18.01.2008
Bleu Var
J'ai erré le long des bleus de la côte varoise, j'ai erré le long des sables de janvier, j'ai aéré mon âme et mon corps, dansé parmi les pensées; flotté dans l'air doux des jours où le soleil réchauffe les coeurs et les peaux.
Le Var avait retrouvé ses rayons et ses lumières, il avait retrouvé ses couleurs, ses odeurs.
J'ai erré parmi les vagues de l'âme, j'ai vogué parmi les sons des flots des jours de mistral.
Le ciel aurait pu crier tellement ses bleus semblaient vouloir sortir de leurs orbites.
Les jets de lumières étaient puissants comme dans un tableau de Nicolas de Staël.
J'ai médité le long des eaux savantes, des eaux apaisantes, des eaux bavardes, des eaux coquines.
Ma vie est très jolie comme elle est.
Je suis un bout d'homme, peu face à la grande mer et ma pensée était adoucie par les assauts de ce soleil qui se prenait déjà pour une veille de printemps.
Les bateaux n'étaient pas loin des bords, aujourd'hui, jour de grand vent.
La saison était encore presque morte, et c'est elle qui rend parfois nos coeurs tellement vivants.
On se promène, on songe, on fait le point, se remémore des tas de choses, des bribes de discussions, de sentiments, légers comme le vent, on refait le monde puis on essaye de l'accepter comme il est, surtout on essaye de s'accepter comme l'on est, mais on n'oublie pas tout à fait que l'on fait tout ça pour continuer à se sentir VIVANT.
Incroyablement et presque miraculeusement vivant.
Car la vie est toujours un miracle et où il y a de la vie, il y a un océan de possibles harmonies.
Je voudrais tant que ces possibles harmonies puissent devenir harmonies tout court chez mes semblables, dans les âmes.
J'ai de la chance, j'ai eu tant et tant de bonheur.
Je voudrais... j'ai envie de jeter des bouquets de roses par les fenêtres et qui voudra bien les récupèrera.
J'ai envie de dire l'innocence des regards des tout petits enfants.
J'ai envie de peindre les ciels roses des soirs qui coulent sur mes joues.
Les voiles de brume qui parent nos visages, les après-midi où le gris revient, sont aussi des lumières, des contrastes, des preuves de nos maigres existences.
Mais tant qu'il y a de l'amour...
J'ai envie de donner au vent des mots tendres, des mots doux, des mots gais.
Il les emmènera où il veut, le brave, il les bercera s'il le souhaite, il les jettera à la figure de qui il voudra, moi je ne veux pas cesser d'écrire, pour ne pas cesser de vivre.
01:36 Publié dans Confessions sur une... chaise de bois. | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : écriture, bleu, vent, voyage, mer, méditation, initiatique
17.01.2008
Soleil d'Octobre (suite)
La maison t' apparaît alors, pour de vrai, pour la première fois.
Elle est rose, elle te plaît bien, je suis soulagé.
Elle est un peu vétuste, mais elle a beaucoup de charme.
Et surtout, on va la décorer à notre façon, tout ensemble, tout en entier (le salon aujourd'hui
est tout à notre image, je suis tellement heureux de décorer la maison à notre idée, avec toi,
tout en rouge et chocolat, c'est chaleureux, chaud, envoûtant, harmonieux, comme les
dizaines de petites bougies qui scintillent souvent CHEZ NOUS, et dans le coeur).
Et c'est l'heure de déballer tout ce qu'on a emporté de Chey.
On ne prend presque pas le temps de manger ce soir-là .
Tu dois repartir tôt demain matin.
Tu ne reviendras que jeudi.
Je suis triste que tu partes, triste que tu ne restes pas avec moi dans notre nouvelle maison.
C'est un déchirement dans mon coeur et dans mon âme, je sais que tu dois encore travailler là -
haut deux jours.
Mardi, c'est ton anniversaire.
Il fait froid et il y a du vent là -haut.
Ici le soleil d'octobre est encore fort.
Il n'est pas fort par rapport aux je t'aime que je t'envoie toute la journée, par la pensée.
Le soir, pour me croire un peu avec toi, je téléphone à l'hôtel M*** à La Rochelle où tu dois
travailler le lendemain, ils te réservent une chambre avec vue sur le port, tu te souviens, nous
étions si bien à l' hôtel M*** de Périgueux, j'ai un peu l'impression d'être dans tes bras, je
sens ta protection, ton soleil sur mon corps, je sens ton parfum me mordre un peu le cou, les
lobes des oreilles, les tétons.
Je ne suis pas grand-chose, seul ici dans cette grande maison, et il me tarde d'être à jeudi.
Tu es mon essence, mon envie, dorénavant.
Ma source.
J'ai besoin de ton eau, j'ai besoin de ton soleil, tu le sais, plus que tous les autres soleils du
monde.
La nuit tombe sur la grande maison.
Heureusement, j'ai Toto avec moi. Il est adorable, il t'attend patiemment, il me donne son
soutien de labrador, un des meilleurs soutiens du monde je crois, c' est fou ce qu'il donne, il
me donne de l' affection, toute sa tendresse, on dirait (et j'en suis sûr) qu'il comprend tout, il
sent et sait que tu me manques, tu lui manques aussi, il te guette, mais il tient bon et me fait
tenir bon.
Jeudi arrive enfin.
Tu arrives et illumines déjà le soir qui tombe quand tu rentres.
Ce soir j'attaque les nuits, tu me donnes du baume au coeur.
C'est dur de devoir te laisser déjà , dormir sans toi, mais je suis tellement heureux de pouvoir
me blottir contre toi un petit instant, avant d'aller travailler.
C'est ça le secret de ma vie maintenant, les couleurs fortes et profondes qui m'animent,
lorsque je plonge dans tes bras, lorsque tu m' entoures de tout ton amour, j' ai besoin de tes
bras, ils me donnent le confort, le réconfort, la sécurité, le délice, le plaisir, la paix,
l'harmonie.
J'ai encore parfois si peur que tu me lâches, que tes bras ne tombent, qu'ils me fassent
descendre du ciel qu'ils m'ont construit et offert, pour la terre froide et dure, mais je connais
les hasards de la vie, je ne m' en plains plus, je prends tout, je prends surtout le plaisir que tu
me donnes, l' amour que tu inondes sur mon corps et mon âme.
Je te prends tout entier et prends tout notre bonheur, tout ce que la vie me donne en cette
année onctueuse et tellement jolie depuis le jour où j'ai croisé ton regard.
Tu avais vu mes yeux en premier, mes fesses en second, notre amour a commencé par le sexe,
il s' est poursuivi par le plaisir infini de l'amour fait avec amour, tendresse, symbiose.
Je ne regrette pas un seul instant passé à tes côtés, c'est nouveau pour moi.
Je prends tout, je prends ce que tu es, comme tu es, tu me plais tant comme tu te présentes, nu devant moi.
Je prends aussi les petites zones d' ombres, s'il y en a.
Je m' en fous.
Tu m' as délivré, donné une autre naissance.
Je me sens délivré des griffes de mon père, de tous ceux qui ont voulu tracer un chemin pour
moi, à ma place.
Je me sens délivré de plein de choses de la vie, de mes peurs.
J'ai dit au revoir, en octobre, tiens, avec ce déménagement, à mon Psychanalyste, je n'ai pas
retouché à un seul demi Lexomil ou autre connerie de ce genre.
Je n' ai pas eu d' idée noire plus d'une demi journée d'affilée depuis que je te connais.
Tu as délivré mes peurs de la sexualité, l' amour, la peur d'être abandonné.
Je prends tout, je le crie sur les toits, j' assume, je prends chaque moment, chaque infini de cet
amour et je me laisse aller, je m' abandonne, je suis simplement heureux d'être en pleine vie
aujourd'hui, heureux de ces forces que tu me donnes, heureux de cette incroyable tendresse
que tu berces sur mon corps, de tes bras puissants et virils.
Je veux te donner, Amour, tout ce dont je suis capable, mes mots, mes pensées, tout l'amour
qu' un homme peut donner à un autre, je veux inventer de nouvelles bêtises (on est un peu
bêtes quand on aime), de nouveaux mots, de nouveaux gestes, je veux te couvrir de roses
rouges tous les jours où ton soleil me réchauffe, te couvrir de baisers, de toutes ces choses
impalpables comme l'air, mais l'air est vital, l'air est partout et on le sent, même s' il ne se
voit pas.
La vie est parfois étrange.
Octobre m'avait fait chuter il y a vingt et un ans, de mon nuage, de mon ciel, de mon Eden.
Il m'a arraché le coeur, les entrailles, il m'a dépossédé de ce que j'avais de plus cher au
monde.
Ma mère.
Octobre m'a redonné cette année le Sud, le soleil, un nouveau départ (je ne renie rien d'avant,
mais j'aime les nouveaux départs),Octobre m'a donné le soleil de L***, tes nouveaux espoirs,
octobre me donne une nouvelle vie, cette année je n' ai plus beaucoup peur de la mort, de la
fin, je la sais, je ne veux plus y penser comme une obsession, elle fait partie de nos vies, je ne
pense plus à ce maudit vingt-sept octobre cette année, cette année octobre, grâce à toi,
n' est pas gris dans le ciel, n' est pas gris dans mon âme.
Mon amour, je t' offre un bouquet de mon amour, je ne puis pas t'offrir grand-chose d'autre,
juste un peu de sel, d' espoir, de vie la plus belle possible, mais je te donnerai toute l'affection
dont je suis capable, toutes les envies de te rendre heureux dont je suis capable.
Tu es mon baromètre, invariablement BLEU.
23:05 Publié dans Un an avec mon Bébé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, bleu
07.01.2008
SOLEIL D'OCTOBRE
C'est avec beaucoup d'émotion que je vous livre aujourd'hui le début du dernier texte que j'ai écrit dernièrement...
Mille bises @ tous et à tout bientôt, j'espère de vous lire, de vous entendre, ou de vous voir.
Olivier
J'ai laissé les pages s'arrêter sur une vague d 'espoir nouveau, j 'ai laissé les pages sur une
plage presque déserte, une lune qui ne s'en fout pas, un éclair de soleil qui perce au loin, au
fond, dans un grand ciel rose, j' ai laissé les pages s'arrêter et se poser sur des vagues qui
roulent, roucoulent...
Je les retrouve sur le plein espoir aujourd'hui d'une belle et toute nouvelle maison, une
nouvelle maison à décorer, à laisser pénétrer de notre harmonie, nos symphonies.
Cette maison, elle est à L*** (on sourit encore de la façon qu' ont les habitants de prononcer
le nom chantant de notre village - ou petite ville, je ne sais pas bien quand un village devient
ville), elle est jolie, elle est plutôt spacieuse, elle a un grand terrain, elle
fait chez nous.
Elle est celle que nous avons choisie, l'un et l'autre, moi ici, toi là -bas à Chey, moi en vrai et
toi en virtuel, grâce aux moyens de photographie modernes, toi tu travaillais encore, moi je ne
travaillais pas encore.
J'ai repris ici, dans le début du mois d'octobre, avant même que nous emménagions dans notre
nouvelle demeure.
Qu'il est bon de me remémorer tous ces beaux souvenirs.
Oh ils ne sont pas bien vieux, ces déjà souvenirs, mais combien agréables.
J'aime sentir les parfums d' octobre nouveau, de nouveau, sentir les premiers frissons du soleil
frais et matinal sur ma peau, sentir les parfums des fleurs qui ne fanent presque jamais ici.
Octobre est un mois si triste pour moi, habituellement.
Tu me l'as donné si beau, si merveilleux.
Je ne peux pas m'empêcher de reprendre mes mots de septembre et te remercier encore et
encore, mon amour, pour ce très beau cadeau que tu m'as fait.
Et tu peux me croire, je ne veux pas te décevoir.
Tu m'as fait la plus belle confiance qui soit, en me redonnant le sud, le goût d'avoir envie de se lever plus tôt le matin, d'autres ont essayé mais n'y sont jamais arrivés lol, toi tu n'as pas vraiment essayé de me convaincre, c'est peut-être ce qui a marché.
Tu as seulement voulu très fort une vie plus sûre pour moi, plus sécurisante.
Tu as rêvé une plus jolie vie pour moi.
Tu m'as offert le sud et avec lui, un nouveau travail, de nouveaux espoirs.
J'ai toujours eu de beaux espoirs, et je serai toujours un peu fou, tu le sais bien, mais
aujourd'hui je suis content de reprendre ce travail, même si c'est parfois un peu dur, je n'oublierai jamais tous les rêves que tu as eus pour moi et pour nous.
Tu me laisses vivre ma vie, faire mes choix, je veux encore faire des choix parfois un peu égoïstes c'est vrai, mais je ne puis oublier tout le soutien que tu m'apportes, ta présence, tes
sacrifices et ce départ avec moi, là , ici, dans le pays du soleil.
Nous faisons un déménagement épique.
Tu n'as pas beaucoup de temps, tu travailles lundi, normalement, et tu n'as pu obtenir le
camion que le samedi soir.
On remplit le camion avec la nuit déjà bien tombée.
Tu te tapes les centaines de kilomètres presque d'une seule traite, en pleine nuit, je n'en connais pas d'autres plus courageux que toi, mon bébé, on fait juste une petite halte (qui nous
ressource bien) à Agen, on tient bon, toi surtout, Othello me bave sans cesse sur les genoux, il
est à l'étroit le brave, dans ce camion folklo, il a de plus en plus chaud avec le sud et le soleil
qui se font de plus en plus ardents.
L*** arrive alors qu'on y croit presque plus!
Les montagnes au loin se font voir, sous leur plus beau jour.
13:30 Publié dans Un an avec mon Bébé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.01.2008
Je vous souhaite une année multicolore!
La couleur se fait rare dans la mode aujourd'hui, mais moi j'ai toujours été à contre-courant, alors je vous souhaite plein de couleurs pour cette nouvelle année, que 2008 profuse de bleus, les bleus des océans, des mers, des ciels enchanteurs et des parfums de Méditerranée ou d'Inde, de roses, roses comme des roses, ou rouges c'est encore plus prometteur, roses comme les couchers de soleil, les idées, la vie comme elle sait l'être quand elle le veut, des rouges passions, pétales, vins qui grisent, senteurs qui envoutent, joies violentes, exacerbées, des jaunes comme les soleils, les tournesols, les merveilles, les sables, les stickers que l'on met dans une chambre pour réhausser le bleu, les touches de peintures que l'on met sur les murs pour subjuguer le mauve lavande, des verts des prés, des champs, des montagnes d'été, des ruisseaux turquoises, des gorges profondes de nos beaux, si beaux paysages...
Je vous souhaite avec ces profusions de couleurs, la santé et la lumière, l'envie d'avancer sur les chemins de chacun, les chemins qui nous sont propres, l'envie de se lever le matin pour découvrir mille nouvelles choses, l'envie de se lever pour aller à un travail intéressant, l'envie de se lever au côté d'un amour sans nuage, je vous souhaite aussi la douceur, la douceur dans les airs, la douceur dans les jours, la douceur dans les nuits, et beaucoup de chaleur aussi, ET BEAUCOUP DE CHALEUR.
J'ai hâte de reprendre l'écriture, reprendre ce blog, j'ai quelques petits soucis de santé en ce moment, mais comme dit Kitty, j'ai l'essentiel de l'amour. Alors...
Je vais bien.
J'espère que vous allez bien aussi.
Mais l'amour a beau être là... vous me manquez. J'ai hâte d'avoir de nouveau le net à la maison, ici ils ne se pressent pas c'est bien connu et nous ne l'avons toujours pas. J'ai hâte d'écrire de nouveaux textes, et d'en lire, et de VOUS lire, surtout.
A tout bientôt, du fond de mon coeur.
Olivier.
13:05 Publié dans Editêtu! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.12.2007
Par un jour de décembre...
Il fait froid, très froid.
J'ai rejoint le Sud, mon cher sud, depuis presque trois mois déjà.
Pas ou très peu le temps d'écrire et tout particulièrement d'écrire sur mon blog.
Des questions de plus en plus pressantes quant à ce mot seul: blog.
Des questions comme toujours face à la vie.
Des blessures, comme souvent.
Et des rayons de soleil, forts, très forts, heureusement.
Merci pour les petits mots que j'ai reçus, je ne perds pas espoir de reprendre et de poursuivre ce blog...
Un nouveau travail depuis notre arrivée ici, un travail qui me fait poser beaucoup de questions, comme souvent.
Des choses intéressantes, puis des choses que j'aimerais qui se passent autrement.
Je suis têtu et ne perds pas l'objectif de mes rêves.
Mais j'en demande peut-être trop.
Du moins où me conduira le fait d'en demander toujours trop?
Eh bien peut-être au bonheur absolu.
J'ai demandé trop en amour, et aujourd'hui à force de patience, de temps et d'échecs, je vis le bonheur qui me ressemble enfin, celui dont j'ai toujours rêvé.
A quand le même bonheur dans mon travail et ma vie sur tous les domaines?
Je suis fatigué en ce moment, comme souvent, un comme souvent de plus.
Mais j'ai l'amour.
C'est mon rayon de soleil.
Qui me réchauffe de la neige qui colle à la pelouse de notre jardin, depuis déjà quelques jours.
Je vous fais des bises, jaunes, rouges, mauves, bleues, je ne perds pas espoir de reprendre l'écriture, et ce blog.
Peu à peu, je vais m'y remettre.
Merci à tous ceux qui me soutiennent. Du fond du coeur.
Olivier.
18:46 Publié dans Confessions sur une... chaise de bois. | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
24.08.2007
RÊVES DE MONTAGNES EN JUILLET...
Il était beau, mon amour, beau comme toujours, beau comme jamais.
Il était beau, lorsqu'il s'est levé, en retard, prêt à nous emmener ce matin de fin juillet vers nos montagnes, nos rêves, nos rêves de montagnes.
La nuit.
C'était encore la nuit. Lui seul parvient à me faire me lever en pleine nuit, là comme ça, il n'y aurait presque pas besoin de raison.
Nous avons descendu les cinq cents quinze kilomètres qui nous séparaient de la maison jusqu'à notre lieu de destination en quelques onze heures de temps, à ce qu'il paraît, mais moi, je ne me suis rendu compte de rien, tant le vol m'a paru fluide, court, léger, agréable.
Il faut dire que je ne conduis pas lol cela me semble sans doute moins long, c'est sûr, et puis nous avons bavardé gaîement, lui et moi, tout le long de la route.
Et puis, la route était belle tout le long.
Nous avons décidé en ces jours de grand départ, de ne pas prendre l'autoroute.
Nous avons opté pour les nationales, durant la totalité du trajet.
Le jour s'est levé.
Il faisait encore gris, quelques gouttes de bruine.
Et puis peu à peu, le vert des petites collines et des mouvements du Périgord ont donné un peu de couleur à nos paysages.
Nous nous sommes arrêtés à Sarlat.
Mon amour ne connaissait pas.
Il fallait absolument que je lui montre ce petit bijou.
Oui, je sais, j'ai tout le temps envie de faire des pauses pour lui montrer tel ou tel endroit, oui je sais, j'ai tout le temps envie de m'arrêter pour visiter tel ou tel lieu, je suis comme ça, je connais mes défauts lol, je suis incorrigible et cela nous a bien valu quelques rires.
A ce rythme-là, nous ne serons pas arrivés à destination, avant l'heure prévue de notre départ!
Nous rêvons dans la voiture d'un voyage qui ne s'arrête pas, de destination en destination, poussés par le vent, sans but précis, au fil du temps, des envies, des moments.
Moment magique. Moi, je n'osais pas lui parler de ce vieux rêve que j'avais presque enfoui en moi.
Et voilà qu'il m'en parle, féerie de ces moments à deux, sur le même fil, sur la même corde.
Mais pour l'instant, on rêve de montagnes.
On se souvient à quel point, deux mois plus tôt, les Pyrénées nous avaient subjugués.
Nous avons envie de croire en de nouvelles promesses de ces belles montagnes, nous sommes presque certains qu'elles nous donneront encore beaucoup cette fois-ci. Et sans doute aussi dans notre avenir...
Sans doute aussi.
Nous sommes sereins.
Câlins. Amoureux.
Superbe pause peu après Cahors, dans la nature.
Pause sentimentale, pause coquine, pause torride.
Le soleil est revenu s'en mêler un peu, il vogue autour de nos peaux, on sent sa douce chaleur se poser sur nous, il décore si bien notre samedi après-midi.
Nous ne sommes pas encore arrivés à destination.
Nous attendons les premières hauteurs.
Elles ne viennent pas.
Et même quand on arrive à Foix, on ne voit pas les fameuses hauteurs escomptées.
On est pas tout à fait à quatre cents mètres d'altitude, je suis un peu triste, un peu déçu, je suis surtout déçu pour mon bébé qui adore tellement les hauteurs, les fortes hauteurs!
Mais le centre ville de Foix arrive, sur notre droite.
Et même si nous ne sommes pas encore bien hauts, nous sommes enfin éblouis par la vue des collines et montagnes qui ornent les alentours de Foix, à côté et même plus loin, beaucoup plus loin.
Promesses tenues.
D'ores et déjà.
Promesses aussi lorsque nous quittons Foix, pour lâcher un peu Othello (il commence à souffrir de la chaleur revenue) et que nous voyons ces magnifiques maisons, tout ce vert, ce calme, cette tranquille solitude à trois, ces montagnes toutes proches et abruptes.
L'hôtel, au bord du lac, est joli.
Mais qu'importe, on a pas le temps de s'arrêter, de profiter à pleins poumons de cette vue, non, nous poursuivons notre périple, Bébé est en forme, il a envie d'aller à Andorre et se sent le courage increvable de faire encore cent kilomètres de plus, et moi je ne suis pas contre un brin de douce folie, alors pourquoi pas?
Oui pourquoi pas? pourquoi pas s'aimer jusqu'au bout de la soirée, s'aimer jusqu'au bout de la vie, jusqu'au bout de l'interdit?
Moi je dis oui. Je lui dis oui. Je dis oui à tout, à Lui, je dirais oui à tout.
Il est beau, un peu fou en conduisant vers Andorre, j'aime ça.
Le brouillard s'en mêle, arrivés là-bas. J'adore cette vague impressionniste qui vient se mêler à notre tableau de bonheur.
On nous regarde, on nous regarde bizarrement dans les magasins.
On ne comprend pas pourquoi, sur le coup.
Moi je laisse échapper des "Bébé ci, Bébé là...
Les gens nous regardent mais on s'en fout.
Oui, sauf que, quand on arrive en caisse, on comprend vraiment pourquoi on nous regardait bizarrement.
Oui, on a tout un caddie rempli d'alcools en tout genre (le plus insolite est la bouteille de vodka-cannabis qui promet quelques soirées floues lol) mais en fait, on a le droit à presque rien, dans la Principauté.
C'est bien pour les gens qui viennent de temps en temps faire leurs approvisionnements divers, mais pour les gens qui n'habitent pas loin.
Approvisionnement de proximité.
On ne peut pas emmener beaucoup d'alcool à la fois. On est un peu déçu, au vu des prix, nous aurions aimé reconstituer notre bar un peu vide ces derniers temps, mais on est sage et on se contente de ce que l'on peut rapporter.
Ce n'est pas si mal, et on s'est bien amusés!
L'essence de plus est à un prix record!
On s'amuse encore pas mal lorsque, frigorifiés dans un restau où le serveur met trop (beaucoup trop) de temps à venir nous servir, on décide de se lever et de foutre le camp!
Pas grave.
Je suis d'humeur gaie, je prends tout à la légère et ça fait du bien, et ça se finit dans un restau à raclettes où le temps décidément bien frais (été toujours aussi frais mais toujours pas dans nos coeurs, et combien heureusement!) nous permet d'apprécier cette raclette à volonté et le vin blanc délicieux qu'on nous sert avec bonne humeur.
Moi je me chauffe au vin blanc, à l'amour, aux pensées de l'amour que nous ferons tout à l'heure.
La soirée ne fait que commencer.
Le brouillard nous dicte de rentrer un peu plus tôt que prévu, mais l'humeur est toujours belle et l'amour au beau fixe.
Belle nuit.
Très belle matinée.
Dans la chambre au bord du lac, je sers un petit déjeuner à mon amour qui me disait voilà quelques jours encore, ça n'arrive pas souvent!
Je ne suis pas du matin, et même si Lui et lui seul me fait me lever plus tôt, je ne suis pas encore, je le confesse un pro du matin!
Petit déjeuner magnifique au lit donc (je passe l'épisode où Bébé a oublié de fermer sa voiture à clef cette nuit! Andorre nous a eus!)
Et (...)...
Superbe balade, une fois que l'on s'est installés dans notre deuxième hôtel (je voulais aller les deux jours à celui-ci à cause de la superbe piscine - on se r'fait pas!) mais il était complet le samedi soir.
La chambre est belle, spacieuse, elle donne sur un jardin et une magnifique piscine, elle n'est pas chère, Othello y est bien aussi car on a plein de place, tout est pour le mieux et la dame de la réception est adorable, elle nous indique de chouettes idées de balades.
Et c'est clair, mon Amour, que cette balade à Vicdessos restera gravée à jamais dans mon esprit et dans mon coeur.
On oublie le village de J'aime ou ça j'aime, je sais plus (tu sais, là où on a vu plein de couples de vieilles lesbiennes lol) et surtout où on a failli rester bloquer avec la voiture, finalement le village çaj'aime, ben on aime pas, mais quel moment magique en haut du dolmen de je ne sais plus quoi, devant les montagnes, fières, nous deux fiers aussi de notre amour, de notre bien-être, notre sérénité, tu me cueilles des fleurs, Amour, on rêve devant ces montagnes, on rêve qu'un jour prochain, peut-être nous viendrons là, les brumes légères, en voiles viennent s'emparer de nouveau des montagnes magiques, le ciel comme par enchantement depuis qu'on est à Vicdessos est d'un bleu profond, comme notre amour tu dis, comme notre amour, j'écris encore.
Et encore...
Magnifique soirée en terrasse, à Foix. On aime cette ville, c'est un véritable coup de coeur. On peut enfin manger dehors et le restau est très agréable avec ses fauteuils bas et ses tables à l'orientale.
Ca sent bon le sud.
Notre amour s'élève, on continue de rêver et de vivre ce rêve tout éveillé.
Demain nous irons à Toulouse, nous aurons encore bien quelques beaux moments, nous mangerons des tapas, nous boirons du champagne rosé, mais chut, je n'en parlerai pas, je parlerai plutôt de ce rêve de montagne, ce rêve qui nous a unis, plus encore que jamais, ce rêve de vivre là-bas avec Toi, mon merveilleux amour, mais je voudrais et je voulais finir ainsi (j'ai eu cette idée il y a longtemps, dans la voiture, pardonne moi encore de ne pas l'avoir accouchée sur le papier plus tôt), mon Amour, malgré ces rêves, ton rêve de vivre à la montagne, nos rêves de vivre tous les jours près des belles orgueilleuses, vertes et tendres l'été, blanches et rudes au coin des feux l'hiver, aux paysages toujours mouvants, mon Amour, mon rêve, mon plus beau rêve, quoiqu'il arrive, quoiqu'il advienne, c'est que tu sois là, à mes côtés. Peu importe où que nous soyons.
Je t'aime à l'infini, plus haut encore que toutes ces magiques montagnes, je t'aime à l'infini, pour toujours.
Tu es le prince que j'ai toujours rêvé, attendu, désiré, je me languis de toi quand tu n'es pas là et je te savoure chaque seconde, chaque éternité, chaque lumière, quand tu es près de moi.
Tu es mon plus beau cadeau, tu es mon plus beau REVE...
11:35 Publié dans Un an avec mon Bébé | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : amour, gay et lesbienne, écriture, journal intime, montagne, avenir
04.08.2007
Les mimosas qui ne poussent pas.
Je voudrais écrire un texte intéressant, un peu comme ceux que fait Pierre-Yves.
Parler des oiseaux, du mimosa qui ne pousse pas en août, du lit que V. aurait pu me faire à la belle étoile (mais qu'il n'a pas fait), ce soir.
Au lieu de ça, j'ai droit à novembre en août, la pluie qui ne bat pas les vitres ce soir, mais qu'importe je n'ai pas besoin des sons, je la devine aisément, je la sens comme si elle claquait contre les parois de mon coeur, il fait nuit et la nuit c'est bien connu les chats sont gris.
Je rectifie. Ils sont noirs.
Hier soir, je l'ai pris ce p... de train pour la Rochelle.
Ca ne m'a pas donné de grandes lumières.
Juste un petit coup de folie le soir, au moment de le prendre, l'ivresse de se dire qu'on est encore libre de voler un soir où l'on doit aller travailler, mais ce travail me rend fou, tout comme tous les travaux actuellement, je ne sais pas ce que je vais faire, j'en ai marre de l'hôtellerie, j'en ai marre des salaires minables, j'en ai marre des horaires de nuit, mais seulement voilà, je ne sais pas vraiment faire grand chose, moi, hormis le con dans des hôtels.
Non, sur l'ïle de Ré, c'était vraiment bien. Mais je n'ai pas pu y rester, car cela faisait trop loin de chez moi, chez nous.
J'espère un jour retrouver une place similaire, dans un rayon plus proche de la maison, ou de là où nous habiterons peut-être plus tard.
Je voudrais écrire sur l'Inde, sur Tori Amos, sur les pluies torrentielles du mois de juillet, mais rien ne me vient vraiment à l'esprit, j'ai seulement envie d'écrire pour écrire, pour ne pas sombrer dans le sommeil, ou bien même peut-être pour y sombrer, justement, dans le sommeil.
La porte de l'océan cette nuit ne m'a pas délivré de message escompté.
Juste que je suis un peu plus perdu que d'habitude.
Juste que je suis un peu plus heureux que d'habitude.
Mais le bonheur, moi, que voulez-vous, ça me rend inquiet, ça me rend perdu.
C'est agréable de dormir près d'une fenêtre ouverte sur la mer, sur les sons des vagues, sur les couleurs de la lune tiède et moite dansant, voguant, dans la nuit.
C'est agréable et j'aurais dû retourner ce soir là-bas.
Puisque je ne travaille pas. Puisque je ne vois pas trop quoi faire d'autre. Puisque si ce n'est plus aussi génial qu'avant, les escapades solitaires, ce n'est pas trop mal quand même, puisque je me retrouve seul ici à me morfondre devant le miroir sans éclat de mon âme (j'ai râté le dernier train pour rentrer à la maison).
Puisqu'ils m'ont dit qu'ils n'auraient pas besoin de moi ce soir, que je n'ai qu'à me reposer.
Me reposer...
Me reposer de quoi? de trop de bonheur? du mal que ça me fait lorsque je retombe dans ce quotidien fade et maussade, dans cette ville morbide et vide de N...
Je me sens seul ce soir, et ce n'est pas de la bonne solitude.
Je le dis toujours, ça fait du bien d'être seul de temps en temps, mais là, rien à faire, pas envie d'être seul, pas choisi d'être seul.
La vie est bizarre.
Je ne sais pas bien dans quel navire je navigue.
J'ai envie de péter les plombs parfois, de m'enfermer dans une chambre d'hôpital, mais ça ne sert à rien, ça ne donne rien, j'ai envie de crier à ce père idiot et fermé que je n'en peux plus de vivre sans lui, sans sa putain d'acceptation à la con (il ne m'acceptera jamais comme je suis), j'ai envie de dire merde à tous ces hôtelliers qui m'ont volé tant de nuits et tant d'argent, j'ai envie de ne plus m'inquiéter, en amour comme dans ma vie de tous les jours, j'ai envie d'oublier tous ces faiseurs d'amour, d'amitié, ou de je ne sais plus trop quoi qui m'ont fait des bleus de partout , j'ai envie que ceux que j'aime soient heureux et j'ai envie de croire encore qu'il peut y avoir des vies pleines de bleu.
Le bleu, je l'ai vu, c'est justement bien ça le problème dit Vanessa Paradis dans "la fille sur le pont" au sujet de l'amour, si ça n'était pas aussi bon elle n'en serait pas là aujourd'hui et moi si je n'étais pas camé au bleu, je m'en déferais bien plus facilement.
J'accepterais bien plus aisément le gris, les novembre en août, les mimosas qui ne poussent pas à N.
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