09.04.2009
Rêve d'Istanbul. 1
Je commence aujourd'hui une nouvelle catégorie de notes.
Des notes entièrement dédiées au voyage, ou plutôt devrais-je dire au Voyage.
Le voyage pour lequel j'ai sacrifié presque toute mon existence depuis ma révélation intérieure fin 1996, alors que j'étais en pleine crise mystique (mais non pas au sens de religion), que j'étais très attiré par l'Orient, et que je venais de dévorer entre autres, une grande partie de l'oeuvre de Hermann HESSE!
Mais je reviendrai à tout cela plus tard.
Je veux parler du voyage, car il a hanté ma vie, et je n'oublie d'ailleurs pas que ce blog était intitulé au départ "vertiges, voyages", en référence à un poème que j'avais écrit dans le temps...
J'ai parfois brûlé au nom du voyage, j'ai claqué tant de sous et fait tellement de folies, j'ai sacrifié permis, meubles, matériel et tellement de choses au nom de lui et pourquoi? Parce que je pense, inexorablement, que lorsque je voyage, je me sens bien. Libre. Moi-même. Et tout cela est lié.
Quelque part en voyage, je me sens avec des ailes, c'est-à-dire au fond de mon coeur, en harmonie, en paix avec moi-même.
C'est tellement pour ça que je pars et pars sans relâche. J'ai toujours besoin de me recentrer, de repartir en quête de moi-même.
Je ne dis pas que la quête n'existe pas lorsque je ne pars pas, mais j'éprouve beaucoup plus de difficultés à me recentrer, lorsque le quotidien m'inonde, je ne sais pas toujours le gérer, même si je me suis mis voilà plus d'un an au shiatsu, qui me convient mieux que la sophrologie.
Cela fera d'ailleurs l'objet d'une note future.
Aujourd'hui, j'ai envie de parler de mon premier vrai voyage.
Oh certes, j'avais bien fait quelques tentatives de voyages à droite et à gauche avant celui-là, mais j'ai pour habitude de considérer mon premier vrai, grand et beau voyage celui que j'ai fait en octobre 1997, en Turquie.
C'est pour moi le point de départ de beaucoup de choses, et la conséquence directe de bien des choses aussi.
J'ai construit je crois le début de mon histoire personnelle, en tant qu'homme qui ne veut plus se mentir, là-bas, à ma chère Istanbul.
Istanbul où curieusement je me suis senti chez moi dès le premier jour - et même d'ailleurs bien avant que j'y mette les pieds.
C'était en octobre. Il faisait frais. Frais mais un soleil magnifique. Je me sentais incroyablement serein, confiant, non pas en l'avenir, mais ces questions ne m'importaient plus, je me sentais seulement bien, prêt à aller au bout de mes rêves.
C'était en 1997. Année en 7. J'aime bien ces années-là en général.
97 a été d'ailleurs sans doute ma plus belle année, la plus limpide, celle où je me sentais le plus en harmonie avec moi-même.
C'était l'époque des "plages d'Orient", recueil de poésies que j'avais écrit dans l'année, l'époque des rêves d'Orient, des lectures orientalisantes, bref de ce très vif intérêt qui n'a jamais cessé de grandir en moi pour tout ce qui concerne les philosophies de l'intime.
Rupture avec mon passé où l'on m'inculquait plutôt la sagesse, la raison etc.
Rupture qui ne s'est pas faite sans choc brutal et viscéral.
J'en parlerai peut-être un jour.
Mais 97 était l'année de l'acceptation. Je ne voulais plus jouer de jeu, plus être un autre, seulement partir à la recherche de ce que je suis vraiment...
Oops vaste programme - et complexe!
Infini, sans doute.
Je suis parti en Turquie, donc après quelques premières tentatives infructueuses.
Je ne sais plus si c'est la deuxième ou la troisième fois qui fut la bonne, mais je suis parti un beau jour d'octobre, alors qu'octobre avait toujours été jusqu'à lors un sale mois.
J'ai payé mon voyage à crédit (je me traîne ces crédits depuis ce temps-là, ah délicat sujet, ces crédits mer... et pourtant je n'oublie pas toutes les merveilles que j'ai pu faire avec, alors!) car je n'avais pas le moindre sou.
C'était l'époque où je fraudais parfois dans les trains, pour me retrouver Dieu sait où, au nom du voyage, de la liberté de la quête.
Mais voilà. L'avion, je ne pouvais pas frauder lol !
J'ai donc pris un séjour moitié à Istanbul, moitié en Cappadoce, en agence de voyage.
Je suis parti de Paris. J'habitais Rouen à l'époque (où je me sentais si bien, malgré le temps !)
Et me voilà ainsi un beau jour d'octobre dans l'avion qui m'avait valu tant de cauchemars (j'ai la frousse dans les avions!! - dommage pour un voyageur...)
La jeune femme qui était à deux sièges de moi, je me souviens, m'a proposé spontanément de tenir la main de son mari, qui était à côté de moi!
C'est dire si je devais être blême!
Et en effet, j'étais terrifié.
Mais le mari était beau gosse lol et j'en ai bien profité.
Il avait d'ailleurs une main rassurante, dans mon souvenir...
Et nous voilà prêts à décoller...
J'arrête ce récit pour cette nuit, mes yeux ne suivent plus et une dure nuit de travail m'attend encore dans mon hôtel...
Je vais rêver tout à l'heure, lorsque l'heure de la pause sera venue, à ma chère Istanbul.
Que Dieu -s'il existe, veille sur Toi...
00:31 Publié dans Souvenirs de voyage. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





















































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