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24.08.2007

RÊVES DE MONTAGNES EN JUILLET...

Il était beau, mon amour, beau comme toujours, beau comme jamais.
Il était beau, lorsqu'il s'est levé, en retard, prêt à nous emmener ce matin de fin juillet vers nos montagnes, nos rêves, nos rêves de montagnes.
La nuit.
C'était encore la nuit. Lui seul parvient à me faire me lever en pleine nuit, là comme ça, il n'y aurait presque pas besoin de raison.
Nous avons descendu les cinq cents quinze kilomètres qui nous séparaient de la maison jusqu'à notre lieu de destination en quelques onze heures de temps, à ce qu'il paraît, mais moi, je ne me suis rendu compte de rien, tant le vol m'a paru fluide, court, léger, agréable.
Il faut dire que je ne conduis pas lol cela me semble sans doute moins long, c'est sûr, et puis nous avons bavardé gaîement, lui et moi, tout le long de la route.
Et puis, la route était belle tout le long.
Nous avons décidé en ces jours de grand départ, de ne pas prendre l'autoroute.
Nous avons opté pour les nationales, durant la totalité du trajet.
Le jour s'est levé.
Il faisait encore gris, quelques gouttes de bruine.
Et puis peu à peu, le vert des petites collines et des mouvements du Périgord ont donné un peu de couleur à nos paysages.
Nous nous sommes arrêtés à Sarlat.
Mon amour ne connaissait pas.
Il fallait absolument que je lui montre ce petit bijou.
Oui, je sais, j'ai tout le temps envie de faire des pauses pour lui montrer tel ou tel endroit, oui je sais, j'ai tout le temps envie de m'arrêter pour visiter tel ou tel lieu, je suis comme ça, je connais mes défauts lol, je suis incorrigible et cela nous a bien valu quelques rires.
A ce rythme-là, nous ne serons pas arrivés à destination, avant l'heure prévue de notre départ!
Nous rêvons dans la voiture d'un voyage qui ne s'arrête pas, de destination en destination, poussés par le vent, sans but précis, au fil du temps, des envies, des moments.
Moment magique. Moi, je n'osais pas lui parler de ce vieux rêve que j'avais presque enfoui en moi.
Et voilà qu'il m'en parle, féerie de ces moments à deux, sur le même fil, sur la même corde.
Mais pour l'instant, on rêve de montagnes.
On se souvient à quel point, deux mois plus tôt, les Pyrénées nous avaient subjugués.
Nous avons envie de croire en de nouvelles promesses de ces belles montagnes, nous sommes presque certains qu'elles nous donneront encore beaucoup cette fois-ci. Et sans doute aussi dans notre avenir...
Sans doute aussi.
Nous sommes sereins.
Câlins. Amoureux.
Superbe pause peu après Cahors, dans la nature.
Pause sentimentale, pause coquine, pause torride.
Le soleil est revenu s'en mêler un peu, il vogue autour de nos peaux, on sent sa douce chaleur se poser sur nous, il décore si bien notre samedi après-midi.
Nous ne sommes pas encore arrivés à destination.
Nous attendons les premières hauteurs.
Elles ne viennent pas.
Et même quand on arrive à Foix, on ne voit pas les fameuses hauteurs escomptées.
On est pas tout à fait à quatre cents mètres d'altitude, je suis un peu triste, un peu déçu, je suis surtout déçu pour mon bébé qui adore tellement les hauteurs, les fortes hauteurs!
Mais le centre ville de Foix arrive, sur notre droite.
Et même si nous ne sommes pas encore bien hauts, nous sommes enfin éblouis par la vue des collines et montagnes qui ornent les alentours de Foix, à côté et même plus loin, beaucoup plus loin.
Promesses tenues.
D'ores et déjà.
Promesses aussi lorsque nous quittons Foix, pour lâcher un peu Othello (il commence à souffrir de la chaleur revenue) et que nous voyons ces magnifiques maisons, tout ce vert, ce calme, cette tranquille solitude à trois, ces montagnes toutes proches et abruptes.

L'hôtel, au bord du lac, est joli.
Mais qu'importe, on a pas le temps de s'arrêter, de profiter à pleins poumons de cette vue, non, nous poursuivons notre périple, Bébé est en forme, il a envie d'aller à Andorre et se sent le courage increvable de faire encore cent kilomètres de plus, et moi je ne suis pas contre un brin de douce folie, alors pourquoi pas?
Oui pourquoi pas? pourquoi pas s'aimer jusqu'au bout de la soirée, s'aimer jusqu'au bout de la vie, jusqu'au bout de l'interdit?
Moi je dis oui. Je lui dis oui. Je dis oui à tout, à Lui, je dirais oui à tout.
Il est beau, un peu fou en conduisant vers Andorre, j'aime ça.
Le brouillard s'en mêle, arrivés là-bas. J'adore cette vague impressionniste qui vient se mêler à notre tableau de bonheur.
On nous regarde, on nous regarde bizarrement dans les magasins.
On ne comprend pas pourquoi, sur le coup.
Moi je laisse échapper des "Bébé ci, Bébé là...
Les gens nous regardent mais on s'en fout.
Oui, sauf que, quand on arrive en caisse, on comprend vraiment pourquoi on nous regardait bizarrement.
Oui, on a tout un caddie rempli d'alcools en tout genre (le plus insolite est la bouteille de vodka-cannabis qui promet quelques soirées floues lol) mais en fait, on a le droit à presque rien, dans la Principauté.
C'est bien pour les gens qui viennent de temps en temps faire leurs approvisionnements divers, mais pour les gens qui n'habitent pas loin.
Approvisionnement de proximité.
On ne peut pas emmener beaucoup d'alcool à la fois. On est un peu déçu, au vu des prix, nous aurions aimé reconstituer notre bar un peu vide ces derniers temps, mais on est sage et on se contente de ce que l'on peut rapporter.
Ce n'est pas si mal, et on s'est bien amusés!
L'essence de plus est à un prix record!
On s'amuse encore pas mal lorsque, frigorifiés dans un restau où le serveur met trop (beaucoup trop) de temps à venir nous servir, on décide de se lever et de foutre le camp!
Pas grave.
Je suis d'humeur gaie, je prends tout à la légère et ça fait du bien, et ça se finit dans un restau à raclettes où le temps décidément bien frais (été toujours aussi frais mais toujours pas dans nos coeurs, et combien heureusement!) nous permet d'apprécier cette raclette à volonté et le vin blanc délicieux qu'on nous sert avec bonne humeur.
Moi je me chauffe au vin blanc, à l'amour, aux pensées de l'amour que nous ferons tout à l'heure.
La soirée ne fait que commencer.
Le brouillard nous dicte de rentrer un peu plus tôt que prévu, mais l'humeur est toujours belle et l'amour au beau fixe.

Belle nuit.
Très belle matinée.
Dans la chambre au bord du lac, je sers un petit déjeuner à mon amour qui me disait voilà quelques jours encore, ça n'arrive pas souvent!
Je ne suis pas du matin, et même si Lui et lui seul me fait me lever plus tôt, je ne suis pas encore, je le confesse un pro du matin!
Petit déjeuner magnifique au lit donc (je passe l'épisode où Bébé a oublié de fermer sa voiture à clef cette nuit! Andorre nous a eus!)
Et (...)...
Superbe balade, une fois que l'on s'est installés dans notre deuxième hôtel (je voulais aller les deux jours à celui-ci à cause de la superbe piscine - on se r'fait pas!) mais il était complet le samedi soir.
La chambre est belle, spacieuse, elle donne sur un jardin et une magnifique piscine, elle n'est pas chère, Othello y est bien aussi car on a plein de place, tout est pour le mieux et la dame de la réception est adorable, elle nous indique de chouettes idées de balades.
Et c'est clair, mon Amour, que cette balade à Vicdessos restera gravée à jamais dans mon esprit et dans mon coeur.
On oublie le village de J'aime ou ça j'aime, je sais plus (tu sais, là où on a vu plein de couples de vieilles lesbiennes lol) et surtout où on a failli rester bloquer avec la voiture, finalement le village çaj'aime, ben on aime pas, mais quel moment magique en haut du dolmen de je ne sais plus quoi, devant les montagnes, fières, nous deux fiers aussi de notre amour, de notre bien-être, notre sérénité, tu me cueilles des fleurs, Amour, on rêve devant ces montagnes, on rêve qu'un jour prochain, peut-être nous viendrons là, les brumes légères, en voiles viennent s'emparer de nouveau des montagnes magiques, le ciel comme par enchantement depuis qu'on est à Vicdessos est d'un bleu profond, comme notre amour tu dis, comme notre amour, j'écris encore.
Et encore...
Magnifique soirée en terrasse, à Foix. On aime cette ville, c'est un véritable coup de coeur. On peut enfin manger dehors et le restau est très agréable avec ses fauteuils bas et ses tables à l'orientale.
Ca sent bon le sud.
Notre amour s'élève, on continue de rêver et de vivre ce rêve tout éveillé.

Demain nous irons à Toulouse, nous aurons encore bien quelques beaux moments, nous mangerons des tapas, nous boirons du champagne rosé, mais chut, je n'en parlerai pas, je parlerai plutôt de ce rêve de montagne, ce rêve qui nous a unis, plus encore que jamais, ce rêve de vivre là-bas avec Toi, mon merveilleux amour, mais je voudrais et je voulais finir ainsi (j'ai eu cette idée il y a longtemps, dans la voiture, pardonne moi encore de ne pas l'avoir accouchée sur le papier plus tôt), mon Amour, malgré ces rêves, ton rêve de vivre à la montagne, nos rêves de vivre tous les jours près des belles orgueilleuses, vertes et tendres l'été, blanches et rudes au coin des feux l'hiver, aux paysages toujours mouvants, mon Amour, mon rêve, mon plus beau rêve, quoiqu'il arrive, quoiqu'il advienne, c'est que tu sois là, à mes côtés. Peu importe où que nous soyons.

Je t'aime à l'infini, plus haut encore que toutes ces magiques montagnes, je t'aime à l'infini, pour toujours.
Tu es le prince que j'ai toujours rêvé, attendu, désiré, je me languis de toi quand tu n'es pas là et je te savoure chaque seconde, chaque éternité, chaque lumière, quand tu es près de moi.
Tu es mon plus beau cadeau, tu es mon plus beau REVE...

04.08.2007

Les mimosas qui ne poussent pas.

Je voudrais écrire un texte intéressant, un peu comme ceux que fait Pierre-Yves.
Parler des oiseaux, du mimosa qui ne pousse pas en août, du lit que V. aurait pu me faire à la belle étoile (mais qu'il n'a pas fait), ce soir.
Au lieu de ça, j'ai droit à novembre en août, la pluie qui ne bat pas les vitres ce soir, mais qu'importe je n'ai pas besoin des sons, je la devine aisément, je la sens comme si elle claquait contre les parois de mon coeur, il fait nuit et la nuit c'est bien connu les chats sont gris.
Je rectifie. Ils sont noirs.
Hier soir, je l'ai pris ce p... de train pour la Rochelle.
Ca ne m'a pas donné de grandes lumières.
Juste un petit coup de folie le soir, au moment de le prendre, l'ivresse de se dire qu'on est encore libre de voler un soir où l'on doit aller travailler, mais ce travail me rend fou, tout comme tous les travaux actuellement, je ne sais pas ce que je vais faire, j'en ai marre de l'hôtellerie, j'en ai marre des salaires minables, j'en ai marre des horaires de nuit, mais seulement voilà, je ne sais pas vraiment faire grand chose, moi, hormis le con dans des hôtels.
Non, sur l'ïle de Ré, c'était vraiment bien. Mais je n'ai pas pu y rester, car cela faisait trop loin de chez moi, chez nous.
J'espère un jour retrouver une place similaire, dans un rayon plus proche de la maison, ou de là où nous habiterons peut-être plus tard.

Je voudrais écrire sur l'Inde, sur Tori Amos, sur les pluies torrentielles du mois de juillet, mais rien ne me vient vraiment à l'esprit, j'ai seulement envie d'écrire pour écrire, pour ne pas sombrer dans le sommeil, ou bien même peut-être pour y sombrer, justement, dans le sommeil.

La porte de l'océan cette nuit ne m'a pas délivré de message escompté.
Juste que je suis un peu plus perdu que d'habitude.
Juste que je suis un peu plus heureux que d'habitude.
Mais le bonheur, moi, que voulez-vous, ça me rend inquiet, ça me rend perdu.
C'est agréable de dormir près d'une fenêtre ouverte sur la mer, sur les sons des vagues, sur les couleurs de la lune tiède et moite dansant, voguant, dans la nuit.
C'est agréable et j'aurais dû retourner ce soir là-bas.
Puisque je ne travaille pas. Puisque je ne vois pas trop quoi faire d'autre. Puisque si ce n'est plus aussi génial qu'avant, les escapades solitaires, ce n'est pas trop mal quand même, puisque je me retrouve seul ici à me morfondre devant le miroir sans éclat de mon âme (j'ai râté le dernier train pour rentrer à la maison).
Puisqu'ils m'ont dit qu'ils n'auraient pas besoin de moi ce soir, que je n'ai qu'à me reposer.
Me reposer...

Me reposer de quoi? de trop de bonheur? du mal que ça me fait lorsque je retombe dans ce quotidien fade et maussade, dans cette ville morbide et vide de N...
Je me sens seul ce soir, et ce n'est pas de la bonne solitude.
Je le dis toujours, ça fait du bien d'être seul de temps en temps, mais là, rien à faire, pas envie d'être seul, pas choisi d'être seul.
La vie est bizarre.
Je ne sais pas bien dans quel navire je navigue.
J'ai envie de péter les plombs parfois, de m'enfermer dans une chambre d'hôpital, mais ça ne sert à rien, ça ne donne rien, j'ai envie de crier à ce père idiot et fermé que je n'en peux plus de vivre sans lui, sans sa putain d'acceptation à la con (il ne m'acceptera jamais comme je suis), j'ai envie de dire merde à tous ces hôtelliers qui m'ont volé tant de nuits et tant d'argent, j'ai envie de ne plus m'inquiéter, en amour comme dans ma vie de tous les jours, j'ai envie d'oublier tous ces faiseurs d'amour, d'amitié, ou de je ne sais plus trop quoi qui m'ont fait des bleus de partout , j'ai envie que ceux que j'aime soient heureux et j'ai envie de croire encore qu'il peut y avoir des vies pleines de bleu.
Le bleu, je l'ai vu, c'est justement bien ça le problème dit Vanessa Paradis dans "la fille sur le pont" au sujet de l'amour, si ça n'était pas aussi bon elle n'en serait pas là aujourd'hui et moi si je n'étais pas camé au bleu, je m'en déferais bien plus facilement.
J'accepterais bien plus aisément le gris, les novembre en août, les mimosas qui ne poussent pas à N.