10.08.2008
Une journée à Collioure, une année dans l'âme...
Collioure m'a fait du bien.
Je rêve souvent en ce moment, de retourner en Inde.
Mais je me rends compte que si j'en rêve autant, c'est parce que j'ai parfois tellement peur que la mort ne vienne me surprendre en plein élan, que je me dis que je pourrais aller l'attendre là-bas, choisir sa date, en douceur, en lenteur, apprendre à l'apprivoiser au gré des vents, au gré des jours qui passeraient avec une certaine nonchalence.
Mais bien sûr, je ne veux pas passer à côté de belles années de ma vie, qui vont peut-être, qui vont CERTAINEMENT venir me voir.
Alors j'ai envie d'avoir moins peur de la fin, oui, mais je veux m'y prendre autrement.
J'aimerais retourner en Inde, c'est vrai, apprendre à avoir moins peur de la mort, c'est une quête très forte dans mon cheminement personnel, dans la légende de mon âme, mais j'ai envie de vivre, j'ai envie de vivre et d'avoir moins peur d'elle.
Collioure m'a fait du bien.
Les paysages étaient gorgés de bleu, j'ai même déniché une petite crique solitaire, non loin de Port Vendres.
Les toiles exhibaient leurs couleurs, dans les rues profondes de ce Sud vermeil.
J'aurais pu faire deux ou trois cents clichés, si je n'avais pas oublié le matin même l'appareil photo.
Des semaines, des mois sont passés dans le coeur, dans la tête, en une seule journée.
Hasards des chemins empruntés, mélancolie, rêverie, langueur au soleil, réflexions et méditations.
J'aimerais tellement me délester de cette peur obsédante de la fin.
Je ne sais pas toujours bien m'y prendre.
J'ai envie d'affronter cette peur, de la vaincre, d'accepter la vie avec son idée, me dire un jour ça finira mais que ça ne m'empêche plus d'avancer, que ça ne me fasse plus mal à la respiration, à la poitrine.
J'ai beaucoup profité de la vie, comme l'on dit, cette semaine. Mais cette frénésie de vie, cette boulimie de couleurs, de senteurs, de pas, doit se calmer, je dois la calmer un peu, j'aime me retourner, j'aime graver les instants beaux, forts, au plus profond de l'âme, et pour cela j'ai besoin de me calmer un peu sur ma boulimie de vie.
J'ai erré dans Montpellier, j'ai volé vers la mer et les sables, j'ai savouré des moments de bien être et de passion, presque, avec des amis, des belles âmes, avec mon Amoureux, j'ai goûté à de magiques plats qui titillent si bien les papilles en éveil.
J'ai été ému jusqu'aux larmes, en regardant un très beau film qui vient de sortir au ciné, j'ai pleuré devant Collioure, que je n'avais guère appréciée la première fois, lointain souvenir, j'ai vécu et filé, je me suis faufilé et les rides marquent un peu plus l'âme.
Tout va trop vite, tout passe vite.
Même les bons moments me laissent un goût de : "et si c'était la dernière fois?" ou, pardon, en moins pessimiste: "c'est quand la prochaine fois?"
Je vis.
Oui.
Mais je ne suis pas tout à fait apaisé en ce moment, pas tout à fait serein.
Il faudra que je fasse une nouvelle séance de shiatsu sans doute d'ici la fin du mois.
Je suis attiré par l'esprit de cette pratique, j'aimerais me laisser aller, m'apaiser, en douceur, en lenteur.
Toujours la douceur, la lenteur. Tout va trop vite en ce moment.
Les bateaux, à Collioure, passaient tout doucement sur le bleu vif de l'eau.
Les coups de pinceaux blancs laissaient des traces toutes molles, à peine esquissées sur les tableaux.
Moi, je veux vivre avec douceur, sérénité, un peu de fougue pour le piment, le rouge, la passion, mais je veux apprendre à vivre en douceur avec l'idée de la mort, je veux apprendre à devenir un indien devant elle, je veux pouvoir me dire: "un jour je serai brûlé et ce n'est pas grave, elle fait partie de la vie, elle viendra quand elle devra venir, mais cela ne m'empêche plus de vivre, je n'ai plus peur."
02:50 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : mort, bleu, initiatique, mer, peinture
09.08.2008
Confidences sur l'oreiller en août
Je vole.
Je suis nu, allongé sur le lit, et je vole.
Je lui susurre des mots doux à l'oreille, au creux de l'oreiller, des mots d'amour, des mots tels que je ne croyais plus savoir, ni pouvoir en dire, et je vole.
Le ciel n'est pas loin, le ciel n'est jamais loin avec lui.
Je veux qu'il soit honnête, je ne suis pas né de la dernière pluie, comme on dit, et je sais aussi qu'il ne faut pas trop de jalousie dans un couple, un peu oui, mais pas trop.
Et puis les petits écarts comme on dit aussi, je sais, je ne les ai jamais beaucoup aimés, je ne veux pas être celui qui est trahi, je ne veux pas être celui qui trahit non plus, mais il faut se rendre à l'évidence, je suis idéaliste mais pas infaillible, je ne veux pas non plus de l'amour parfait, l'amour parfait je l'ai déjà en fait, mais moi, l'amour parfait, c'est pas qu'il soit parfait, infaillible, c'est justement qu'il ait ses petites failles, surtout qu'il soit lui-même.
Je ne veux pas, je ne peux pas l'empêcher d'être libre, je me dis seulement que si nous sommes bien ensemble, les écarts seront rares, seront même inexistants, mais s'il devait y avoir écart, je ne veux pas de malhonnêteté, je sais qu'il est honnête, que je le suis, nous en parlons sur l'oreiller, ce n'est pas un jeu dit-il et je suis d'accord, je ne veux pas d'un homme irréprochable non plus, je veux un homme qui a vécu, et qui vit.
Je ne peux pas, je ne veux pas le changer, je ne suis pas faible, je n'accepte pas un écart par faiblesse, je l'accepte parce qu'il a une signification, je l'accepte parce que je ne peux pas lui interdire quelque chose qui sur le moment précis peut avoir une signification ou une autre, je ne veux surtout pas tout gâcher pour quelques broutilles.
Je suis nu, allongé sur le lit, et il me fait planer, voler.
C'est la première fois que je vole aussi haut.
Je me sens plus serein, plus soulagé, plus libre aussi.
Je me sens libre d'aimer, tout simplement.
Et enfin libre d'être aimé.
L'oreiller est avide de mots d'amour, lui aussi, ce frais jour d'août où déjà les senteurs de l'automne se font sentir.
Je n'ai plus beaucoup peur de l'automne, je me dis que toutes les saisons sont belles avec lui.
Je voulais avant tout un homme honnête, il est là.
J'espérais un homme amoureux, il m'enchante de promesses, de joies, de parfums de bonheur, il est comme je l'ai imaginé, je n'ai pas peur avec lui, je me sens fort et vivant.
Les dimanches sur l'oreiller sont doux, ils sont parfois torrides, parfois plus câlins, parfois plus tendres, mais toujours amoureux fous.
Les jours des semaines qui passent sans jamais se ressembler sont doux, sont beaux, sont forts.
Les semaines passent elles aussi sans jamais vraiment se ressembler, il y a la confiance, les tonnes de câlins et de bonheur, mais il y a aussi l'épice, le piment, nos idées de petites folies, de petits changements, de petits plaisirs, il n'y a pas la routine qui parfois gâche, il y a toujours cet intense délice de se retrouver, de se réinventer, se surprendre, se confier.
S'aimer.
Moi, je t'aime d'amour, comme j'aimerais inventer des nouveaux mots, des nouveaux oreillers, je me sens proche de toi dans ta confidence, dans nos aveux; nos vérités, tu es mon tout, tout mon or, ce que j'ai de plus précieux au monde.
Les oreillers pourront parler d'un grand amour, tel qu'il n'y en a peut-être plus beaucoup, je ne veux pas ressembler à d'autres, je veux lui, je veux toi, comme tu es comme nous sommes, je veux ta fougue, ta tendresse, tes caresses, tes griffes, je t'aime de plein de manières différentes, tu me fais voler dans le grand, le très grand ciel, tu es mon ciel.
Les oreillers pourront bien rêvasser, se confier, laisser aller leurs langues, ils ont nos parfums, déjà un peu de nos passés et n'ont pas encore tout le merveilleux avenir que je promets à mon amour, et qui me promet, nous promet les délices, les ors.
Amour, laisse-moi m'envoler encore, contre ton corps, ce soir, cette nuit, tous les jours un peu plus...
(Août 2007).
23:55 Publié dans Un an avec mon Bébé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, journal intime, confidence, sexe, fidélité





















































