07.06.2008

MADONNA: Le désavoeu?

Tic, tac, tic, tac...
Chaque nouvel album de Madonna est pour moi depuis dix ans, depuis le délicieux "Ray of light" une source d'attente, d'impatience et de fougue indescriptibles, et les réminiscences de cloches, les références aux réveils, aux hésitations, et à l'attente ont beau être là, le disque a beau comme le précédent s'enchaîner non-stop, la magie n'opère pas. La folie Madonna ne s'empare pas de moi.
Bizarre. Je ne sais pas. Je sentais venir les influences hip hop avec les références présentes dans les clips "Hang up" ou "Sorry", bon, certes, c'est du hip hop à la Madonna, donc c'est plus disco-dance, que hip-hop, la plupart du temps, c'est dansant, oui, c'est entraînant, certes encore, mais en dehors de cela, ça s'arrête là ou à peu près.
A tel point que je me tâte pour la première fois, à savoir si je vais aller la voir en concert ou non.
Ce sont ses cinquante ans cette année et le concert promet d'être explosif, seulement voilà, j'y crois, oui ça j'y crois encore, mais trop c'est peut-être trop, cette fois. Le souhait est clairement exprimé: battre le précédent record.
Certes, Madonna sur scène, c'est Madonna sur scène. Un feu d'artifice de sons, de couleurs, de sensations diverses, ivresses, chorégrahies, références, caméléonages garantis, et même des moments d'émotions, spirituelles ou humaines, mais jamais la Madonne ne m'a paru aussi clairement déterminée à vendre, vendre et sur-vendre.
Tout est déjà complet, comme d'hab. Mais comme d'hab aussi des sites en profitent pour vendre des places qu'ils ont acheté en gros, à des prix encore plus exhorbitants.
J'ai la possibilité d'avoir deux places au stade de France pour le concert du 20 septembre à 100 euros.
J'hésite.
Pour Nice, ce n'est même pas la peine d'espérer des places au dessous de 219 euros, c'est ce que j'ai trouvé de mieux à ce jour.
C'est vrai que j'avais mis autant en 2006, mais 2006 c'était 2006 et puis le stade de France, je me demande si ça vaut vraiment le coup, verrons-nous quelque chose? ne vais-je pas étouffer parmi le monde, moi qui n'aime pas trop les endroits surpeuplés et hystériques.
Ouais, l'hystérie s'empare de moi à Bercy, je l'accorde, mais Bercy c'est pas le stade de France, et les places assises, même si on est tout le temps debout c'est pas la fosse, et moi la fosse, je sais pas si c'est mon dada.
J'hésite donc beaucoup. J'ai encore quelques jours pour me décider.
Mais sans aller jusqu'à parler du concert, je suis réellement déçu par l'album.
Les incessants halètements sur l'album c'est du déjà vu. Les poses lascives de la Madonne c'est du déjà vu aussi, sauf qu'on ne l'avait pas encore vue comme ça à 50 balais, et pour cause...
Les paroles, c'est plus que bidon. Moi qui revendiquais les textes de Madonna, surtout depuis le spirituel, intimiste et introspectif rayon de lumière qu'elle nous a offert en 1998, là qu'est-ce qu'on entend mis à part que quand elle danse elle est bien, qu'elle pourrait tenir toute la nuit? ça on n'en doute pas, le problème, c'est que moi je ne sais pas si j'ai encore envie de tenir toute la nuit avec "Hard candy".
Les jeux de mots, je n'en parle pas.

Pour tout dire, la première fois que j'ai écouté l'album, je me suis arrêté à la cinquième chanson, excédé par ces rythmes répétitifs et lassants, c'est dommage car je trouve personnellement que le début : "candy store" est une vraie bombe discothèque. Sonorités dans l'air du temps, paroles certes une fois de plus aguicheuses, mais somme toutes assez amusantes. Bref un titre alléchant.
Mais la suite...
Une autre histoire.
Et puis, je ne sais pas. Madonna, moi, ça me booste, malgré tout.
Aussi, le midi, quand je suis en pause et que je lutte contre la fatigue, c'est super à installer confortablement dans les oreilles, ça donne envie de bouger, d'avancer, de sortir, de prendre du bon temps.
Bref, les six premiers morceaux, j'ai fini par les écouter avec plaisir, à la longue, et puis c'est pile-poil ce que j'ai envie d'écouter en ce moment.
Mais les morceaux 7 à 10 j'ai vraiment eu du mal à m'y faire.
Il y a quand même la "spanish lesson" que je trouve entraînante et rigolote. Je passe les énièmes suggestions de la Madonne, qui cinq ans après avoir déclaré pour l'album "American Life" très travaillé, je cite: "je recherche une réponse face à la crise actuelle de la musique", là, pardon, mais nous n'avons pas de réponse, au contraire une musique très superficielle, peu de création, quelque chose de vraiment banal aujourd'hui, une voix pas du tout mise en valeur et des textes pauvres.
Mais voilà, c'est entraînant et sympathique. C'est presque justement là le problème. C'est que c'est tout.
Pas d'autre émotion, pas envie de se déchaîner plus que ça, et plus envie de la défendre devant les gens lorsqu'ils l'accusent d'être une machine à fric, une reine du marketing (un plus et un moins), une manipulatrice.

Elle sait toujours s'adapter mais perd son unité à chaque fois. Elle est peut-être tout simplement toujours elle-même, ou bien elle joue un rôle à chaque fois. Pourtant on la croit sincère dans "Ray of light". On a peut-être envie d'y croire, je ne sais pas. Je pense, qu'elle, elle sait; en tout cas. Elle sait ce qu'elle fait. Trop bien peut-être encore? Elle fait couler beaucoup d'encres. C''est un mystère, une fascination. C'est ce qui plaît et ce qui déplaît, c'est ce qui est une force et un danger aussi. Le paradoxe MADONNA.

Bon c'est vrai que Madonna c'est tout ça à la fois, on serait presque tenté de la croire sincère à chaque fois, mais joue t-elle avec le feu à force de jouer avec ses multiples visages? Gardera t-elle toujours son public à force de vouloir en conquérir sans arrêt d'autres? Les vrais amateurs de hip hop adhèrent-ils vraiment?
Autant de questions dont je n'ai pas les réponses, je me contente de donner mon avis.
Déçu. Voilà. Très déçu. J'écoute, mais je ne suis pas fan. J'écoute mais je ne retiendrai pas vraiment et surtout cela ne restera pas pour moi son meilleur album.
Dommage que les deux dernières chansons de l'album, que les critiques d'ailleurs défendent quelque peu face aux autres morceaux tous aussi déconcertants les uns que les autres, n'aient pas pris plus de place sur l'album. Madonna a t-elle donné trop de cartes blanches? A t-elle été pressée par le temps, cette idée de vouloir faire un album studio tous les deux ans et demi, de faire des concerts méga giga ce qu'on veut tous les deux ans, de battre tous les records de vente, avant les fatidiques cinquante ans?
Je n'en sais rien, toujours est-il que HARD CANDY, j'écoute, mais j'adhère pas vraiment.
Ceci est seulement mon avis.

Bises bleues @ tous et @ tout bientôt.

Commentaires

Article intéressant des Inrocks:

En France Les Inrockuptibles défendent l'album : "Accusé unanimement de cynisme marchand, le “Bonbon dur” de Madonna l’a surtout été à avaler par une presse qui semblait soudainement née de la dernière pluie. Comme si son projet de domination du monde par toutes les stratégies – opportunisme artistique, prodiges de marketing – était nouveau.Comme si cette volonté de puissance ne touchait pas chez l’artiste quelque chose de plus vaste que le simple cynisme marchand, une sorte de défi insensé, rageur, métaphysique, dont l’adversaire est rien moins désormais que le temps (qui transforme – les goûts, le marché –, dégrade – les corps –, et ne se dompte pas aisément). Comme si surtout ce complexe de dominatrice n’avait pas déjà occasionné des audaces musicales notables. Sur le papier, le choix de Timbaland et Pharrel Williams à la production semblait venir bien tard. A l’écoute, le disque étonne et ressemble finalement assez peu aux productions livrées au mètre des deux compères. Des cinq morceaux signés Timbaland et Danja, seul le lourd single 4 Minutes porte la griffe sonore désormais très dévaluée (puisque tout le monde, jusqu’à M. Pokora, en bénéficie) de son producteur.Sur les quatre autres, sa manière se confond presque à celle, autrement plus subtile, de Pharrell Williams. C’est, de toute façon, la troisième force en présence qui a le plein contrôle des manettes, à savoir Madonna elle-même, coproductrice de tous les morceaux, unifiant les différents styles de chacun jusqu’à les rendre indiscernables, recyclant tous ses acquis passés (jusqu’à certains effets de filtre appris chez Mirwais) pour organiser une sorte de mémorial Madonna, où ne manque même pas le son new-yorkais façon Jellybean de ses débuts (Holiday, Borderline). Deux grandes réussites dominent l’abum, le tenace She’s Not Me, écrit par Pharrell, et surtout le remarquable Beat Goes on, pour lequel la Madonne s’adjoint les services du toujours très stylé Kanye West." (Les inrockuptibles mai 2008)

Finalement, je pars à Nice le 26 août pour voir la Madonne... toujours pas mon album préféré, mais la Madonne en concert, c'est la Madonne en concert...

Ecrit par : Olivier | 06.07.2008

Bien, finalement, ce concert.
Bien, mais pas génial.
Enfin, cela dépend sans doute des points de vue.
Pour ma part, je ne suis pas fan des concerts en plein air avec bcp de foule et je ne pensais pas qu'il y aurait autant de monde à Nice. 50 000 personnes tout de même. De quoi voir une Madonna minuscule, même tout au bout des écrans géants.
De quoi ne pas trouver sa place en arrivant au stade.
J'ai piqué ma crise, ça commençait mal, et je suis allé voir un gars de la sécurité, je lui ai dit que c'était inadmissible qu'on mette presque 150 euros dans une place de concert et que personne ne soit là pour nous placer, il a été gentil et m'a proposé une place plus agréable que celle qui m'était réservée. J'ai eu de la chance.
Je voyais Madonna en face, mais elle était quand même si loin!
Et puis la première partie, j'ai trouvé que c'était un peu confus, il y en avait pour tous les styles certes, mais voilà c'était presque un peu trop.
Le son n'était pas très bon, parfois ça criait, parfois on n'entendait pas très bien.
J'ai même surpris quelques fausses notes et Madonna s'est parfois un peu trop amusée à prendre une voix de poupée barbie girl ce qui gâchait certains passages de chansons.
Par contre, lorsque l'orchestre de musique tzigane est arrivé, la folie s'est emparée d'elle, de nous tous et elle ne m'a plus lâché jusqu'à la fin du concert.
J'ai vraiment réussi à rentrer dans le concert à ce moment là. Il y avait le feu, il y avait la passion, il y avait même la communication; non c'était vraiment une belle deuxième partie.
Grande émotion dans "You must love me", grande émotion (d'un autre genre) dans "Get stupid", certains remix étaient fabuleux, certains passages véritablement de fougue.
J'ai trouvé la Madonne toujours en forme, peut-être un peu moins de décor que d'habitude, mais on s'est quand même tous demandés jusqu'où elle irait, jusqu'à quand elle tiendrait, physiquement, affublée d'une guêpière, dans la démonstration de shows qui se veulent toujours plus extrêmes, aguicheurs, et marketing?...

J'attends, j'espère vos avis nombreux, parmi ceux qui ont été voir Madonna à Nice. Et les autres...

Bises @ tous.

Ecrit par : Olivier | 30.08.2008

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