, si belle et si décalée soit-elle aujourd'hui, mais si riche et tellement pleine de promesses, de rencontres, et d'intériorité.

Je souhaite le débuter, le jour où je me sentirai vraiment prêt, du Puy en Velay, ville que je trouve admirable. J'aimerais aussi peut-être un jour le faire depuis Arles, que j'aime aussi et j'aime l'idée de passer par la belle St Guilhem le Désert, non loin de chez moi, mais en priorité, je souhaite réaliser le Chemin au départ du Puy.

A très bientôt, j'espère.

N'hésitez pas à me communiquer vos expériences, vos sites ou blogs, ou aussi livres de références.

Merci beaucoup.

Couleur Juin

Bonjour @ tous.

Je réouvre aujourd'hui ce blog, en espérant qu'il m'apportera de nouvelles choses. Je pense ouvrir parallèlement un autre blog, tout nouveau, beaucoup plus personnel, qui répondra peut-être mieux à mes attentes.

J'ai eu besoin de délaisser ce blog pendant quelques temps, nécessaires pour ma réflexion personnelle, sur divers sujets. Le temps de changer de travail, reprendre mon ancien boulot, lourd de conséquences, bien sûr, le temps aussi de réfléchir à différentes choses, à l'écriture, aussi, ce qu'elle apporte, ses failles, ses exigences, ses attentes.

Juin a toujours été pour moi un mois agréable, synonyme des premiers émois de l'été. J'espère qu'il ne me décevra pas cette année, après ces quelques soucis divers en avril et mai.

Je vous souhaite un beau mois de juin @ tous, bleu, ensoleillé et chaud.

A tout bientôt.

Olivier.

09.05.2009

Pause nécessaire

Bonjour à tous.

Je dois suspendre ce blog au moins momentanément, pour des raisons personnelles.

Actuellement, je traverse une période un peu difficile, pour diverses raisons et ai besoin de faire le point dans ma tête avant de me remettre à écrire.

En espérant à très bientôt,

Olivier.

27.04.2009

Humeur du moment...

" Nous concevons très bien le genre d'attrait qu'a, pour certaines âmes fatiguées du monde et désabusées de ses illusions, cette existence solitaire.
Qui n'a point aspiré à quelque chose de pareil?
Qui n'a pas, plus d'une fois, tourné ses regards vers le désert et rêvé le repos en un coin de la forêt, ou dans la grotte de la montagne, près de la source ignorée où se désaltèrent les oiseaux du ciel?"
"Un hiver à Majorque", George SAND.

20.04.2009

Couleur Collioure.

En ligne ce soir et pour me réconforter de ce mauvais temps persistant, mes premières photos de notre séjour sur la Côte Vermeille, pour nos deux ans d'amour, en février, alors que le printemps commençait à nous offrir de beaux bleus.
Je quitte l'hôtel, ça y est, ma décision est prise. Trop de difficultés à tenir le rythme de nuit, en particulier suite à quelques soucis de santé en ce moment. Je retourne à l'office de tourisme où j'ai travaillé l'an dernier et où je me suis senti si bien.
Je vais perdre mon CDI, hélas mais je fais partie de ces gens qui pensent que la santé et l'épanouissement personnel dans un travail n'ont pas de prix.
Je risque de galérer encore cet hiver, mais c'est à moi maintenant de tout faire pour rebondir au mieux.
Ce sera sans doute l'objet d'un prochain post.
Je vous embrasse tous et vous dis à tout bientôt.
D'ici là prenez soin de vous. Et tout plein de bleu.
OLIVIER.

09.04.2009

Rêve d'Istanbul. 1

Je commence aujourd'hui une nouvelle catégorie de notes.
Des notes entièrement dédiées au voyage, ou plutôt devrais-je dire au Voyage.
Le voyage pour lequel j'ai sacrifié presque toute mon existence depuis ma révélation intérieure fin 1996, alors que j'étais en pleine crise mystique (mais non pas au sens de religion), que j'étais très attiré par l'Orient, et que je venais de dévorer entre autres, une grande partie de l'oeuvre de Hermann HESSE!
Mais je reviendrai à tout cela plus tard.
Je veux parler du voyage, car il a hanté ma vie, et je n'oublie d'ailleurs pas que ce blog était intitulé au départ "vertiges, voyages", en référence à un poème que j'avais écrit dans le temps...
J'ai parfois brûlé au nom du voyage, j'ai claqué tant de sous et fait tellement de folies, j'ai sacrifié permis, meubles, matériel et tellement de choses au nom de lui et pourquoi? Parce que je pense, inexorablement, que lorsque je voyage, je me sens bien. Libre. Moi-même. Et tout cela est lié.
Quelque part en voyage, je me sens avec des ailes, c'est-à-dire au fond de mon coeur, en harmonie, en paix avec moi-même.
C'est tellement pour ça que je pars et pars sans relâche. J'ai toujours besoin de me recentrer, de repartir en quête de moi-même.
Je ne dis pas que la quête n'existe pas lorsque je ne pars pas, mais j'éprouve beaucoup plus de difficultés à me recentrer, lorsque le quotidien m'inonde, je ne sais pas toujours le gérer, même si je me suis mis voilà plus d'un an au shiatsu, qui me convient mieux que la sophrologie.
Cela fera d'ailleurs l'objet d'une note future.
Aujourd'hui, j'ai envie de parler de mon premier vrai voyage.
Oh certes, j'avais bien fait quelques tentatives de voyages à droite et à gauche avant celui-là, mais j'ai pour habitude de considérer mon premier vrai, grand et beau voyage celui que j'ai fait en octobre 1997, en Turquie.
C'est pour moi le point de départ de beaucoup de choses, et la conséquence directe de bien des choses aussi.
J'ai construit je crois le début de mon histoire personnelle, en tant qu'homme qui ne veut plus se mentir, là-bas, à ma chère Istanbul.
Istanbul où curieusement je me suis senti chez moi dès le premier jour - et même d'ailleurs bien avant que j'y mette les pieds.

C'était en octobre. Il faisait frais. Frais mais un soleil magnifique. Je me sentais incroyablement serein, confiant, non pas en l'avenir, mais ces questions ne m'importaient plus, je me sentais seulement bien, prêt à aller au bout de mes rêves.
C'était en 1997. Année en 7. J'aime bien ces années-là en général.
97 a été d'ailleurs sans doute ma plus belle année, la plus limpide, celle où je me sentais le plus en harmonie avec moi-même.
C'était l'époque des "plages d'Orient", recueil de poésies que j'avais écrit dans l'année, l'époque des rêves d'Orient, des lectures orientalisantes, bref de ce très vif intérêt qui n'a jamais cessé de grandir en moi pour tout ce qui concerne les philosophies de l'intime.
Rupture avec mon passé où l'on m'inculquait plutôt la sagesse, la raison etc.
Rupture qui ne s'est pas faite sans choc brutal et viscéral.
J'en parlerai peut-être un jour.
Mais 97 était l'année de l'acceptation. Je ne voulais plus jouer de jeu, plus être un autre, seulement partir à la recherche de ce que je suis vraiment...
Oops vaste programme - et complexe!
Infini, sans doute.
Je suis parti en Turquie, donc après quelques premières tentatives infructueuses.
Je ne sais plus si c'est la deuxième ou la troisième fois qui fut la bonne, mais je suis parti un beau jour d'octobre, alors qu'octobre avait toujours été jusqu'à lors un sale mois.
J'ai payé mon voyage à crédit (je me traîne ces crédits depuis ce temps-là, ah délicat sujet, ces crédits mer... et pourtant je n'oublie pas toutes les merveilles que j'ai pu faire avec, alors!) car je n'avais pas le moindre sou.
C'était l'époque où je fraudais parfois dans les trains, pour me retrouver Dieu sait où, au nom du voyage, de la liberté de la quête.
Mais voilà. L'avion, je ne pouvais pas frauder lol !
J'ai donc pris un séjour moitié à Istanbul, moitié en Cappadoce, en agence de voyage.
Je suis parti de Paris. J'habitais Rouen à l'époque (où je me sentais si bien, malgré le temps !)
Et me voilà ainsi un beau jour d'octobre dans l'avion qui m'avait valu tant de cauchemars (j'ai la frousse dans les avions!! - dommage pour un voyageur...)
La jeune femme qui était à deux sièges de moi, je me souviens, m'a proposé spontanément de tenir la main de son mari, qui était à côté de moi!
C'est dire si je devais être blême!
Et en effet, j'étais terrifié.
Mais le mari était beau gosse lol et j'en ai bien profité.
Il avait d'ailleurs une main rassurante, dans mon souvenir...
Et nous voilà prêts à décoller...

J'arrête ce récit pour cette nuit, mes yeux ne suivent plus et une dure nuit de travail m'attend encore dans mon hôtel...
Je vais rêver tout à l'heure, lorsque l'heure de la pause sera venue, à ma chère Istanbul.
Que Dieu -s'il existe, veille sur Toi...

05.04.2009

Sublimes souvenirs.

Coucou @ tous.
A l'heure où le printemps commence à embaumer et s'installer lentement (malgré les pluies de cette semaine), et à l'heure où le travail me fait poser de nombreuses et lancinantes questions, j'ai besoin de plages, de soleil, plus que jamais de bleu, je vous offre en ligne aujourd'hui mes premières photos de mon séjour à Hyères, en juin dernier, séjour qui m'a été offert par mon Amoureux à l'occasion de mon anniversaire... et dont il faudra que je parle plus longuement sur mon blog.
Bises @ tous et beau dimanche...
A tout bientôt,
Olivier.

28.03.2009

Ma verte Normandie.

Ma verte Normandie. Réminiscence. Come back. Comme avant. Avant...
Mon passé. Les prés verts, humides, faiblement éclairés par une lumière calme, douce, presque tranquille.
La maison des grands parents.
Je suis remonté samedi dernier chez mes grands parents. Ca faisait plus de deux ans que je n'y étais pas retourné. D'habitude j'essayais d'y aller au moins deux fois par an, ou au pire, une seule fois, mais là, déjà deux ans et demi pratiquement, que je n'y étais pas allé.
Je me refuse à répéter que le temps passe très vite, mais je n'en pense pas moins et cela ne m'effraie pas moins.
J'ai obtenu une semaine de congès à mon travail, alors que cela ne fait que deux mois que j'ai commencé.
En fait, je les ai obtenus en intervertissant une journée de travail avec un collègue, qui a gentiment accepté.
J'ai été très heureux d'obtenir ces vacances presque improvisées.
J'avais trouvé un excellent prix sur internet, pour monter là-bas. C'est si loin. Si loin et souvent tellement cher. C'est un frein indéniable.
Et puis je ne sais pas, le temps est passé. Les circonstances m'ont à chaque fois empêché d'y retourner. L'an dernier je travaillais l'été, puis j'ai été à la dèche, puis j'ai recherché sans relâche du travail, si possible à plein temps.
Et ça me fait mal au coeur de me dire, de vous dire, de me rendre compte que j'avais déjà, cruellement besoin de ces vacances, au bout de deux mois à peine de CDI.
Quelques soucis de santé sur lesquels je ne m'étends pas gênent ce rythme de travail de nuit, et puis ces derniers temps, j'aimais avoir un rythme régulier. Cela me faisait vraiment du bien (quand je pense qu'avant j'avais un rythme si désorganisé et que cela ne me posait pas le moindre souci!) - je sens que je vieillis quand même, que je fatigue, que ces rythmes ne me conviennent plus et je me pose des questions de plus en plus violentes sur le travail de nuit.
J'ai cru tenir bon au début, parce que j'ai du temps pour me reposer, entre deux sessions de taf. Mais justement. Je suis sans arrêt décalé. Quand je ne travaille pas, je dois tirer sur mon sommeil, pour reprendre un rythme normal, du moins un rythme qui me convient apparemment le mieux. Et puis quand je travaille, j'ai des coups de barre carabinés, des moments où je suis sur le point de tomber dans les vappes. Mais je suis seul, la nuit, à mon hôtel et j'en viens à avoir peur des malaises, qui se font d'ailleurs de plus en plus fréquents, même si, heureusement, ils ne durent généralement pas.
Bref, j'avais BESOIN de ces vacances.
Je n'ai pas pu partir vendredi, comme prévu. J'étais trop fatigué.
Je suis parti samedi.
Et comme souvent, quand je pars, j'ai la mort dans l'âme. J'ai souvent envie de partir, pour me recentrer (c'est mon moyen à moi), mais lorsque survient le moment du départ, cela m'est difficile. Je suis comme un enfant. Je suis impatient de partir, par moments, puis quand vient le départ, je me sens triste.
J'étais mal dans le train, même très mal à un moment. J'ai failli descendre à plusieurs reprises. Et puis, j'ai décidé de tenir bon. De rester à bord.
Et j'ai retrouvé mes grands-parents, le soir.
Et je me suis senti tout de suite beaucoup mieux.
Dimanche et lundi, dimanche en famille et lundi juste tous les trois, m'ont apporté calme et sérénité. Ca m'a fait du bien.
Lundi, j'ai rangé de vieilles affaires, retrouvé de vieux trucs, j'ai revu mon album photo de quand j'étais petit, ma mère qui est partie si tôt. Mon grand père du Sud, celui qui me manque tant aussi et qui est parti trop vite aussi.
Ces deuils me minent.
J'ai pu en parler à ma grand-mère. Ca m'a fait du bien. Mais ça m'a remué tellement.
Et puis est arrivé le moment du départ. Déjà.
Je serais bien resté quelques jours de plus. Pour me poser davantage. Et me reposer encore un peu plus.
Mais j'avais un billet difficile à changer et j'ai décidé sur le coup, de repartir, comme prévu.
Et mercredi, l'angoisse est revenue.
Plus forte encore que les jours d'avant.
Je n'ai pas pu retourner travailler hier soir. Spasmophilie, angoisses terribles, vertiges, nausées, hypertension, puis hypotension.
Aujourd'hui, je pose les choses à plat.
Mon homme qui est parti dans sa belle famille et qui me manque beaucoup ce week end m'en veut de ne pas avoir dit au médecin que je ne voulais pas être en arrêt.
Mais la réalité c'est que j'en ai besoin, moi, de cet arrêt.
J'en ai tellement besoin que je crois que si j'étais retourné au travail hier, j'aurais fait un malaise pire encore. Je crois que ça se serait peut-être mal fini. Je me connais. Ca se serait peut-être fini au samu.
Je ne sais pas. Car je contiens tout, depuis quelques années. Je sens parfois que je vais craquer, mais je ne craque pas vraiment. Faudrait peut-être que je craque pour de bon. Mais je m'interdis. Et puis, depuis la psychanalyse, je sais en général mieux prévenir ces crises.
Trop de deuils. Trop de cauchemars la nuit. Trop de questions, de doutes, de craintes, de peurs, trop d'idéalisme (je connais tellement le soleil et je connais tellement la chute).
Vous, mes Anges, ne savez sans doute jamais vraiment à quel point vous m'êtes essentiels.
Je vous envoie plein de belles pensées, de l'espoir, je m'accroche et m'accroche, inexorablement. Et c'est difficile.

20.03.2009

Eternels volcans...

Ce soir, en ligne, mes dernières photos du Mont Dore, lors de mon dernier séjour, inoubliable dans cette magnifique région en octobre 2008...
Et si mes yeux tiennent encore un peu le coup, je vais essayer de poster un petit mot.
L'occasion en tout cas de vous envoyer plein de bleu, j'en profite le plus possible, de ce beau et précoce printemps, après toutes ces rigueurs hivernales, j'espère que vous en profitez aussi et surtout j'ai envie de vous dire (je crois qu'on ne le dit jamais assez souvent) que je ne vous oublie pas...
A tout bientôt.

16.03.2009

"Prostitué"

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" Seul, allonge à même le parquet, le soleil perle mes tempes, éparpille mes ombres. Ma raison m'abandonne.
Je m'imagine mort. Les meurtrissures s'enlisent, le venin s'amenuise.
Mais comme il n'y a personne pour me réveiller d'un baiser ou d'une caresse, hormis une horde de cliniciens ou de proches aux sentiments voilés de noir, cela ne m'amuse pas.
Mon coeur s'accélère. Je sursaute, me relève à bout de souffle. Mais le temps court, sans pour autant m'indiquer où aller.
Et je ne sais que faire du charme de mes dix-neuf ans.
(...)
C'est en laissant la porte grande ouverte que l'on attache sans doute le mieux.
(...)
Pouvait-on aimer un garçon dans l'insouciance?
(...)
Pourquoi avions-nous tant besoin d'artifice pour nous sentir exister?
(...)
Nous n'avions jamais donné un nom à notre relation. Nous vivions l'un envers l'autre au gré de nos sentiments, sans chercher à les comprendre.
Laissant le trouble nous griser ou vagabonder là où bon nous semblait. Scellés par une amitié fraternelle. Nous ne nous disions pas tout pour autant.
(...)
Motus et bouche cousue. Envers et contre tous.
Nous étions frères d'âmes. Et la puissance de ce lien dépasse de loin ce qu'on entend communément par amitié.
(...)
De fait donc, les enveloppes que les clients me donnaient me laissaient plutôt de glace. Ne changeaient rien à ma vie. Je les empochais et finissais toujours par dilapider leur contenu inutilement. Sans doute pour qu'il n'y ait pas de traces de ces échanges. Cet argent me gênait sans que j'en distingue la raison. Je réalisais que c'était la plaque tournante, le carrefour où chacun s'entendait dans ce petit trafic. Mais je n'étais pas dupe. Derrière ces considérations pécuniaires, se jouaient d'autres tractations où désirs, névroses, malaises s'entrechoquaient. Les billets n'étaient que le garant du silence, le bouclier contre la honte. L'argent déculpabilisait tout le monde.
Pour moi, je crois qu'il était juste une preuve concrète de ce que je valais. Mais aussi du pouvoir que je voulais, que je pensais détenir.
Je n'en avais finalement pas de réelle nécessité.
Ils me payaient pour que leur tristesse se sente moins seule. Mais je n'avais pas la moindre idée de ce que j'y gagnais, moi.
(...)
J'imaginais assez facilement ce qu'ils cherchaient à revivre, à retrouver à travers moi.
Ce n'est pas moi qui leur semblait vital et à qui ils étaient aliénés, mais bien à un garçon qu'ils avaient connu jeune et qu'ils n'avaient jamais possédé, ou pas comme ils l'auraient désiré.
Ou qu'ils avaient perdu.
Tout comme leur jeunesse.
(...)
(...) Comme si l'affection éperdue à laquelle il aspirait ne pouvait lui être donnée que par la violence avec laquelle il cognait les garçons. On ne pouvait pas dire qu'il faisait l'amour ni qu'il baisait. Non, il cognait. De rage, de tristesse, à ne pas être aimé comme il le voulait.
Aussi pleinement que dans les bras d'une mère, probablement.
(...)
L'enterrement fut une longue errance. Sèche et sourde. Blafarde. Je découvris, sans succomber aux épanchements lacrymaux, que la peine véritable était une douleur lourde et plombante. Accaparante tellement elle se répandait. Silencieuse et épuisante."

Voilà bien longtemps que je n'ai pas lu un livre aussi poignant que celui-là !
Si je lis depuis un certain temps en général des livres qui me tentent et non pas forcément des livres que je me dis devoir lire, je n'ai pas lu quelque chose d'aussi fort que celui-ci depuis longtemps.
Sur un sujet sensible, David Von Grafenberg s'exprime avec une fréquente pudeur, presque florale, poétique, à fleur de peau, et lorsque les mots se font plus crus ou que la violence des rapports n'a pas de nom, la tension monte et l'on croit étouffer avec lui.
Le pouvoir des mots choisis par l'auteur a beaucoup d'importance, une importance virulente.
J'ai été séduit, touché, ému, bouleversé par ce premier roman.
Un sujet qui m'a toujours interpellé et qui montre une fois de plus que ce sont souvent les dits clients les plus à blâmer et même là David VG ne juge pas, demeure toujours d'une indulgence presque lasse, effacée, inerte à un moment donné de sa vie, quelqu'un qui s'est adonné à ce qu'il nomme dans ce livre pourtant si bien, sans vraiment y avoir fait attention, peut-être par hasard, par égarement ou quelque peu par attrait, fascination du danger quelque part, l'inconnu; mais avant tout en recherche eternelle d'un lien presque fraternel, un lien plus psychique, une proximité plus physique que sexuelle.
Un très beau livre. Riche. Puissant. Très édifiant et à la fois très personnel car il s'agît ici d'une quête avant tout. De soi et aussi d'un lien fort, spécial, inhabituel, au fond, pas du tout celui que l'on peut croire lorsqu'on lit le titre.
De très belles phrases également sur de belles amitiés indescriptibles, sur des liens que l'on recherche, et sur ce qui nous pousse parfois vers les abîmes, les frontières.

15.03.2009

Bleu intense

Enfin une douceur intense aujourd'hui. Cela fait du bien. Premier jour de vélo de la saison, qui j'espère sera longue et belle.
Sur mon blog cette nuit, enfin mes photos d'Annecy de juin 2005, en promesse à ma petite Cath qui j'espère va les savourer, et vous tous aussi.
Mes dernières photos de ma nouvelle région d'adoption et aussi quelques photos oubliées de Paris, Paris,...
Des rêves pleins la tête, un coup de blues aujourd'hui, mais heureusement atténué par le coup de bleu, des frissons, des vertiges, et le décès de Bashung qui sans être un de mes chanteurs favoris m'a bouleversé, cela me fait penser une fois de plus à la mort, au frisson glacial, cette saloperie sans nom de cancer.
Je suis cancer, je le sais, mes proches le savent, donc émotif, une éponge, dirait mon ami E..., à fleur de peau, encore et toujours, mais comme d'habitude heureusement, préfère essayer de rester optimiste et positif, en attendant de nouveaux bleus.
Je vous embrasse très fort.
A tout bientôt.

11.03.2009

Coup de bleu

Bonsoir @ tous,
ce soir en ligne, alors que je suis au boulot (mais c'est très calme, dis-je pour me disculper!...) les dernières photos en date de ma nouvelle région d'adoption... et enfin, les photos de mon séjour à Paris, Paris... avec ma délicieuse Cath du mois de juin dernier (mieux vaut tard...)
Prochainement j'espère, le séjour à Hyères de la fin juin dernier, et la nouvelle cure en Auvergne, en octobre, puis sans doute ainsi qu'un article sur Collioure, où m'a emmené mon Amour pour nos... deux ans, en février, et oui, déjà!...
Je vous laisse, mes amis, car j'ai un mal à l'oeil droit tenace ce soir... et vais de ce pas me reposer.
Mais qu'est-ce que c'est que ce job où l'on se repose!!
Bisous bleus.

05.03.2009

En ligne cette semaine...

Enfin.
Je suis très heureux de vous présenter enfin les toutes premières photos de ma (notre) nouvelle région d'adoption, depuis octobre 2007: le Languedoc-Roussillon.
Cela faisait un long moment que je cherchais un moyen de les mettre sur mon blog, n'ayant toujours pas d'accès à internet, et là grâce à la médiathèque de ***, je peux enfin commencer à les déposer en ligne.
A suivre donc notre nouvelle, belle région, en balades et en paysages près de chez nous, un peu plus loin, région de contrastes, de lumières et de caractères très différents.
A tout bientôt, donc, j'espère @ très vite.
Mille et une bises volent aux vents pour vous.
Plein de fleurs.
Les premières jonquilles arrivent enfin, j'espère, nous espérons le Printemps. Enfin.
Plein de bleu @ tous.

01.03.2009

Nouveau janvier

Coucou @ tous.
Je n'ai pas eu beaucoup le temps d'écrire sur mon blog depuis le début de cette année et je le regrette bien.
Après de nombreuses questions et réflexions, j'ai finalement décidé de me remettre plus sérieusement, du moins plus assidument à l'écriture de celui-ci, je ne sais pas, il est possible que j'en crée prochainement un autre, mais cette fois plus intime encore, car je trouve que je n'approfondis pas certains sujets qui me tiennent à coeur ici-même et ce pour diverses raisons.
Mais en attendant et après avoir cru un instant abandonner ce blog sur lequel j'écris peu, trop peu à mon goût et où les objectifs que je m'étais fixés au début de son écriture, voilà déjà plus de deux ans maintenant, il faut bien que je me l'avoue, ne sont pas atteints, j'ai décidé de tenir bon, de ne pas lâcher prise, de pousuivre son écriture, donc, et de reprendre mes objectifs.
Je ne sais pas si cela se fait encore de vous souhaiter une bonne année 2009, ce que je sais, c'est qu'elle passe déjà vite, toujours plus vite, déjà mars qui pointe le bout de son nez et tellement de rebondissements, notamment en janvier dernier.
J'ai cru devoir partir à la montagne, pour travailler, l'assedic seul ne me suffisant pas pour vivre et payer mes différents crédits.
Mais la distance avec mon homme me faisait vraiment peur.
Et puis un peu au dernier moment, un peu au hasard, j'ai retrouvé un travail. Le vrai miracle, pourrait-on même dire, le boulot que je n'attendais plus, celui que j'ai commencé le 26 janvier et qui m'offre aujourd'hui même un CDI.
Une nouvelle improbable en cette période de crise et pourtant oui, c'est fait, j'ai bel et bien signé un CDI.
Je m'étais toujours dit et je maintenais qu'il fallait être là au bon moment, oui mais seulement voilà, s'il n'y avait pas eu de bon moment, je n'aurais jamais rien trouvé, à forciori.
Et voilà qu'un beau jour de janvier, l'annonce se dessine, parmi tant d'autres.
Recherche réceptionniste de nuit à ***
Tout semble me correspondre, bon certes travailler la nuit, c'est plus trop mon truc, mais là je peux dormir un peu en milieu de nuit, du moins me reposer, j'ai beaucoup d'avantages, et parmi les différents travaux en hôtellerie que j'ai déjà faits, celui-ci est croyez-moi une aubaine dans le secteur.
C'est vrai que j'ai toujours eu peur aussi des horaires trop réguliers, et soyons francs travailler cinq nuits par semaine m'aurait paru trop épuisant à ce jour, or je ne travaille qu'en moyenne trois nuits par semaine. Cela me laisse du temps libre, du temps pour faire autre chose, ou pour me reposer, c'est génial.
Et puis il y a une certaine irrégularité dans les horaires, ce qui me plaît bien et pourtant je connais mon planning un an à l'avance ce qui me permet aussi de renouer avec le mot projet; peu à peu.
Je suis donc très chanceux, je m'en rends compte.
Bon, certes, ce n'est pas le travail que j'aimais tant faire, en office de tourisme, l'an dernier, mais il y a beaucoup d'avantages et c'est sur cette belle nouvelle, optimiste et pleine d'espoirs, de promesses, que j'ai envie de terminer cette note ce soir, cette nuit, avant d'aller attendre mes derniers clients tranquillement installé sur le canapé.
Bonsoir et @ très vite, cette fois, j'espère...
Mille et une bises

14.01.2009

Parfum de soleil

Il y a comme un parfum de soleil aujourd'hui. Comme quelque chose qui sent un lointain parfum de printemps, mais là, dans l'air il y a ce redoux, ce souffle d'espoir qui m'anime à nouveau et m'émeut, après ces longues semaines de doutes, de désespoir parfois, de lassitude, de fatigue morale (et parfois physique aussi).
J'espère que vous allez bien, mes Anges, je ne dirai jamais assez à quel point vous comptez pour moi, et c'est encore une fois aussi dans ces moments difficiles à quel point on se rend compte que l'Autre, les Autres sont essentiels, primordiaux.
Je vous envoie un peu de soleil qui brille aujourd'hui en Languedoc... après les flocons bien froids de la semaine dernière.
J'espère la poursuite de ce renouveau, ce début de mieux-être après quelques semaines de chaos.
J'espère me remettre à l'écriture de ce blog, à la navigation sur le net.
Je n'ai toujours pas internet à la maison, j'espère que cela se fera pour 2009. Autre bonne résolution pour l'année 2009?
J'entrevois un travail pour la fin du mois, en station de ski, en attendant le retour du travail ici malheureusement tellement saisonnier.
Gros bisous à tous et à tout bientôt, j'espère...

08.01.2009

Je vous souhaite une année à la hauteur de ce que vous espérez...

Souhaiter une merveilleuse année en 2009 est peut-être un peu décalé, un peu dérisoire.
Alors je vais simplement reprendre les mots que l'on m'a prononcés, il y a quelques jours:
Je vous souhaite de faire plein de jolies choses que vous n'avez pas eu l'occasion de réaliser en 2008.
Et si l'on a trois grands projets dans une année et que deux déjà se réalisent; c'est déjà pas si mal... surtout en ces périodes un peu déboussollantes.
Je vous souhaite beaucoup de bleu, encore, toujours, le plus possible.
Je vous souhaite et me souhaite de tenir bon, de s'accrocher, de récolter chaque jour un petit caillou de couleur dans son jardin ou près d'une plage, ou encore près d'une allée enneigée (c'est plutôt de saison, ça) qui aide à lutter contre la morosité, qui aide à aller de l'avant, à donner un peu de couleur, d'étoiles à la vie, qui donne encore envie de croire en quelques uns de ses rêves, se dire que tant est encore possible...
A tout bientôt, poètes et fleurs...
Olivier

18.12.2008

Je vous souhaite un délicieux Noël

Les médias nous harcèlent avec une crise sans fin.
On a tous nos problèmes et parfois ils sont très graves.
Mais pour nous tous, nos soucis, nos questions et nos problèmes sont importants et ils nous touchent.
Je rêve d'une petite trève.
C'est vrai qu'il y a des soucis, et parfois même il est des situations véritablement catastrophiques pour certaines gens.
Mais entendre tout cela à longueur de journée va finir par exploser ma cervelle, si cela continue.
Alors on me dit parfois que je fuis.
Mais j'ai envie de regarder un peu le bleu, me balader - comme hier, pour une fois que le soleil brillait un peu - le long de la mer et du sable or; j'ai envie de regarder ce qui est encore et universellement beau, j'ai envie d'entendre de belles musiques qui m'émeuvent, manger de délicieux mets colorés, goûter à d'envoûtantes lectures, rêver encore un peu à ce qu'on rêvait quand on était gosse et rêver de s'envoler encore pour de nouvelles destinations tant que je le puis encore.
Tu vois, ma chère Kitty, j'ai tenté plusieurs fois d'atteindre la sérénité cette année et notamment en Auvergne et je te répondais que rien n'était acquis, qu'il fallait entretenir ce sentiment tous les jours, et bien une fois de plus, j'ai échoué, ou du moins je plie, je plie sous le poids des questionnements, des déceptions, des baisses de régime, des constatations que la réalité est parfois moins belle que le rêve - et pourtant je sais combien elle peut-être parfois aussi belle que lui !-, je plie sous la fatigue (psychologique cette fois), les choix qu'il faut faire sans cesse et plus que jamais, j'aimerais quelques jours de répit, une envolée, une échappée belle, mais le sou manque, comme beaucoup, et l'on n'a pas fini d'entendre cette phrase.
Alors je vous souhaite à tous et à toutes le meilleur Noël possible, je vous souhaite une éclipse, un rayon de soleil, si vous le pouvez de chanter, profiter, vous régaler, faire tout ce qui vous plaît, vous donne un peu de bonheur, un peu d'espoir, vous réunir si cela est votre truc, quant à moi je me souhaite une belle séance de shiatsu, un peu de travail pour ces fêtes, un réveillon de fin d'année pas trop triste et un début d'année de nouveau prometteur car malgré les apparences, je ne baisse pas tout à fait les bras.
Bises bleues à tous.
Olivier

03.12.2008

" J'y crois encore "

(...) Car depuis le temps, ses recueils de poèmes se multiplient. Ses voyages ont renouvelé son inspiration et je ne peux lire un de ses écrits sans en être retournée pour plusieurs heures au minimum. Comment fait-il pour toucher mon âme de si près, pour provoquer ces malaises physiques chez moi avec des phrases si simples, courtes, sibyllines, ou au contraire hermétiques, chargées, ampoulées et si ambiguës ? Comment fait-il pour être l’écho de mes paroles les plus sombres, mes idées les plus noires, mes mal-être les plus profonds ? Comment fait-il pour provoquer ces décharges électriques à chaque adjectif, ces frissons langoureux à chaque point de suspension, cet arrêt respiratoire à chaque fin de paragraphe et cet engourdissement de tout mon corps à chaque mot fin ?
Et comment se fait-il alors, que cette petite voix me taraude : « Maëlie, fais attention ! Maëlie, ne va pas trop vite ! »
Le doute naît et grimpe en quelques jours. Cette fameuse révélation dont il m’a parlé le premier novembre est-elle si définitive que ça ? Puis-je engager ma vie si j’ai peur de façon constante que l’homme que j’aime me quitte pour un garçon attirant ? Quelles sont mes garanties ? Oui, son dernier test VIH est négatif mais il m’a dit lui-même que depuis, il avait eu deux autres aventures. Et ça ne date pas d’il y a un an ou de six mois mais tout juste de deux mois. Comment peut-il être aussi sûr de lui en deux mois ? Des promesses il m’en a tellement faites !! Une peur panique m’envahit. On est deux jours après mon anniversaire que j’ai fêté en famille, il est tard et mes doutes sont insupportables. Il faut que je lui en parle, qu’on réfléchisse encore, qu’il me rassure, quitte à retarder un peu la date du mariage. J’appelle chez lui à Rouen à vingt-deux heures. Personne !

D'après "Les Chroniques du Cancer" de Léonie Lisso (Maëlie)

Découvrez "les Chroniques du Cancer"

30.11.2008

" Capri, c'est fini "


(...)Je prends donc le train pour Juan les Pins (oui, je sais, c’est pas l’Italie).
Là, je le retrouve avec une de ses amies (...)
Première folie d’Eric, fidèle à lui-même : il nous offre le petit déjeuner dans un hôtel cinq étoiles avec vue sur la mer. Je n’ai jamais vu tant de faste et d’opulence. Comme il dit, c’est un de ses pêchés mignons que de venir débourser une somme astronomique pour le plaisir d’un buffet gargantuesque dans ce lieu magique. Je ne me sens pas trop à ma place, mais ça me rappelle la sortie au casino et au Jimmy’s. Qu’importe ! Je sais qu’il n’y a qu’Eric pour m’emmener dans des endroits pareils. Autant en profiter ! Quand j’interroge Eric sur la façon dont il gère son budget avec son chômage qui touche à sa fin, son éternelle soif de bouger et sa folie des grandeurs, je vois un instant de gêne dans ses yeux et il me sort : « C’est très simple, j’ai braqué une banque et je suis millionnaire, jusqu’à ce que les flics remontent jusqu’à moi. Mais je te promets, je dépense petit à petit, pour pas que ce soit trop voyant. » Silence de quelques secondes puis il s’esclaffe et reprend : « non, en fait, tu sais je suis retourné dans les casinos et j’ai gagné un petit pactole » (là, je veux bien y croire). Toujours aussi prudente, la Maëlie reprend : « j’espère que tu en as mis de côté ». Il me répond comme quand je lui demandais s’il avait révisé ses examens : « T’inquiète ma petite Maëlie !! ». Je n’en saurai pas plus. Sauf que, après cette opulence, on économise sur les billets de train en changeant de train à la frontière (c’est fou ce qu’on se fait entuber quand on prend les billets à partir de la France !!). Première étape de notre périple : Milan.
(...) On s’échange des bouquins, on parle musique, on évoque des souvenirs de collège, de lycée (j’implore pour avoir une nouvelle fois droit à une imitation de madame Snobinarde-à-jupe-rose, mais le temps a enlevé un peu de magie). On parle de l’année noire de prépa, de la fac.. et on refait le monde une fois de plus.
A Milan, on suit notre guide (Eric connaît la ville par cœur ; c’est à se demander où il n’est jamais allé !!)
(...) Je dors dans la grande chambre avec Eric ; sa copine prend la chambre individuelle. Eric joue la carte pudeur pour enlever son tee-shirt et je me fous de lui. Faut quand même pas exagérer, c’est qu’un tee-shirt !! Le lendemain, on prend un train pour Côme et son lac. Dommage qu’il fasse gris (Eric est de mauvais poil), on visite quand même la ville et embarque pour un tour sur le lac. Escale à Bellagio, et arrêt dans un cybercafé où Eric consulte les mails de ces potentiels amants et surtout nous dégotte un super hôtel quatre étoiles à Naples pour un prix imbattable. On traîne dans les ruelles et on rembarque pour visiter ensuite les jardins de la villa Carlotta alors que le ciel se dégage (et le visage d’Eric en même temps). Le soir, on mange à Côme avant de rentrer avec le dernier train pour notre hôtel à Milan. Course folle pour attraper ce train (de toutes façons, Eric ne sait pas arriver en avance pour les transports en commun) récompensée en arrivant à Milan par un super cocktail avant d’aller faire dodo.

Le lendemain, on se sépare ; la copine repart (je vous rassure, c’était prévu comme ça, c’est pas moi qui l’ai fait fuir !!) et nous, un long trajet nous attend jusqu’à Naples. En chemin, Eric me fait lire des extraits de son roman (y a des passages où il m’a fallu m’accrocher au siège pour pas décoller ou dégueuler, tellement c’est trash, mais j’adore !!) et quelques poèmes (de la même trempe). Ca me plait tellement que je me lève dans le train et déclame, en français (scusi, but I don’t speak italian) « Ce garçon que vous voyez là est le plus grand génie de tous les temps ». Les passagers nous prennent pour des barjos, des marginaux ou je ne sais quoi (j’en ai vu un qui cherchait une pièce dans son porte-monnaie pour nous la donner !!). Nous, on se marre pendant dix minutes. Je lis un bouquin de Philippe Besson qu’Eric m’a passé (et qui me plait beaucoup, puisque je le finis pendant le voyage), Eric s’endort sur mon épaule en écoutant Moby ou Madonna (à l’époque, c’est soit l’un soit l’autre dans son disc-man ; je penche plutôt pour Moby, parce que quand c’est Madonna, il chante à tue-tête et danse sur les fauteuils !).
Quand on arrive à Naples, c’est vite un double choc (pas le magnum, malheureusement !) : l’hôtel est juste à côté de la gare et c’est du grand luxe, fauteuils dans la salle de restaurant immense, décoration de très bon goût, grooms à tous les étages, salons et petits salons, salle de sport… Ca, c’est le premier effet kiss cool (ou le premier choc) ; deuxième effet kiss cool (ou deuxième choc), c’est les alentours de l’hôtel.
Eric veut voir la mer (depuis qu’Eric est homo, Eric veut toujours voir la mer). On demande un plan et on se dirige vers la côte qui n’est pas loin.
Sauf que les rues sont hyper sales, que plein de gens zarbis traînent et qu’en guise de bord de mer, on découvre des bâtiments industriels, et un port horrible bétonné de partout. En plus, on se prend une averse énorme qui, heureusement ne dure pas très longtemps, juste le temps d’assister à trois accidents sur la route du bord de mer !! Ici, les voitures se rentrent dedans (on dirait les auto-tamponneuses !!), les gens s’injurient mais repartent aussitôt, sans remplir de constat. Y a même un bus qui bousille une voiture et file à toute allure. On voit aussi des camés qui zonent. Bref, même Eric qui en a vu des vertes et des pas mures et qui a voyagé dans des coins réputés comme craignos n’en revient pas et n’est pas rassuré. Je suggère alors de faire du tourisme « plus touristique » et de nous payer un tour de ville organisé. L’impression est bien meilleure, la vue de la colline de Posilippo bien plus belle. Le lendemain, on reprend le bus pour un autre tour et on s’arrête dans deux musées. C’est beau, mais c’est crevant. Parce qu’on prend un méga petit déjeuner au buffet de l’hôtel puis on part pour la journée non stop… sauf « due gelati » vers trois heures. Alors forcément, le soir, on rentre un peu nase et un peu affamé. Trop crevé pour sortir, Eric me sort : « allez, on va vider le mini-bar ». Je ne le crois pas mais il commence à entamer les petits biscuits… Voyant qu’il n’y a que du mousseux à boire dans le frigo, il demande à la réception de nous monter une bouteille de champagne. Et nous voilà à boire le champagne et à manger tous les amuse-bouches et autres cochonneries. Bientôt, il n’y a plus rien dans le bar ni dans la bouteille. Eric est gai, très gai et gay aussi.

D'après "Les Chroniques du Cancer" de Léonie Lisso (Maëlie)

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15.10.2008

Le carnet rouge.

J'ai retrouvé un peu par hasard ce petit carnet rouge.
J'ai été ému de relire ce que j'y ai écrit l'année dernière.
J'avais presque oublié combien j'étais stressé avant (et même au début de) ma rencontre avec Vincent.
Il m'a déjà donné tant de joies, tellement de sérénité, un équilibre flagrant, une solidité indéniable.
J'y pensais tout à l'heure, allongé sur le canapé.
Ce moment était bon. J'aime me prélasser de nouveau sur les canapés, en prenant le temps de vivre, en remettant au lendemain ce qui peut ne pas être fait le jour-même...
J'aime la sérénité de cet endroit, la magie de l'automne en Auvergne me bouleverse encore, le Lac de Guéry et les Roches Tuilière et Sanadoire hier avec Jérôme et Natalya étaient vraiment magnifiques, je crois que je ne les ai jamais vus aussi beau (et belles).
Il faudrait une bien riche et inimaginable palette de couleurs pour un peintre afin de pouvoir reconstituer toutes ces lumières, toutes ces merveilles.
Tellement de choses se sont écoulées encore une fois et malgré cette nouvelle force qui me subjugue et ce bien-être qui m'a souvent comblé, je suis toujours le même.
J'aime toujours autant méditer, me recueillir, me ressourcer ici (ou ailleurs). J'aime aussi quelque part cette solitude, ce recueillement, j'ai l'impression de moins avoir peur de perdre mon Amoureux quand je suis seul, j'aime me recentrer, graver en mon coeur et ma mémoire ces instants d'infinis bonheurs (quelqu'ils soient) que je voudrais tant savoir garder le plus longtemps possible.
C'est ça. J'aimerais les immortaliser, en toucher l'essence, le fond. C'est pour ça que j'aime bien prendre du recul, par moments.
Et puis j'aime l'idée romantique que mon bien aimé me manque et que je lui manque un peu aussi...

Je suis pourtant parfois encore un peu triste et la mort certainement me hante encore parfois.
Je ne sais pas si je parviendrai un jour à vraiment dompter cette idée. Je ne veux pas qu'elle vienne maintenant.
J'ai tellement une boulimie de vie.
Et pourtant je voudrais tant savoir me laisser aller face à cette idée, l'apprivoiser, la laisser faire sa représentation, son cheminement en moi. Je la sais. Je la sais faire partie de toute vie humaine. Je bois un tilleul.
J'aime la sensation de douceur qui s'empare de mes épaules. J'aime la caresse qui coule sur ma nuque. C'est un comme le lexomil que je prends parfois encore.
Au début, ça ne me fait rien, le coeur est même parfois un peu oppressé.
Puis la nuque se laisse aller en arrière.
Doucement. Délicatement.
Presque comme une légère ivresse.
J'aime la sensation des légères ivresses.
J'ai écrit à Cath. Je sens et je sais qu'elle écoute la même musique que moi ce soir...
J'aime aimer. Je me dis que l'essentiel est de vivre. C'est sans doute pourquoi j'écris encore sur ce carnet rouge, pour me rappeler que je suis tellement et totalement vivant, pour le chanter, le dire, le crier aux autres, c'est aussi pour me rappeler de souvenirs plus tard, laisser une petite trace, un petit papillon, une petite poussière, une petite traînée... Pour arrêter encore un peu le temps aussi...
J'aime le corps des hommes, ils sont si beaux, si sublimes, éclatants, dessinés, de noir et de blanc vêtus, j'aime leur coeur aussi, j'aime le coeur des femmes amies, leurs sensibilités, leurs fragilités, leurs fleurs, leurs passions, leurs coups de blues, de théâtre, de folie...
J'ai réservé un hôtel pour Lyon vendredi soir. Je veux encore savoir faire quelques petites folies, même si le temps et l'arg... ne le permettent pas vraiment, j'ai encore envie de me sentir LIBRE, en plein VOL, en pleine FOUGUE (Dieu que la Lune est belle)...
J'ai tant envie de découvrir un peu, à pas lents, cette ville sublime si j'en crois plusieurs personnes chères à mon âme, qu'elles soient d'hier ou d'aujourd'hui.
Et puis je n'ai pas envie de passer de nombreuses heures dans le train samedi.
Je préfère partir vendredi, profiter un peu de Lyon, et finir mon trajet pour CHEZ MOI samedi, dans un TGV qui ira vite.
Vite et bien.
J'aime toujours autant les voyages. Mais de moins en moins les longs trajets en transports en commun.
J'ai hâte de voir Lyon. J'ai hâte d'écrire un beau billet dessus. J'ai hâte de respirer cette ville chère à ma petite Cath.
J'ai hâte de rentrer aussi chez moi samedi, de retrouver mon amour, de le serrer fort dans mes bras, de me ressourcer d'une toute autre manière.
Quand irons-nous en Indonésie, en Inde (ensemble?), à la Réunion, aux Seychelles, à Chamonix-Mont Blanc, au Canada?
Quand retournerai-je en Inde? Quand visiterai-je Varanasi? Quand laisserai-je enfin mon corps se délivrer totalement de toute peur, de toute angoisse, de tout supplément de nuit inutile?...

08.10.2008

Le Mont Dore.

Voyage 18.09-26.10 047.jpg

Il pleut sur le Mont Dore.
Mais ce n'est pas grave. Peu de choses sont vraiment graves après tout.
La pluie va bien au Mont Dore. C'est l'une des rares régions où j'y aime la pluie. De temps en temps.
Tout va au Mont Dore. La pluie. La neige. Le froid. La chaleur. Le soleil. Etc.
Et comme chaque automne ici, au pays des Volcans, on a le droit à un peu tous les types de temps dans une même semaine.
Voilà un grand moment déjà que je voulais écrire un article sur le Mont Dore, j'ai gardé volontairement le même titre que l'un des chapitres de mon livre "Om"
Le Mont Dore signifie à lui seul beaucoup de choses, pour moi.
Je suis un peu triste, j'aurais voulu écrire un article plus lumineux, mais les hasards de la vie ont fait que juste avant de venir au cyber kf écrire mon article, plein d'enthousiasme, j'ai eu une nouvelle assez désagréable.
L'administration et ses frasques. Vous connaissez cela. Tout le monde connaît cela, malheureusement.
Je dois en effet, après la fin de mon CDD à l'office de tourisme de *** me réinscrire au chômage et donc prendre un RDV aux assedic, pour ne pas les citer.
Or, comme je devais faire cette cure au Mont Dore depuis longtemps, j'ai essayé de m'arranger pour obtenir mon RDV à un moment opportun pour moi, mais bien sûr cela n'a pas marché du tout. Au début du mois, ils m'ont conseillé de rappeler aujourd'hui, puisque les RDV sont fixés environ 5 jours à l'avance, à partir du moment où on les appelle, donc j'appelle aujourd'hui pour obtenir un RDV vers le 13. Je souhaitais en effet vivement rentrer chez moi ce week end, voir mon Amoureux, Toto et puis me respirer l'air de ma maison, j'aurais pu donc sans problème aller aux assedic lundi 13, or là ils me fixent un RDV pour le... 20.
Voilà... c'est gagné. Je ne sais pas du tout si je vais pouvoir rentrer. Je ne peux pas me payer deux voyages de retour par chez moi, deux week end de suite et encore moins m'arranger avec la cure pour manquer quatre jours au lieu de deux (il me faut toute une journée de voyage pour faire trois cents cinquante kilomètres - vive la SNCF au passage!)
Bon, bref, je ne vais pas vous ennuyer plus longtemps avec mes petites plaintes.
Et... peu de choses sont vraiment graves, après tout!...
Je suis ici avant tout pour écrire sur le beau Mont Dore, ce superbe pays à l'air pur et vivifiant.
J'aime me ressourcer ici, vivre à pleins poumons, j'y aime l'air, l'atmosphère et à l'heure où l'on bascule fébrilement entre été et hiver, au mois où je pleure et je fais mon deuil de ma mère et celui de mon grand père depuis de nombreuses années déjà, le Mont Dore m'aide (entre autres) à vivre bien et sereinement ce mois d'octobre, veille de Toussaint, effigie de mon poème "fin octobre/début novembre" (cf mon "bouquet de glycines")
J'aime les couleurs ici, j'aime les paysages, la nature restée souvent préservée, j'aime prendre le temps de vivre, au gré du vent (et de la cure), le temps de méditer, me ressourcer, me recentrer comme on dirait aussi en sophrologie.
Le moral, pas tellement affecté par ma fatigue extrême de ces mois d'août et de septembre, monte donc encore et malgré le manque cruel de Vincent qui est rentré chez nous pour cause de travail, je me plais bien ici, je rêvasse, je rêvasse aussi à notre trop court séjour de ce début de mois, ensemble (depuis le temps que je lui parlais de l'Auvergne et en particulier de ce coin! - et depuis le temps que je rêvais de lui montrer!) qui me fait tenir bon, celui que nous avons eu, magies de ces instants, avant que ma cure ne commence.
Nous avons pu profiter de rayons de soleil pour bien nous balader, nous oxygéner.
Nous avons eu le droit aussi à la neige qui a donné une pureté presque virginale (nouvelle saison, nouvelle naissance encore et encore...) aux paysages et à la contrée.
Le lac de Guéry était en effet sublime sous la petite neige de ce samedi. Superbe et rafraîchissant Puy de Dôme sous le brouillard éphémère vendredi aprem, vivifiante grande cascade au Mont Dore jeudi matin.
Le champagne était bon , samedi soir, le dîner superbe, envoûtant, comme à l'accoutumée.
Et puis je ne sais pas si ce sont les Goji que m'a recommandés Laure du shiatsu ou les fruits frais que j'ingurgite quotidiennement le matin depuis quelques temps, mais la fatigue me laisse enfin du répit. Je me sens mieux, plus fort, je commence même à me reprogrammer des exercices physiques un peu tous les jours...
A moins que ce ne soit l'air d'ici. Tout simplement.

J'ai soif d'écrire à nouveau. J'ai envie d'avancer mon roman ( un vrai roman!) "les semaines grecques" (il faut que je change le titre, c'est vraiment nul ça comme titre!), histoire d'amour fulgurante entre un jeune type idéaliste et un mec marié et strict, j'ai envie d'écrire de nouveaux poèmes pour le "supplément vue mer"
Je lis, je dévore "les Chroniques du Cancer" de Léonie Lisso (alias ... - dois-je, puis-je le dire??;-)), je pense beaucoup, respire, m'oxygène, reprends quelques faciles exercices de méditation, me déleste de pensées négatives, songe à ce qui me fait encore peine avec davantage de sérénité...
J'écoute sans arrêt le nouvel album d'Enigma, il faut que j'écrive un article dessus, il y a quelques bijoux incroyables dessus, des airs célestes et magnifiquement magiques, qui me transportent totalement.
" La puerta del cielo" est vraiment pour moi l'hymne de cet octobre étrange, presque mystique de nouveau, beau et changeant à la fois.
Je vous laisse, ce mec du cyber kf est décidément bien bavard, j'aime le calme ici, le calme ne veut pas dire le silence, l'absence totale de sons, il y a l'âme, il y a aussi cette coiffeuse qui m'a raconté avec passion ses voyages, hier, mais calme veut dire absence de cri, pitié, pas de sons trop forts, pas de blabla sans cesse, pas de rire trop bruyant.
J'attends ma délicieuse Cath demain, je pense que nous laisserons parler les âmes. C'est de nouveau mon credo ce mois-ci.
Plus que jamais....

27.09.2008

Un été, une saison.

Coucou @ tous.
Une saison, encore une fois, s'achève. Un été, une fois de plus, se termine.
Il est déjà loin le temps où j'écrivais: "retiens l'été"...
Ce devait être en 2000, sur mon recueil "l'an deux mille n'aura pas lieu".
Je suis toujours pareil, j'aime toujours autant l'été, peut-être plus encore, j'ai encore davantage besoin de sa chaleur, plus que jamais et plus que jamais mes os, ma peau demandent le soleil et ont du mal, de plus en plus, à se réchauffer.
J'entends dire souvent autour de moi que l'été par chez nous a été chaud, je suis sûrement l'une des rares personnes à dire que non il n'a pas été très chaud. D'un point de vue purement météorologique, il n'a été ni particulièrement chaud, ni frais, ce fut un été dans une moyenne tout à fait normale, avec peut-être un déficit en eau sur nos régions méditerranéennes, mais là encore je n'ai pas le même ressenti puisque nous sommes légèrement dans l'arrière pays et nous avons eu assez régulièrement de beaux orages.
D'un point de vue purement égocentrique, je n'ai pas eu chaud. Je n'ai plus jamais trop chaud. J'ai peut-être un peu chaud, parfois, oui, mais j'aime cela. J'ai besoin de la chaleur. Plus que jamais, le gris m'effraie, le manque de lumière me rend triste, pensif.
Il fait déjà frais depuis le début de ce mois de septembre. Les gens disent encore qu'il fait chaud au soleil, je suis un des seuls à savoir qu'une température se mesure à l'ombre et 7° ou 9° en début de journée dans le Languedoc, ce ne sont pas vraiment des températures dignes d'un mois de septembre, mais les gens ne roulent pas en scooter, les gens ne sont pas passionnés de météo, les gens n'ont pas besoin d'autant de chaleur que moi, sans doute.
Une saison en office de tourisme.
Voilà longtemps que j'en rêvais. J'en rêvais lorsque j' avais vingt-cinq ans. Je trouve que je ne progresse pas vraiment socialement, mais je me dis que j'aurais au moins réussi à faire quelque chose qui me plaît, m'intéresse et pour lequel je ne suis pas trop mauvais, j'ai la vanité de le croire.
Je me sens plus impatient depuis le mois d'août, excès de fatigue, excès de soirées, excès de cocktails, excès de pensées.
Et puis les aoûtiens, je n'aime pas faire de généralité, mais qu'est-ce qu'ils peuvent être exigeants et impatients! Ils auraient dû venir en juillet, s'ils avaient pu, il n'y avait personne cette année en juillet! Dommage, tout le monde s'en serait mieux porté.
Les petits vieux du mois de septembre sont quant à eux souvent fatiguants et pénibles, ils pinaillent pour tout, et puis je commence à sentir le poids de la saison derrière moi, c'est indéniable, je suis aussi plus fatigué, je le ressens.
Mais le bilan de cet été reste dans mon coeur très positif, malgré tout, même si je suis heureux d'arriver en fin de saison, de passer une nouvelle fois à autre chose. Passage obligé au Mont-Dore cet automne, en octobre où je vais^pouvoir de nouveau prendre le temps de réfléchir, me reposer et m'adonner à une activité que j'aime beaucoup et que je délaisse par la force des choses, MEDITER.

Une saison dans ce joli département est agréable. L'arrière-pays est somptueux. Je n'aime pas les plages de l'Hérault en revanche, souvent trop uniformes à mon goût, certains vont me haïr, mais je préfère largement celles des Alpes Maritimes, par chez moi (cela reste au final chez moi), ou encore bien davantage celles du Var ou de la Corse, mais pour rester dans ma nouvelle région d'adoption, je préfère encore les plages de l'Aude ou des Pyrénées Orientales qui sont plus sauvages et plus contrastées.
Et puis l'eau est froide, ici, mon Dieu.
Ce petit carnet est naïf, je suis tellement naïf. Je me contente d'essayer de vivre en donnant un peu d'amour à ceux que j'aime et ceux que j'aime m'ont parfois malmené mais j'ai malmené aussi ceux que j'aime, sans doute.
Il y a des gens que je meurs d'envie de revoir et puis il y a des distances qui se creusent, que je n'ai pas vraiment voulues, mais je m'aperçois que le temps coule et je n'ai plus toujours les mêmes motivations aussi. Je me suis concentré à me remettre au travail cet été, à lutter contre une fatigue somme toute de plus en plus pesante, je me suis concentré au shiatsu, à essayer de me sentir bien, je me suis concentré à mon amour.

Je sens le poids des saisons, des pertes, et même des rêves les plus fous, me peser. Je me dis qu'un jour, tout cela s'arrêtera et je ne sais toujours pas quand. Je me sens comme une feuille, légèrement roussie par le soleil, qui est prête à tomber, mais à tomber doucement.
Le vent me fera remonter un peu, je le sais, virevolter, mais un jour je tomberai tout à fait.
L'Inde me manque, je me meurs d'envie de tout quitter quelques temps, parfois, pour dix ou vingt jours, sans forcément de billet de retour (laissons faire le vent) pour aller la retrouver. Mais je sais maintenant que je voudrais revenir. Si je ne revenais pas, ce serait presque certainement pour y mourir.
Je ne veux pas encore mourir maintenant, je veux encore vivre.
Les années passent et passent, les étés se fanent et l'amour perdure, ma petite folie persiste, l'étincelle dans mon regard veut encore insister, y croire un peu, beaucoup, mais les morts qui se multiplient dans ma tête laissent irrémédiablement leurs séquelles et je ne sais toujours pas jusqu'où cela ira, même si je sais sans doute mieux me défendre à présent.
Mais que peut au fond réellement la défense?

J'espère un automne doux (il sera froid), rouge (il sera blanc), mais je veux surtout beaucoup de caresses, de jolis mots, de belles musiques, de tièdes rêveries de voyage, de méditation, d'envolées. Je me souhaite et je vous souhaite surtout beaucoup d'amour. Du vrai. Pas de supercheries inutiles. Mais restons un peu légers, quelques petites futilités font parfois aussi un peu de bien.
Je me souhaite et je vous souhaite des couleurs, de la légèreté, du velours, des jolis petits rêves encore à notre portée.

10.08.2008

Une journée à Collioure, une année dans l'âme...

Collioure m'a fait du bien.
Je rêve souvent en ce moment, de retourner en Inde.
Mais je me rends compte que si j'en rêve autant, c'est parce que j'ai parfois tellement peur que la mort ne vienne me surprendre en plein élan, que je me dis que je pourrais aller l'attendre là-bas, choisir sa date, en douceur, en lenteur, apprendre à l'apprivoiser au gré des vents, au gré des jours qui passeraient avec une certaine nonchalence.
Mais bien sûr, je ne veux pas passer à côté de belles années de ma vie, qui vont peut-être, qui vont CERTAINEMENT venir me voir.
Alors j'ai envie d'avoir moins peur de la fin, oui, mais je veux m'y prendre autrement.
J'aimerais retourner en Inde, c'est vrai, apprendre à avoir moins peur de la mort, c'est une quête très forte dans mon cheminement personnel, dans la légende de mon âme, mais j'ai envie de vivre, j'ai envie de vivre et d'avoir moins peur d'elle.
Collioure m'a fait du bien.
Les paysages étaient gorgés de bleu, j'ai même déniché une petite crique solitaire, non loin de Port Vendres.
Les toiles exhibaient leurs couleurs, dans les rues profondes de ce Sud vermeil.
J'aurais pu faire deux ou trois cents clichés, si je n'avais pas oublié le matin même l'appareil photo.
Des semaines, des mois sont passés dans le coeur, dans la tête, en une seule journée.
Hasards des chemins empruntés, mélancolie, rêverie, langueur au soleil, réflexions et méditations.
J'aimerais tellement me délester de cette peur obsédante de la fin.
Je ne sais pas toujours bien m'y prendre.
J'ai envie d'affronter cette peur, de la vaincre, d'accepter la vie avec son idée, me dire un jour ça finira mais que ça ne m'empêche plus d'avancer, que ça ne me fasse plus mal à la respiration, à la poitrine.
J'ai beaucoup profité de la vie, comme l'on dit, cette semaine. Mais cette frénésie de vie, cette boulimie de couleurs, de senteurs, de pas, doit se calmer, je dois la calmer un peu, j'aime me retourner, j'aime graver les instants beaux, forts, au plus profond de l'âme, et pour cela j'ai besoin de me calmer un peu sur ma boulimie de vie.
J'ai erré dans Montpellier, j'ai volé vers la mer et les sables, j'ai savouré des moments de bien être et de passion, presque, avec des amis, des belles âmes, avec mon Amoureux, j'ai goûté à de magiques plats qui titillent si bien les papilles en éveil.
J'ai été ému jusqu'aux larmes, en regardant un très beau film qui vient de sortir au ciné, j'ai pleuré devant Collioure, que je n'avais guère appréciée la première fois, lointain souvenir, j'ai vécu et filé, je me suis faufilé et les rides marquent un peu plus l'âme.
Tout va trop vite, tout passe vite.
Même les bons moments me laissent un goût de : "et si c'était la dernière fois?" ou, pardon, en moins pessimiste: "c'est quand la prochaine fois?"
Je vis.
Oui.
Mais je ne suis pas tout à fait apaisé en ce moment, pas tout à fait serein.
Il faudra que je fasse une nouvelle séance de shiatsu sans doute d'ici la fin du mois.
Je suis attiré par l'esprit de cette pratique, j'aimerais me laisser aller, m'apaiser, en douceur, en lenteur.
Toujours la douceur, la lenteur. Tout va trop vite en ce moment.
Les bateaux, à Collioure, passaient tout doucement sur le bleu vif de l'eau.
Les coups de pinceaux blancs laissaient des traces toutes molles, à peine esquissées sur les tableaux.
Moi, je veux vivre avec douceur, sérénité, un peu de fougue pour le piment, le rouge, la passion, mais je veux apprendre à vivre en douceur avec l'idée de la mort, je veux apprendre à devenir un indien devant elle, je veux pouvoir me dire: "un jour je serai brûlé et ce n'est pas grave, elle fait partie de la vie, elle viendra quand elle devra venir, mais cela ne m'empêche plus de vivre, je n'ai plus peur."

09.08.2008

Confidences sur l'oreiller en août

Je vole.
Je suis nu, allongé sur le lit, et je vole.
Je lui susurre des mots doux à l'oreille, au creux de l'oreiller, des mots d'amour, des mots tels que je ne croyais plus savoir, ni pouvoir en dire, et je vole.
Le ciel n'est pas loin, le ciel n'est jamais loin avec lui.
Je veux qu'il soit honnête, je ne suis pas né de la dernière pluie, comme on dit, et je sais aussi qu'il ne faut pas trop de jalousie dans un couple, un peu oui, mais pas trop.
Et puis les petits écarts comme on dit aussi, je sais, je ne les ai jamais beaucoup aimés, je ne veux pas être celui qui est trahi, je ne veux pas être celui qui trahit non plus, mais il faut se rendre à l'évidence, je suis idéaliste mais pas infaillible, je ne veux pas non plus de l'amour parfait, l'amour parfait je l'ai déjà en fait, mais moi, l'amour parfait, c'est pas qu'il soit parfait, infaillible, c'est justement qu'il ait ses petites failles, surtout qu'il soit lui-même.
Je ne veux pas, je ne peux pas l'empêcher d'être libre, je me dis seulement que si nous sommes bien ensemble, les écarts seront rares, seront même inexistants, mais s'il devait y avoir écart, je ne veux pas de malhonnêteté, je sais qu'il est honnête, que je le suis, nous en parlons sur l'oreiller, ce n'est pas un jeu dit-il et je suis d'accord, je ne veux pas d'un homme irréprochable non plus, je veux un homme qui a vécu, et qui vit.
Je ne peux pas, je ne veux pas le changer, je ne suis pas faible, je n'accepte pas un écart par faiblesse, je l'accepte parce qu'il a une signification, je l'accepte parce que je ne peux pas lui interdire quelque chose qui sur le moment précis peut avoir une signification ou une autre, je ne veux surtout pas tout gâcher pour quelques broutilles.
Je suis nu, allongé sur le lit, et il me fait planer, voler.
C'est la première fois que je vole aussi haut.
Je me sens plus serein, plus soulagé, plus libre aussi.
Je me sens libre d'aimer, tout simplement.
Et enfin libre d'être aimé.
L'oreiller est avide de mots d'amour, lui aussi, ce frais jour d'août où déjà les senteurs de l'automne se font sentir.
Je n'ai plus beaucoup peur de l'automne, je me dis que toutes les saisons sont belles avec lui.
Je voulais avant tout un homme honnête, il est là.
J'espérais un homme amoureux, il m'enchante de promesses, de joies, de parfums de bonheur, il est comme je l'ai imaginé, je n'ai pas peur avec lui, je me sens fort et vivant.

Les dimanches sur l'oreiller sont doux, ils sont parfois torrides, parfois plus câlins, parfois plus tendres, mais toujours amoureux fous.
Les jours des semaines qui passent sans jamais se ressembler sont doux, sont beaux, sont forts.
Les semaines passent elles aussi sans jamais vraiment se ressembler, il y a la confiance, les tonnes de câlins et de bonheur, mais il y a aussi l'épice, le piment, nos idées de petites folies, de petits changements, de petits plaisirs, il n'y a pas la routine qui parfois gâche, il y a toujours cet intense délice de se retrouver, de se réinventer, se surprendre, se confier.
S'aimer.
Moi, je t'aime d'amour, comme j'aimerais inventer des nouveaux mots, des nouveaux oreillers, je me sens proche de toi dans ta confidence, dans nos aveux; nos vérités, tu es mon tout, tout mon or, ce que j'ai de plus précieux au monde.
Les oreillers pourront parler d'un grand amour, tel qu'il n'y en a peut-être plus beaucoup, je ne veux pas ressembler à d'autres, je veux lui, je veux toi, comme tu es comme nous sommes, je veux ta fougue, ta tendresse, tes caresses, tes griffes, je t'aime de plein de manières différentes, tu me fais voler dans le grand, le très grand ciel, tu es mon ciel.
Les oreillers pourront bien rêvasser, se confier, laisser aller leurs langues, ils ont nos parfums, déjà un peu de nos passés et n'ont pas encore tout le merveilleux avenir que je promets à mon amour, et qui me promet, nous promet les délices, les ors.
Amour, laisse-moi m'envoler encore, contre ton corps, ce soir, cette nuit, tous les jours un peu plus...

(Août 2007).