28.03.2009

Ma verte Normandie.

Ma verte Normandie. Réminiscence. Come back. Comme avant. Avant...
Mon passé. Les prés verts, humides, faiblement éclairés par une lumière calme, douce, presque tranquille.
La maison des grands parents.
Je suis remonté samedi dernier chez mes grands parents. Ca faisait plus de deux ans que je n'y étais pas retourné. D'habitude j'essayais d'y aller au moins deux fois par an, ou au pire, une seule fois, mais là, déjà deux ans et demi pratiquement, que je n'y étais pas allé.
Je me refuse à répéter que le temps passe très vite, mais je n'en pense pas moins et cela ne m'effraie pas moins.
J'ai obtenu une semaine de congès à mon travail, alors que cela ne fait que deux mois que j'ai commencé.
En fait, je les ai obtenus en intervertissant une journée de travail avec un collègue, qui a gentiment accepté.
J'ai été très heureux d'obtenir ces vacances presque improvisées.
J'avais trouvé un excellent prix sur internet, pour monter là-bas. C'est si loin. Si loin et souvent tellement cher. C'est un frein indéniable.
Et puis je ne sais pas, le temps est passé. Les circonstances m'ont à chaque fois empêché d'y retourner. L'an dernier je travaillais l'été, puis j'ai été à la dèche, puis j'ai recherché sans relâche du travail, si possible à plein temps.
Et ça me fait mal au coeur de me dire, de vous dire, de me rendre compte que j'avais déjà, cruellement besoin de ces vacances, au bout de deux mois à peine de CDI.
Quelques soucis de santé sur lesquels je ne m'étends pas gênent ce rythme de travail de nuit, et puis ces derniers temps, j'aimais avoir un rythme régulier. Cela me faisait vraiment du bien (quand je pense qu'avant j'avais un rythme si désorganisé et que cela ne me posait pas le moindre souci!) - je sens que je vieillis quand même, que je fatigue, que ces rythmes ne me conviennent plus et je me pose des questions de plus en plus violentes sur le travail de nuit.
J'ai cru tenir bon au début, parce que j'ai du temps pour me reposer, entre deux sessions de taf. Mais justement. Je suis sans arrêt décalé. Quand je ne travaille pas, je dois tirer sur mon sommeil, pour reprendre un rythme normal, du moins un rythme qui me convient apparemment le mieux. Et puis quand je travaille, j'ai des coups de barre carabinés, des moments où je suis sur le point de tomber dans les vappes. Mais je suis seul, la nuit, à mon hôtel et j'en viens à avoir peur des malaises, qui se font d'ailleurs de plus en plus fréquents, même si, heureusement, ils ne durent généralement pas.
Bref, j'avais BESOIN de ces vacances.
Je n'ai pas pu partir vendredi, comme prévu. J'étais trop fatigué.
Je suis parti samedi.
Et comme souvent, quand je pars, j'ai la mort dans l'âme. J'ai souvent envie de partir, pour me recentrer (c'est mon moyen à moi), mais lorsque survient le moment du départ, cela m'est difficile. Je suis comme un enfant. Je suis impatient de partir, par moments, puis quand vient le départ, je me sens triste.
J'étais mal dans le train, même très mal à un moment. J'ai failli descendre à plusieurs reprises. Et puis, j'ai décidé de tenir bon. De rester à bord.
Et j'ai retrouvé mes grands-parents, le soir.
Et je me suis senti tout de suite beaucoup mieux.
Dimanche et lundi, dimanche en famille et lundi juste tous les trois, m'ont apporté calme et sérénité. Ca m'a fait du bien.
Lundi, j'ai rangé de vieilles affaires, retrouvé de vieux trucs, j'ai revu mon album photo de quand j'étais petit, ma mère qui est partie si tôt. Mon grand père du Sud, celui qui me manque tant aussi et qui est parti trop vite aussi.
Ces deuils me minent.
J'ai pu en parler à ma grand-mère. Ca m'a fait du bien. Mais ça m'a remué tellement.
Et puis est arrivé le moment du départ. Déjà.
Je serais bien resté quelques jours de plus. Pour me poser davantage. Et me reposer encore un peu plus.
Mais j'avais un billet difficile à changer et j'ai décidé sur le coup, de repartir, comme prévu.
Et mercredi, l'angoisse est revenue.
Plus forte encore que les jours d'avant.
Je n'ai pas pu retourner travailler hier soir. Spasmophilie, angoisses terribles, vertiges, nausées, hypertension, puis hypotension.
Aujourd'hui, je pose les choses à plat.
Mon homme qui est parti dans sa belle famille et qui me manque beaucoup ce week end m'en veut de ne pas avoir dit au médecin que je ne voulais pas être en arrêt.
Mais la réalité c'est que j'en ai besoin, moi, de cet arrêt.
J'en ai tellement besoin que je crois que si j'étais retourné au travail hier, j'aurais fait un malaise pire encore. Je crois que ça se serait peut-être mal fini. Je me connais. Ca se serait peut-être fini au samu.
Je ne sais pas. Car je contiens tout, depuis quelques années. Je sens parfois que je vais craquer, mais je ne craque pas vraiment. Faudrait peut-être que je craque pour de bon. Mais je m'interdis. Et puis, depuis la psychanalyse, je sais en général mieux prévenir ces crises.
Trop de deuils. Trop de cauchemars la nuit. Trop de questions, de doutes, de craintes, de peurs, trop d'idéalisme (je connais tellement le soleil et je connais tellement la chute).
Vous, mes Anges, ne savez sans doute jamais vraiment à quel point vous m'êtes essentiels.
Je vous envoie plein de belles pensées, de l'espoir, je m'accroche et m'accroche, inexorablement. Et c'est difficile.

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