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29.06.2008

L'insomnie a quelque chose de doux, de rude, de mélancolique...

Trente deux ans aujourd'hui.
Je n'ai pas vu cette année passer. Tout comme la précédente, et la précédente, et la précédente...
A ceci près que j'ai l'impression que tout s'accélère.
J'aimerais connaître la date de ma mort.
Si je savais que j'allais mourir bientôt, je partirais en Inde, une nouvelle fois. Une ultime fois. J'y emmènerais mon amour, je lui dirais encore plein de mots d'amour, jusqu'à épuisement, j'irais me recueillir seul à Varanasi, une ou deux fois, j'essayerais de me préparer à son idée, à son silence, son irrévocable silence.
Je baignerais dans des huiles de massages parfumées et envoûtantes, je contemplerais les soirs roses au dessus des temples du Rajasthan, je retournerais une dernière fois pleurer à Agra.
Pleurer d'émotion, pleurer de douleur, pleurer de bonheur.
Puis je reviendrais de nouveau vers mon amour, dans une chambre luxueuse de Delhi, le combler de mots de passion et le couvrir de roses rouges...
Mais comme je ne la sais pas, cette maudite date qui me hante tant, je continue. Je continue et je fais comme tout le monde, je fais du mieux que je peux.
J'essaye de profiter de chaque instant et j'essaye de vivre comme si je n'étais pas mortel, du moins pas pour l'instant.
Mais qu'importe! Vain que je suis! Je sais bien qu'un jour, il me faudra l'affronter!
Je n'y peux rien.
Je me sens seul, tellement démuni.
Pourtant, je sais que je ne suis pas seul. L'amour, les preuves d'amitié au quotidien, les couchers de soleil, me donnent tellement de bonheur, tellement de douceur.
Mais j'ai en moi un mélange de couleurs, d'odeurs. Je sens le parfum âpre de la douleur et je suis pourtant tellement sensible à la douceur, à la joie, au bleu.
Les jours bleus de cette fin juin sont un bonheur pour moi.
Puissent-ils continuer tout l'été!
Les parfums de l'eau de mer bousculent mon âme, les reflets du soleil sur le sable d'or parfument mes journées.
Je suis si bien au bord de l'eau.
Je suis si bien lorsque je pense encore à mes voyages, vertiges...
Je repense à une lune pleine, tellement belle, un soir de Maurice, au bord d'une piscine illuminée.
Je repense à des mots d'amour, des mots doux, des mots insouciants, au bord d'une autre piscine, en Grèce.
Je repense à toutes ces nuits de douleur, de spasmophilie, je repense aussi à toutes ces nuits d'ivresse, d'innocence, je pense aux vents chauds de Méditerranée.
Je me souviens dans ce film que j'avais tant aimé: "American Beauty", à un moment l'un des personnages dit: "il y a tant de beauté dans le monde que c'en est parfois intolérable"...
Tant de beauté. Et tant de douleur.
Ma vie est offerte à ces deux fléaus.
Tôt déjà, j'ai connu la douleur, avoir mal à l'âme à en crever.
Tôt pourtant, j'ai vu toute la beauté du monde.
Je crains parfois que ma tête n'explose, je ne sais pas toujours dire, je ne sais pas toujours faire bien.
Je voudrais, mais...
J'ai besoin de tellement de marques d'affection. Pour ne pas sombrer...
Et pourtant même si je sombrais, je ne pourrais jamais oublier toute cette fichue beauté.
Alors que faire, que dire?
S'il n'était pas là, je partirais loin.
Mais comme je ne sais rien de ce qui m'attend dans le futur, je vis, du moins, j'essaye.
J'essaye de ne pas me laisser submerger par les crises de spasmo qui parfois veulent monter, mais je les stoppe à temps. Pour l'instant.
J'essaye de ne pas me laisser envahir par trop de beauté cruelle.
J'essaye d'écouter le vent, ses murmures, ce qu'il me dit.
J'essaye de me laisser aller à m'apaiser, le long des soirs roses des bords de mer.
J'essaye de me souvenir de toutes les fois où l'amour du bleu, comme à Hyères où m'a emmené mon amour en ce début de semaine, m'a porté, m'a donné, m'a fait vivre plus fort.
Trente deux ans, et parfois l'impression d'en avoir trente de plus.
Je pleure ma mère, mon grand-père.
Et ces autres membres de la famille qui m'ont fait tant de mal , je les pleure aussi.
L'âme n'est pas vraiment à la fête et pourtant j'aimerais m'étourdir, chanter, danser, savourer chaque instant.
L'âme n'est pas vraiment à la fête et pourtant je la ferai peut-être et demain tout ira sans doute mieux.
L'insomnie comme souvent, comme ces nuits passées à pleurer le long de la Méditerranée à Nice, jadis, a un goût amer, doux, rude et mélancolique à la fois. Elle est comme moi, elle sait que tout se mélange, tout s'est mélangé, tout se mélangera encore.
Je rêve d'une nuit longue, douce, réparatrice.
Je rêve d'un souffle de lune, juste un peu plus chaud que d'habitude...

21.06.2008

48H de la vie d'un couple d'amis à Paris... (Wenn Engel reisen)

J'ai passé la nuit à travailler. Je ne suis pas très frais.
Seulement quatre heures de sommeil. L'estomac qui me tiraille. La tête qui tape.
Je ne sais pas si je vais tenir le coup, si je vais être en forme, si c'était la meilleure date pour partir.
Mais je décide de faire confiance au hasard, au sort, au destin, comme on dit. Et c'est très bien ainsi.
La gare. Une barre de chocolat en quatrième vitesse. Le train pour Montpellier qui part.
Ca va. Pour l'instant, la fatigue ne se fait pas trop sentir. Je me dis qu'elle arrivera bien, mais pour le moment, ça va bien.
Montpellier. Je descends. Je vais manger un morceau. Je fais un tour. Le temps est couvert. C'est un peu moite.
Je ne sais pas si cela est de bon augure. Bah, on verra bien! ou encore... qui vivra verra.
Départ pour Paris.
Billet de première classe, pour le prix de la seconde, ce n'est déjà pas si mal. Personne dans le train, mmh c'est parfait, je vais pouvoir me reposer.
Nîmes. Il y a des gens qui montent. Désormais, il me faudra partager mes deux fauteuils avec quelqu'un d'autre, mais ce n'est pas grave, ça reste relativement confortable.
Le voyage n'est pas trop long. Je ne me repose pas beaucoup, finalement. Mais ça va, je suis étonné, mais ça va. Je me sens même de plus en plus guilleret à mesure que la capitale approche.
Et la capitale montre le bout de son nez, gris, certes, mais c'est bien elle, c'est bien la Paris que je connais, celle que j'ai laissée il y a plus de combien déjà? plus de huit mois... et encore, la dernière fois ça n'avait été qu'un aller-retour, la dernière fois que je l'avais vue vraiment, c'était il y a treize mois maintenant.
Je ne répèterai jamais assez combien le temps passe vite.
Considération ô combien vaine mais malheureusement si réelle. Je ne parviens toujours pas à m'y faire. Je devrais pourtant... mais...
Paris. Paris est là, sous mes yeux, sous mes oreilles, sous mes fossettes.
Paris est grise, telle que je l'avais vue en rêve ces jours-ci, telle que je l'ai décrite dans mes derniers poèmes...

Je m'approche de l'hôtel...
Il me paraît superbe. Et je ne suis pas déçu lorsque je pénètre dans la chambre, quasi luxueuse, et je ne parle pas de la salle de sports que je n'utiliserai sans doute pas ni de la piscine que j'espère en revanche fort, utiliser.
Cela me réconcilie avec l'hôtel M*** où je travaillais avant et qui m'avait donné ce bon de deux nuits gratuites à utiliser ici même, comme cadeau de Noël.
J'envoie un texto à ma petite Cath (qui est loin d'être petite)!
"J'arrive dans la folle, extravagante, romantique et explosive Paris... il y a même un rayon de soleil qui m'accueille... je t'attends..."
Cath, je l'ai connue sur mon blog. Comme deux âmes un peu égarées, tourmentées à l'époque, qui semblaient parler des mêmes choses, des mêmes craintes, des mêmes dualités...
Magie des technologies modernes.
Cath, je l'ai connue mieux encore ici même, à Paris, il y a un peu plus de quinze mois (déjà!)... mais ça avait été si court à l'époque... à peine le temps de monter la Tour Montparnasse, de tchather un peu et de voltiger à travers la Rue de Rennes et St Germain des Prés; de manger un sauté d'agneau épicé dans une sorte de bouchon à la lyonnaise, et hop, un aéroport, un au revoir, des émotions et puis le vol de retour s'annonçait déjà pour elle alors que je devais sillonner encore la belle capitale pour deux ou trois jours supplémentaires.
Cath, elle m'a donné rdv l'autre jour ici, toujours ici, mais je n'ai pas pu m'y rendre.
Cath, je lui ai dit il y a quinze jours et si on se retrouvait ici ce dimanche et ce début de semaine? Et elle a dit OUI.

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07.06.2008

MADONNA: Le désavoeu?

Tic, tac, tic, tac...
Chaque nouvel album de Madonna est pour moi depuis dix ans, depuis le délicieux "Ray of light" une source d'attente, d'impatience et de fougue indescriptibles, et les réminiscences de cloches, les références aux réveils, aux hésitations, et à l'attente ont beau être là, le disque a beau comme le précédent s'enchaîner non-stop, la magie n'opère pas. La folie Madonna ne s'empare pas de moi.
Bizarre. Je ne sais pas. Je sentais venir les influences hip hop avec les références présentes dans les clips "Hang up" ou "Sorry", bon, certes, c'est du hip hop à la Madonna, donc c'est plus disco-dance, que hip-hop, la plupart du temps, c'est dansant, oui, c'est entraînant, certes encore, mais en dehors de cela, ça s'arrête là ou à peu près.
A tel point que je me tâte pour la première fois, à savoir si je vais aller la voir en concert ou non.
Ce sont ses cinquante ans cette année et le concert promet d'être explosif, seulement voilà, j'y crois, oui ça j'y crois encore, mais trop c'est peut-être trop, cette fois. Le souhait est clairement exprimé: battre le précédent record.
Certes, Madonna sur scène, c'est Madonna sur scène. Un feu d'artifice de sons, de couleurs, de sensations diverses, ivresses, chorégrahies, références, caméléonages garantis, et même des moments d'émotions, spirituelles ou humaines, mais jamais la Madonne ne m'a paru aussi clairement déterminée à vendre, vendre et sur-vendre.
Tout est déjà complet, comme d'hab. Mais comme d'hab aussi des sites en profitent pour vendre des places qu'ils ont acheté en gros, à des prix encore plus exhorbitants.
J'ai la possibilité d'avoir deux places au stade de France pour le concert du 20 septembre à 100 euros.
J'hésite.
Pour Nice, ce n'est même pas la peine d'espérer des places au dessous de 219 euros, c'est ce que j'ai trouvé de mieux à ce jour.
C'est vrai que j'avais mis autant en 2006, mais 2006 c'était 2006 et puis le stade de France, je me demande si ça vaut vraiment le coup, verrons-nous quelque chose? ne vais-je pas étouffer parmi le monde, moi qui n'aime pas trop les endroits surpeuplés et hystériques.
Ouais, l'hystérie s'empare de moi à Bercy, je l'accorde, mais Bercy c'est pas le stade de France, et les places assises, même si on est tout le temps debout c'est pas la fosse, et moi la fosse, je sais pas si c'est mon dada.
J'hésite donc beaucoup. J'ai encore quelques jours pour me décider.
Mais sans aller jusqu'à parler du concert, je suis réellement déçu par l'album.
Les incessants halètements sur l'album c'est du déjà vu. Les poses lascives de la Madonne c'est du déjà vu aussi, sauf qu'on ne l'avait pas encore vue comme ça à 50 balais, et pour cause...
Les paroles, c'est plus que bidon. Moi qui revendiquais les textes de Madonna, surtout depuis le spirituel, intimiste et introspectif rayon de lumière qu'elle nous a offert en 1998, là qu'est-ce qu'on entend mis à part que quand elle danse elle est bien, qu'elle pourrait tenir toute la nuit? ça on n'en doute pas, le problème, c'est que moi je ne sais pas si j'ai encore envie de tenir toute la nuit avec "Hard candy".
Les jeux de mots, je n'en parle pas.

Pour tout dire, la première fois que j'ai écouté l'album, je me suis arrêté à la cinquième chanson, excédé par ces rythmes répétitifs et lassants, c'est dommage car je trouve personnellement que le début : "candy store" est une vraie bombe discothèque. Sonorités dans l'air du temps, paroles certes une fois de plus aguicheuses, mais somme toutes assez amusantes. Bref un titre alléchant.
Mais la suite...
Une autre histoire.
Et puis, je ne sais pas. Madonna, moi, ça me booste, malgré tout.
Aussi, le midi, quand je suis en pause et que je lutte contre la fatigue, c'est super à installer confortablement dans les oreilles, ça donne envie de bouger, d'avancer, de sortir, de prendre du bon temps.
Bref, les six premiers morceaux, j'ai fini par les écouter avec plaisir, à la longue, et puis c'est pile-poil ce que j'ai envie d'écouter en ce moment.
Mais les morceaux 7 à 10 j'ai vraiment eu du mal à m'y faire.
Il y a quand même la "spanish lesson" que je trouve entraînante et rigolote. Je passe les énièmes suggestions de la Madonne, qui cinq ans après avoir déclaré pour l'album "American Life" très travaillé, je cite: "je recherche une réponse face à la crise actuelle de la musique", là, pardon, mais nous n'avons pas de réponse, au contraire une musique très superficielle, peu de création, quelque chose de vraiment banal aujourd'hui, une voix pas du tout mise en valeur et des textes pauvres.
Mais voilà, c'est entraînant et sympathique. C'est presque justement là le problème. C'est que c'est tout.
Pas d'autre émotion, pas envie de se déchaîner plus que ça, et plus envie de la défendre devant les gens lorsqu'ils l'accusent d'être une machine à fric, une reine du marketing (un plus et un moins), une manipulatrice.

Elle sait toujours s'adapter mais perd son unité à chaque fois. Elle est peut-être tout simplement toujours elle-même, ou bien elle joue un rôle à chaque fois. Pourtant on la croit sincère dans "Ray of light". On a peut-être envie d'y croire, je ne sais pas. Je pense, qu'elle, elle sait; en tout cas. Elle sait ce qu'elle fait. Trop bien peut-être encore? Elle fait couler beaucoup d'encres. C''est un mystère, une fascination. C'est ce qui plaît et ce qui déplaît, c'est ce qui est une force et un danger aussi. Le paradoxe MADONNA.

Bon c'est vrai que Madonna c'est tout ça à la fois, on serait presque tenté de la croire sincère à chaque fois, mais joue t-elle avec le feu à force de jouer avec ses multiples visages? Gardera t-elle toujours son public à force de vouloir en conquérir sans arrêt d'autres? Les vrais amateurs de hip hop adhèrent-ils vraiment?
Autant de questions dont je n'ai pas les réponses, je me contente de donner mon avis.
Déçu. Voilà. Très déçu. J'écoute, mais je ne suis pas fan. J'écoute mais je ne retiendrai pas vraiment et surtout cela ne restera pas pour moi son meilleur album.
Dommage que les deux dernières chansons de l'album, que les critiques d'ailleurs défendent quelque peu face aux autres morceaux tous aussi déconcertants les uns que les autres, n'aient pas pris plus de place sur l'album. Madonna a t-elle donné trop de cartes blanches? A t-elle été pressée par le temps, cette idée de vouloir faire un album studio tous les deux ans et demi, de faire des concerts méga giga ce qu'on veut tous les deux ans, de battre tous les records de vente, avant les fatidiques cinquante ans?
Je n'en sais rien, toujours est-il que HARD CANDY, j'écoute, mais j'adhère pas vraiment.
Ceci est seulement mon avis.

Bises bleues @ tous et @ tout bientôt.

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