29.06.2008

L'insomnie a quelque chose de doux, de rude, de mélancolique...

Trente deux ans aujourd'hui.
Je n'ai pas vu cette année passer. Tout comme la précédente, et la précédente, et la précédente...
A ceci près que j'ai l'impression que tout s'accélère.
J'aimerais connaître la date de ma mort.
Si je savais que j'allais mourir bientôt, je partirais en Inde, une nouvelle fois. Une ultime fois. J'y emmènerais mon amour, je lui dirais encore plein de mots d'amour, jusqu'à épuisement, j'irais me recueillir seul à Varanasi, une ou deux fois, j'essayerais de me préparer à son idée, à son silence, son irrévocable silence.
Je baignerais dans des huiles de massages parfumées et envoûtantes, je contemplerais les soirs roses au dessus des temples du Rajasthan, je retournerais une dernière fois pleurer à Agra.
Pleurer d'émotion, pleurer de douleur, pleurer de bonheur.
Puis je reviendrais de nouveau vers mon amour, dans une chambre luxueuse de Delhi, le combler de mots de passion et le couvrir de roses rouges...
Mais comme je ne la sais pas, cette maudite date qui me hante tant, je continue. Je continue et je fais comme tout le monde, je fais du mieux que je peux.
J'essaye de profiter de chaque instant et j'essaye de vivre comme si je n'étais pas mortel, du moins pas pour l'instant.
Mais qu'importe! Vain que je suis! Je sais bien qu'un jour, il me faudra l'affronter!
Je n'y peux rien.
Je me sens seul, tellement démuni.
Pourtant, je sais que je ne suis pas seul. L'amour, les preuves d'amitié au quotidien, les couchers de soleil, me donnent tellement de bonheur, tellement de douceur.
Mais j'ai en moi un mélange de couleurs, d'odeurs. Je sens le parfum âpre de la douleur et je suis pourtant tellement sensible à la douceur, à la joie, au bleu.
Les jours bleus de cette fin juin sont un bonheur pour moi.
Puissent-ils continuer tout l'été!
Les parfums de l'eau de mer bousculent mon âme, les reflets du soleil sur le sable d'or parfument mes journées.
Je suis si bien au bord de l'eau.
Je suis si bien lorsque je pense encore à mes voyages, vertiges...
Je repense à une lune pleine, tellement belle, un soir de Maurice, au bord d'une piscine illuminée.
Je repense à des mots d'amour, des mots doux, des mots insouciants, au bord d'une autre piscine, en Grèce.
Je repense à toutes ces nuits de douleur, de spasmophilie, je repense aussi à toutes ces nuits d'ivresse, d'innocence, je pense aux vents chauds de Méditerranée.
Je me souviens dans ce film que j'avais tant aimé: "American Beauty", à un moment l'un des personnages dit: "il y a tant de beauté dans le monde que c'en est parfois intolérable"...
Tant de beauté. Et tant de douleur.
Ma vie est offerte à ces deux fléaus.
Tôt déjà, j'ai connu la douleur, avoir mal à l'âme à en crever.
Tôt pourtant, j'ai vu toute la beauté du monde.
Je crains parfois que ma tête n'explose, je ne sais pas toujours dire, je ne sais pas toujours faire bien.
Je voudrais, mais...
J'ai besoin de tellement de marques d'affection. Pour ne pas sombrer...
Et pourtant même si je sombrais, je ne pourrais jamais oublier toute cette fichue beauté.
Alors que faire, que dire?
S'il n'était pas là, je partirais loin.
Mais comme je ne sais rien de ce qui m'attend dans le futur, je vis, du moins, j'essaye.
J'essaye de ne pas me laisser submerger par les crises de spasmo qui parfois veulent monter, mais je les stoppe à temps. Pour l'instant.
J'essaye de ne pas me laisser envahir par trop de beauté cruelle.
J'essaye d'écouter le vent, ses murmures, ce qu'il me dit.
J'essaye de me laisser aller à m'apaiser, le long des soirs roses des bords de mer.
J'essaye de me souvenir de toutes les fois où l'amour du bleu, comme à Hyères où m'a emmené mon amour en ce début de semaine, m'a porté, m'a donné, m'a fait vivre plus fort.
Trente deux ans, et parfois l'impression d'en avoir trente de plus.
Je pleure ma mère, mon grand-père.
Et ces autres membres de la famille qui m'ont fait tant de mal , je les pleure aussi.
L'âme n'est pas vraiment à la fête et pourtant j'aimerais m'étourdir, chanter, danser, savourer chaque instant.
L'âme n'est pas vraiment à la fête et pourtant je la ferai peut-être et demain tout ira sans doute mieux.
L'insomnie comme souvent, comme ces nuits passées à pleurer le long de la Méditerranée à Nice, jadis, a un goût amer, doux, rude et mélancolique à la fois. Elle est comme moi, elle sait que tout se mélange, tout s'est mélangé, tout se mélangera encore.
Je rêve d'une nuit longue, douce, réparatrice.
Je rêve d'un souffle de lune, juste un peu plus chaud que d'habitude...

18.01.2008

Bleu Var

J'ai erré le long des bleus de la côte varoise, j'ai erré le long des sables de janvier, j'ai aéré mon âme et mon corps, dansé parmi les pensées; flotté dans l'air doux des jours où le soleil réchauffe les coeurs et les peaux.
Le Var avait retrouvé ses rayons et ses lumières, il avait retrouvé ses couleurs, ses odeurs.
J'ai erré parmi les vagues de l'âme, j'ai vogué parmi les sons des flots des jours de mistral.
Le ciel aurait pu crier tellement ses bleus semblaient vouloir sortir de leurs orbites.
Les jets de lumières étaient puissants comme dans un tableau de Nicolas de Staël.
J'ai médité le long des eaux savantes, des eaux apaisantes, des eaux bavardes, des eaux coquines.
Ma vie est très jolie comme elle est.
Je suis un bout d'homme, peu face à la grande mer et ma pensée était adoucie par les assauts de ce soleil qui se prenait déjà pour une veille de printemps.
Les bateaux n'étaient pas loin des bords, aujourd'hui, jour de grand vent.
La saison était encore presque morte, et c'est elle qui rend parfois nos coeurs tellement vivants.
On se promène, on songe, on fait le point, se remémore des tas de choses, des bribes de discussions, de sentiments, légers comme le vent, on refait le monde puis on essaye de l'accepter comme il est, surtout on essaye de s'accepter comme l'on est, mais on n'oublie pas tout à fait que l'on fait tout ça pour continuer à se sentir VIVANT.
Incroyablement et presque miraculeusement vivant.
Car la vie est toujours un miracle et où il y a de la vie, il y a un océan de possibles harmonies.
Je voudrais tant que ces possibles harmonies puissent devenir harmonies tout court chez mes semblables, dans les âmes.
J'ai de la chance, j'ai eu tant et tant de bonheur.
Je voudrais... j'ai envie de jeter des bouquets de roses par les fenêtres et qui voudra bien les récupèrera.
J'ai envie de dire l'innocence des regards des tout petits enfants.
J'ai envie de peindre les ciels roses des soirs qui coulent sur mes joues.
Les voiles de brume qui parent nos visages, les après-midi où le gris revient, sont aussi des lumières, des contrastes, des preuves de nos maigres existences.
Mais tant qu'il y a de l'amour...

J'ai envie de donner au vent des mots tendres, des mots doux, des mots gais.
Il les emmènera où il veut, le brave, il les bercera s'il le souhaite, il les jettera à la figure de qui il voudra, moi je ne veux pas cesser d'écrire, pour ne pas cesser de vivre.

18.12.2007

Par un jour de décembre...

Il fait froid, très froid.
J'ai rejoint le Sud, mon cher sud, depuis presque trois mois déjà.
Pas ou très peu le temps d'écrire et tout particulièrement d'écrire sur mon blog.
Des questions de plus en plus pressantes quant à ce mot seul: blog.
Des questions comme toujours face à la vie.
Des blessures, comme souvent.
Et des rayons de soleil, forts, très forts, heureusement.
Merci pour les petits mots que j'ai reçus, je ne perds pas espoir de reprendre et de poursuivre ce blog...
Un nouveau travail depuis notre arrivée ici, un travail qui me fait poser beaucoup de questions, comme souvent.
Des choses intéressantes, puis des choses que j'aimerais qui se passent autrement.
Je suis têtu et ne perds pas l'objectif de mes rêves.
Mais j'en demande peut-être trop.
Du moins où me conduira le fait d'en demander toujours trop?
Eh bien peut-être au bonheur absolu.
J'ai demandé trop en amour, et aujourd'hui à force de patience, de temps et d'échecs, je vis le bonheur qui me ressemble enfin, celui dont j'ai toujours rêvé.
A quand le même bonheur dans mon travail et ma vie sur tous les domaines?
Je suis fatigué en ce moment, comme souvent, un comme souvent de plus.
Mais j'ai l'amour.
C'est mon rayon de soleil.
Qui me réchauffe de la neige qui colle à la pelouse de notre jardin, depuis déjà quelques jours.

Je vous fais des bises, jaunes, rouges, mauves, bleues, je ne perds pas espoir de reprendre l'écriture, et ce blog.
Peu à peu, je vais m'y remettre.
Merci à tous ceux qui me soutiennent. Du fond du coeur.

Olivier.

04.08.2007

Les mimosas qui ne poussent pas.

Je voudrais écrire un texte intéressant, un peu comme ceux que fait Pierre-Yves.
Parler des oiseaux, du mimosa qui ne pousse pas en août, du lit que V. aurait pu me faire à la belle étoile (mais qu'il n'a pas fait), ce soir.
Au lieu de ça, j'ai droit à novembre en août, la pluie qui ne bat pas les vitres ce soir, mais qu'importe je n'ai pas besoin des sons, je la devine aisément, je la sens comme si elle claquait contre les parois de mon coeur, il fait nuit et la nuit c'est bien connu les chats sont gris.
Je rectifie. Ils sont noirs.
Hier soir, je l'ai pris ce p... de train pour la Rochelle.
Ca ne m'a pas donné de grandes lumières.
Juste un petit coup de folie le soir, au moment de le prendre, l'ivresse de se dire qu'on est encore libre de voler un soir où l'on doit aller travailler, mais ce travail me rend fou, tout comme tous les travaux actuellement, je ne sais pas ce que je vais faire, j'en ai marre de l'hôtellerie, j'en ai marre des salaires minables, j'en ai marre des horaires de nuit, mais seulement voilà, je ne sais pas vraiment faire grand chose, moi, hormis le con dans des hôtels.
Non, sur l'ïle de Ré, c'était vraiment bien. Mais je n'ai pas pu y rester, car cela faisait trop loin de chez moi, chez nous.
J'espère un jour retrouver une place similaire, dans un rayon plus proche de la maison, ou de là où nous habiterons peut-être plus tard.

Je voudrais écrire sur l'Inde, sur Tori Amos, sur les pluies torrentielles du mois de juillet, mais rien ne me vient vraiment à l'esprit, j'ai seulement envie d'écrire pour écrire, pour ne pas sombrer dans le sommeil, ou bien même peut-être pour y sombrer, justement, dans le sommeil.

La porte de l'océan cette nuit ne m'a pas délivré de message escompté.
Juste que je suis un peu plus perdu que d'habitude.
Juste que je suis un peu plus heureux que d'habitude.
Mais le bonheur, moi, que voulez-vous, ça me rend inquiet, ça me rend perdu.
C'est agréable de dormir près d'une fenêtre ouverte sur la mer, sur les sons des vagues, sur les couleurs de la lune tiède et moite dansant, voguant, dans la nuit.
C'est agréable et j'aurais dû retourner ce soir là-bas.
Puisque je ne travaille pas. Puisque je ne vois pas trop quoi faire d'autre. Puisque si ce n'est plus aussi génial qu'avant, les escapades solitaires, ce n'est pas trop mal quand même, puisque je me retrouve seul ici à me morfondre devant le miroir sans éclat de mon âme (j'ai râté le dernier train pour rentrer à la maison).
Puisqu'ils m'ont dit qu'ils n'auraient pas besoin de moi ce soir, que je n'ai qu'à me reposer.
Me reposer...

Me reposer de quoi? de trop de bonheur? du mal que ça me fait lorsque je retombe dans ce quotidien fade et maussade, dans cette ville morbide et vide de N...
Je me sens seul ce soir, et ce n'est pas de la bonne solitude.
Je le dis toujours, ça fait du bien d'être seul de temps en temps, mais là, rien à faire, pas envie d'être seul, pas choisi d'être seul.
La vie est bizarre.
Je ne sais pas bien dans quel navire je navigue.
J'ai envie de péter les plombs parfois, de m'enfermer dans une chambre d'hôpital, mais ça ne sert à rien, ça ne donne rien, j'ai envie de crier à ce père idiot et fermé que je n'en peux plus de vivre sans lui, sans sa putain d'acceptation à la con (il ne m'acceptera jamais comme je suis), j'ai envie de dire merde à tous ces hôtelliers qui m'ont volé tant de nuits et tant d'argent, j'ai envie de ne plus m'inquiéter, en amour comme dans ma vie de tous les jours, j'ai envie d'oublier tous ces faiseurs d'amour, d'amitié, ou de je ne sais plus trop quoi qui m'ont fait des bleus de partout , j'ai envie que ceux que j'aime soient heureux et j'ai envie de croire encore qu'il peut y avoir des vies pleines de bleu.
Le bleu, je l'ai vu, c'est justement bien ça le problème dit Vanessa Paradis dans "la fille sur le pont" au sujet de l'amour, si ça n'était pas aussi bon elle n'en serait pas là aujourd'hui et moi si je n'étais pas camé au bleu, je m'en déferais bien plus facilement.
J'accepterais bien plus aisément le gris, les novembre en août, les mimosas qui ne poussent pas à N.

22.07.2007

Le train pour la Rochelle.

Je voudrais prendre un train pour la Rochelle, m'enfuir et ne pas aller à ce travail qui ne m'apporte pas grand chose, bon, certes, je le sous-estime peut-être un peu, mais je n'ai pas envie ce soir de le revaloriser, j'ai plutôt envie de creuser dans mes émotions, dans mon ressenti.

Je voudrais prendre un train pour la Rochelle, rêver de Lui, de sa peau, qu'elle me manque, j'ai envie de doucement rêver de ses parfums, ses courbes, ses silences, ses effusions, j'ai envie qu'il me manque un peu, mais sereinement, j'ai envie de me dire je le retrouve bientôt, j'ai envie de ne plus avoir peur qu'il me laisse, qu'il me quitte, qu'il m'abandonne, comme je le crains encore trop, beaucoup trop, j'ai envie de me dire les jours prochains seront roses, j'ai envie de me dire je vais me laisser aller, je ne donne pas tous mes instants pour lui, je ne donne pas tout mon jardin secret pour lui, je voudrais rêver de lui à la Rochelle, apaisé, devant l'océan, garder un peu pour moi ces douces sensations et ne pas lui en parler.

Je voudrais prendre un train pour la Rochelle, justement parce que ce soir, je travaille, je voudrais être encore fou, libre, inconscient, je voudrais encore brûler, sentir les ailes dans mes bras, parcourir mes envies, mes caprices, goûter au poison de l'interdit, vivre une vie totalement esclave des sens, de l'intuition. Je ne veux pas vivre dans le temps qu'ils veulent m'imposer.

Je voudrais prendre un train pour la Rochelle, goûter aux premiers frissons de l'obscurité, celle qui tombe en douceur, en magie, pas celle que je redoute, une nuit de plus dans un canapé mal foutu, le dos en compote, ou bien quand je me lève je dois ranger du linge, préparer des petits-déjeuners, me mettre entre parenthèses. Mais les parenthèses, c'est l'argent qui fait vivre, à ce qu'on dit, putain d'argent!

Je voudrais prendre un train pour la Rochelle, et que sais-je demain foutre le camp pour Etretat? Je ne pense pas partir bien longtemps, l'Homme, le Feu me manquent trop mais lorsque je reviendrai, je sentirai le frisson délicieux d'être parti à l'aventure, parti méditer, parti profiter des joies d'une solitude éphémère, bienfaitrice, me poser un peu, me calmer, reprendre des ressources pour affronter mes presque inévitables peurs prochaines, me dire oui, que pour une fois, je pourrais bien ne plus en avoir aucune.

Je voudrais prendre un train pour la Rochelle, plutôt que sentir en moi cette odeur de pourri, de flétri, de prisons, de coeur serré, de spasmophilie qui ne craque pas, ce ciel noir qui ne veut pas pisser, plutôt que sentir en moi ce goût de mort qui rôde, ce parfum macabre et angoissant, cette peur violente et insolente de l'abandon, l'amour, la mort.

Je voudrais prendre un train pour la Rochelle, comme je l'ai déjà fait parfois,
je voudrais prendre un train pour la Rochelle, mais bien sûr, je ne le ferai pas.

18.05.2007

IL

L'idée m'est venue d'un livre (très beau) que je lis en ce moment: "Le petit galopin de nos corps" de Yves Navarre.
Joseph décrit son amour Roland et vice-verça.
Ceux qui veulent se lancer dans la description de la personne qu'ils aiment, ou tout simplement d'une personne qu'ils aiment, leurs, vos messages sont les bienvenus.
Je les attends avec impatience.
Pour ma part, aujourd'hui, et après une longue absence sur ce blog, dûe essentiellement à mon travail très prenant, j'ai envie de parler de IL.
Mon Il, mon île.
Un des poèmes du "Bouquet de glycines" se termine par:
"mais mon île je la garderai pour mon Il".
Pressentais-je déjà sa présence, son arrivée? La désirais-je à ce point ardemment, sa venue?
Je le cherchais du fond de mon coeur depuis tellement longtemps.
Je l'attendais sans plus y croire, sans plus oser y croire, moi qui l'ai tellement cru, tellement attendu, tellement espéré.
Mon amour, mon bel, mon merveilleux amour.
Celui dont je rêvais, celui qui saurait, tout en demeurant lui-même, m'offrir tout ce dont je rêve tout ce qui me fait fondre?
J'espérais tant quelqu'un qui m'accepte spontanément comme je suis.
Pas de réprimande, pas de reproche, pas de dispute, pas de "mais tu devrais" ou "mais tu ne devrais pas".
Mais fais ce qu'il te plaît; ce qui est de toi.
Mon amour, je t'accepterai comme tu es du plus profond de ton âme.
Et je t'aime tant et tellement comme tu te présentes, nu, devant moi.
Et tu m'aimes comme je suis, comme je n'ai plus peur d'être, enfin, c'est une magique délivrance.
Une osmose telle que je craignais encore l'envier, la désirer.
Je me laisse aller, j'ai envie de me laisser aller, parfois coquin, parfois serein, parfois fou, souvent câlin, tendre, passionné.
Me laisser aller dans ses bras, son infini de tendresse, son manteau de douceur, de feu.
Sa neige de romantisme, son ciel dans ses yeux, sa bouche de petites folies, de sensualité et de caresses.

Il est très beau, juste fait pour mes rêves.
Je rêvais un homme au regard dans lequel je pourrais me plonger en de multitudes moments d'infini.
Je rêvais de ses yeux, de toutes les couleurs en une, de facettes différentes, de faisceaux lumineux mouvants avec les couleurs des cieux.
Un miroir, un reflet de son âme.
Une promesse de câlin pourpre, de fantasme, de parfums, ah je le regarderais des heures et des heures durant.
Sa bouche, rouge et juste dessinée pour mes lèvres, je ne sais pas si elle est faite pour mes lèvres, mais celles-ci s'accordent et se mêlent si bien.
Les poésies, les rugueurs d'autres parties de son corps, que je ne décrirai pas pour préserver cette si belle intimité, cette si unique sensation qu'aujourd'hui je la touche, je la frôle, je la bois, je la berce, je la danse...
Ses cheveux de soie, sa douceur et sa force, sa fragilité là quelque part je la sens, il me la dévoile un peu, j'aime ces moments, je veux être pour lui source de mots, de confessions, d'ivresses, d'aveux en tous genres.
Il me fait être Homme, tous les hommes à la fois, je n'oublie pas ce vieux rêve et ce mythe si beau et si fort d'être tous les hommes à la fois, tantôt romantique, tantôt plus cru, mais toujours moi.
Il a compris mon recueil de poèmes, il a senti toute la souffrance qui planait qui suintait derrière l'apparence assez crue, parfois même sauvage du poids des mots/maux.
Il m'a senti, m'a découvert plus au fond au pincement de mon âme.
Il a senti le sang et la folle envie de donner, d'aimer vraiment, de me délivrer.
Il me délivre.
Je me laisse aller.
C'est ce que je retiens.
Il me dit de me laisser aller, non, plus encore, il me laisse le faire, me donner à lui, en douceur, en retenue, en timidité et soudain plus en avant, plus en profondeur, plus en fougue.
Il a les courbes, les contours, les essences du prince dont je rêvais, il me donne pour la première fois depuis des mois (ou des années) envie de parler de nouveau de prince, sauf que lui, il en est vraiment Un.
Il ne part pas, il ne me laisse pas, il ne me repousse pas quand je déborde de tendresse, il ne me dit pas "Olivier tu en fais trop".

Il m'a offert ce lundi, jour de magie comme tous les jours sont de magie grâce à lui, comme il sait si bien (quel est son secret?) rendre chaque jour magique, un chemin de pétales de roses, de lumières et de petits mots, à terre au sol, pour mieux s'élever dans la salle à manger, vers un immense bouquet de roses rouges et blanches, notre dualité, passion et innocence, fougue et douceur, violence et délicatesse, et un mot, plus grand, plus immense encore, là, au centre, qui semblait s'élever vers le ciel; oui un mot qu'il m'est impossible désormais d'oublier, le plus joli cadeau, le plus beau rêve que l'on ne m'a jamais offert.

Oui, j'explose de romantisme de nouveau, j'ouvre mon coeur de nouveau, et j'ai tellement l'impression étrange que c'est la toute toute première fois.

14.03.2007

La chaise.

Je ne sais pas d'où me vient ce besoin violent de parler de ce que je ressens.
Je préviens mon gentil lecteur que ce message risque de ne pas être facile à lire.
Je ne veux forcer personne à me lire, si vous n'avez pas envie de lire ce message, pas de souci, je le comprends tout à fait, rendez-vous donc sur une page plus enjouée, moins introspective.
On m'a dit que mon livre "Om" était parfois difficile à lire, car j'aborde des sujets délicats et je vais loin aussi dans la recherche sur moi-même.
Une obsession, il est vrai, chez moi.
Je laisse seulement les touches gambader, je ne sais pas si c'est bien, je ne sais même pas si un jour je saurai m'arrêter, je ne sais pas souvent ce qui va être écrit, avant même de l'écrire.
Qui me connaît vraiment?
Me connais-je moi-même vraiment?
D'où me vient cette obsédante idée de vouloir toujours à tout prix bien me connaître, aller plus loin dans l'authenticité, la recherche?
Je ne sais pas si je suis adapté à cette vie.
Où puis-je me confesser?
Je tente la confession sur mon blog.
Je verrai bien.
Certains vont trouver ça stupide et d'autres, peut-être en seront touchés.
Il y a des moments où comme celui-ci je ne vais pas bien, pas bien du tout.
Il y a des moments où je sens encore en moi une souffrance presque insoutenable.
Elle m'empêche de respirer correctement.
Je la sens de partout, jusque dans le froid glacial de mes veines, jusque dans un tourbillon qui ressemble à un genre de folie, mais de folie consciente.
Je suis quelqu'un qui m'envole parfois jusqu'au rêve, jusqu'aux étoiles (que j'étais bien, mon Dieu, ce week end avec V... sur la Dune du Pilat - rarement j'ai été aussi bien avec quelqu'un, aussi en harmonie) mais les harmonies, je le sais, ne durent pas, et quelques jours plus tard à peine, je me sens au bord du gouffre.
Peut-être (et même sûrement), c'est tout mon paradoxe, demain ça ira mieux.
J'ai les deux en moi. La souffrance et la joie.
Les deux se mélangent en moi de façon étrange, exacerbée, paradoxale me disent certaines personnes, et pourtant pas si paradoxale que ça, car je sens de plus en plus souvent qu'elles sont liées.
Mon désir incroyable de vie a été exacerbé par le sentiment de la perte, l'abandon, la mort qui guette, qui rôde.
J'ai voulu vivre.
J'ai vécu.
Et dix ans, après?...
Comment vais-je vivre maintenant?
J'ai eu une révélation intérieure il y a dix ans, qui m'a permis de vivre un crédo de vie entre vingt et trente balais. Et j'en ai été parfois très très heureux.
J'attends une nouvelle révélation intérieure qui me guidera pour ces prochaines années, si elles doivent avoir lieu.
Je sais, je sens en moi que je ne puis plus vivre de la même façon qu'avant. Pourquoi? je ne saurais le dire exactement. Toujours est-il que ça doit changer.

Par moments, j'ai envie de partir, partir vraiment, au bout du monde s'il le faut, au gré du vent, au gré des envies, des intuitions, un long voyage, celui que j'ai toujours rêvé, celui qui me hante, celui que je n'ai pourtant JAMAIS vraiment réalisé.
Un voyage initiatique, qui s'achèverait quand je le déciderais vraiment, quand je me sentirais prêt à revenir.

L'amour me fait peur. Il m'envole et me paralyse à la fois. Tout va trop vite.
J'ai fait peur à des hommes, à cause de mes excès, mon excès de sentiments, mes envolées, mes coups de blues aussi, sans doute, et il y a de quoi.
Mais d'autres hommes aussi, m'ont fait peur. Ils m'ont étouffé, ont voulu me faire aller trop vite.
J'ai tant de peurs en moi, le sexe, l'abandon, la tendresse, la fragilité, les boulimies de forces intérieures à d'autres moments, les envies de soulever des montagnes, les envies parfois de rester au lit pendant une semaine, la peur du manque, la peur de la Chute, la séduction, les aveux, l'excès des aveux...
Et moi, c'est bizarre, mais j'ai envie d'aller vite par moments, et à d'autres moments d'aller beaucoup plus doucement.
J'ai énormément besoin de tendresse.
Mais pas que ça.
Mais j'ai envie de me sentir rassuré, confiant, en sécurité.
Ca, je le sais, ça se construit sur le temps, la durée.
Or, tout va trop vite.
Tout va si vite et n'est que vaste illusion.
Ce week end je ne l'ai pas rêvé, non, mais aujourd'hui je me sens tout autre. J'ai besoin d'être seul, et en même temps besoin de sentir la présence, la compréhension, la patience de V..., or je le sais, je ne puis demander tout ça au bout de quelques semaines...
Je ne sais même pas si j'ai envie de vivre de nouveau un amour conventionnel, j'ai envie de me sentir libre, libre et aimé à la fois, mais ça, CA, c'est si dur...
Si dur à gérer, si dur à comprendre, si dur à vivre, si dur à s'y tenir, si dur à le faire comprendre à l'Autre...

Et puis quoi? je vais partir, encore partir? et encore repousser la reprise du travail? et puis quoi? le travail est-il aussi une fin en soi, un but? et puis quoi, est-ce que je ne suis pas fait pour vivre cette ultime folie, pour me sentir libéré enfin de cette peur absurde de la fin, de la mort?
Y a t-il une vie qui vaut mieux qu'une autre?
Tous les chemins sont possibles.
Tous les destins peuvent se tracer.
Qu'est-ce qui me dit que je ne préfère pas vivre une vie courte mais folle, intense, démesurée?
Je voudrais seulement être libéré de cette angoisse morbide de la mort.

Je ne sais pas comment faire?
Aller à Varanasi?
Oui, et quand je ressens une angoisse allant jusqu'à de violentes crises de spasmophilie comme lundi dernier, je me dis, je me rends compte de la triste réalité, EN SUIS-JE SEULEMENT CAPABLE?

Je suis une éponge aussi, m'a t-on dit.
Je m'attache terriblement aux gens.
Ca ne m'empêche pas (au contraire) d'être très attaché à ma liberté individuelle, à ma recherche introspective et continuelle de mon chemin, celui qui est le mien et non pas un autre.

Comment combiner toutes ces personnalités.
Voilà l'objet de mon étude dans le cadre de la psychanalyse (entre autres).
Vouloir tout et son contraire...
Se sentir en accord avec soi, malgré toutes les pulsions contraires...
Et j'en passe.

Le sentiment que je ne suis parfois pas loin du tout de la falaise.
Le sentiment que tout ça est tellement absurde.
Le sentiment que tout ça, toutes ces notions de vie, sont tellement liées à celles de mort.
(Le Psychanalyste me dit toujours qu'une Mère, lorsqu'elle donne la Vie, donne aussi la Mort)...

Mother...
(Mon père aussi, me manque).
J'écoute en boucle cette chanson.
Il y a aussi une folie, quelque chose qui vibre fort, qui violente, en cette chanson.
Moi, j'ai envie d'écrire: "I can't remember where I go from"...
Pourtant, il y a du vent, des héliantes et aussi de la pierre, sans doute à la base. (Je suis fils du vent et de la pierre, de la fleur et du désert...)
Je suis un chercheur, je suis un égaré.
Je crois bien qu'il y a un genre de folie en moi.
Je crois bien que je suis content de le reconnaître.
Mais c'est si difficile à dire, à vivre...
La peur des verdicts, sans arrêt. Les verdicts de cancer, les verdicts de plein de choses, les verdicts d'abandon, que ce soit moi qui dois annoncer l'abandon, ou que l'on m'annonce l'abandon...
Je ne conçois pas vraiment l'abandon. Je voudrais que toujours l'ami existe... de quelque forme que ce soit, mais qu'il existe... voilà pourquoi j'écris sur le blog. Je me confesse. Mais j'ai tant besoin de sentir que d'autres sont là, on est tous dans la même galère, dans la même belle histoire en même temps, cette fameuse histoire aux deux facettes, cette histoire de la vie.
Cette chose que l'on peut décomposer éternellement en deux camps, la mère, le père, le masculin, le féminin, la folie, la raison, l'amour, la haine, la souffrance, la joie, le sexe, les sentiments, la liberté, l'asservissement, etc, etc...
Toutes ces choses, pour moi, sont liées.

Il me reste seulement une question: COMMENT les vivre, ensemble?

19.02.2007

Mensonge et trahison.

(...) "Il pleut sur les pavés de Paris...
Et je me rends seulement compte que je suis encore en vie...
Il pleut sur les pavés de cette foutue ville en rêve,
Et je me noie dans le souvenir de ses lèvres,

Reviens à moi, Paris, Paname, mon âme,
Reviens à toi et emmène moi le long des quais
Stupides et inertes, comme les gouttes qui claquent ta peine
Oublie ce qui n'est plus jamais ton été, mon aimé...

Toi, Paname, Paris, folie
Tu n'es plus qu'un vague souvenir après coup, après quoi
Je m'en vais de moi-même, je reviendrai pourtant encore mille fois
Et tu me dis vous, aujourd'hui

Je suis à toi et à moi le parfait inconnu sans trame
Sans ficelle, sans légende, sans parfum obscurité
Les gouttes claquent encore et frappent le sol, des coups d'épées,
Mon âme, amour, enfui, enfoui, secret, sauvage, là tellement bohème...

Je t'aime. "

19 février 2007. J'avais pourtant bien dit que je n'écrirais plus de poèmes!...

medium_paris_la_nuit_brassai1.2.jpg


C'est bizarre, cette sensation que j'ai.
La sensation qu'il pleut, alors qu'il ne pleut pas.
J'imagine la pluie qui bat, qui frappe sur les sols gris de la ville endormie, noyée ou je ne sais pas quoi. Disparue peut-être. Parfois j'imagine la ville sous l'eau, noyée, disparue, mais moi je suis au deuxième étage.
Je contemple ça, la noyade autour de moi, mais je ne me noie pas.
Il vaudrait mieux parfois que ce soit le contraire.
Mais la pluie ne bat pas, elle ne frappe pas le sol.
Tout est calme, si calme.
Il n'y a que le bruit des touches qui pianotent dans la nuit et ça me semble faire un vacarme épouvantable, mais la nuit se charge bien de tout transformer, les bruits, les émotions, les peurs, les espoirs.
Je me suis surpris à être jaloux ce soir.
Je me suis surpris à faire ce que j'aime pas, ce que j'aime plus et bla bla bla et bla bla bla...
J'ai fini le livre de Justine Lévy, j'ai pris trois-quart de cachet ce soir, j'ai maugré contre Sarko, j'ai déblatéré contre un pauvre bogoss qui m'a rien fait mais que je trouve mieux que moi, je me suis senti seul, incroyablement seul, j'ai détesté mon père en sachant bien que c'est pas vrai et j'ai écouté presque à en crever Maktav, Michal (poignant album qui malheureusement passe pour l'instant beaucoup trop inaperçu, inoubliable concert au Déjazet)...puis Grand Corps Malade.
Je me suis surpris à pleurer ce soir, en lisant le blog de Kitty, en lisant le chapitre 10 de son extraordinaire Dégel... Mouais, je me suis mis à avoir envie d'aimer, de nouveau, terriblement.
Et bla bla...
Je ne sais pas ce que j'ai à dire, puis à vouloir tout et son contraire. Je ne fais pas exprès, je ne reprends pas les termes d'un autre blog, d'autres personnes, mais c'est vrai, cinq minutes je pense ci et cinq minutes après je pense ça.
Pourtant je ne pense pas être perdu, je ne pense même pas ne plus savoir où j'en suis.
Mais au diable mes grands préceptes et au diable mes pseudo-connaissances de moi-même etc., je suis contradictoire, complémentaire, me dit le Psychanalyste, je l'ai déjà écrit, oui enfin, je suis des contradictions, des foules de contradictions, des n'importe quoi comme dirait Michal, des foules d'instants qui se succèdent et qui veulent tout, son contraire, n'importe quoi, pourvu que ce soit futile, léger ou même intense, profond.
Pourvu que ça sente encore la vie, bordel, pourvu que ça sente encore l'émoi, que ça sente quelque chose, le vide, l'absence, le sperme, les larmes, les lueurs ou même l'obscurité.
Je vis comme je suis, comme un inconnu, un pêcheur, un amoureux, un solidaire, un égoïste, un patient impatient, un con, un naïf, un homme peut-être, en ébauche, en ébauche.

Mais je sens encore ces bouffées de vie, cette pluie qui ne bat pas le sol, alors je me dis que mon coeur n'est pas tout à fait endormi, qu'il n'est pas tout à fait sourd.

Je ne vous ai pas parlé de V..., peu importe, je ne vous ai pas parlé de E... peu importe (plus encore!), je ne vous ai pas parlé de mes recherches d'emploi, je ne vous ai pas parlé de ces voyages que je ne suis plus sûr d'avoir envie de faire, là, dans l'immédiat, et qui pourtant sont devenus un peu comme une drogue, je ne vous ai pas parlé de ces hauts-le-coeur, là, comme ça, peu importe, c'est pas grave.
C'est pas grave.
Ce sera pour une autre fois, ou peut-être même jamais, ce n'est pas forcément plus mal.
Vous me connaissez un peu maintenant, je dis tout et son contraire, j'aime tout et son contraire, je déteste tout et son contraire.
Je me contente maintenant de vivre comme je peux, avec mes rêves, avec mes étoiles, avec mes blessures, avec mes enfers.
Vous êtes beaucoup pour moi.

Ca, je ne dirai jamais le contraire.

31.01.2007

Besoin de partir

J'ai besoin de partir.
Besoin de partir quelques jours.
Je suis à bout, fatigué, déprimé, tout me pèse.
J'ai fait de mon mieux pour aller de l'avant et j'espère sincèrement un jour prochain pouvoir aller réellement de l'avant, mais c'est encore trop tôt, trop frais, trop bouillant.
Je veux revoir la mer.
Je veux être seul, au calme.
Penser à tout ça, penser à rien, me laisser me balader au gré du vent, au gré de l'eau.
Ecouter les puissances du vent et longer des plages solitaires et fraîches de février.
Je voulais vous dire un merci, un merci très fort pour être là, me soutenir, me soutenir sans juger, merci de croire encore en moi.

J'ai besoin de partir.
Regarder les étoiles.
Me demander quelles places elles ont encore dans ma vie, quelles places elles pourront / pourraient bien encore avoir.
Je veux écouter le bruit de l'eau, les roulements des vagues, les vagues à l'âme, me reposer, me ressourcer, réfléchir à tout ça, rebondir, m'élancer de nouveau vers cette quête bizarre et absurde qu'est la vie, la recherche de soi.
Les épreuves.
Elles font sans doute réfléchir.
Mais j'ai tant envie de paix, de calme, d'amour.

Mais d'amour au sens amour calme, serein, BEAU, tendre, doux, vrai (pour moi), libre, tranquille.
Un amour / Des amours qui n'empêche(nt) pas d'être soi, de faire tout ce que l'on aime, ce que l'on est, qui n'empêche(nt) pas de réaliser la quête vers sa propre vérité intérieure, celle du coeur, celle qui conduit au seul essai de la nature que nous sommes chacun, unique.

Il y a tellement de belles choses dans la vie.
Il y a surtout vous, mes amis (mes amours), mes lumières.

28.01.2007

Le déni

J'ai obtenu ma réponse. De façon brutale.
Voilà les quelques mots du Psychanalyste, quand je lui ai annoncé que c'était fini. Que je ne voulais plus jamais le revoir. Qu'il m'avait enfermé, puis frappé, puis je me suis enfui dans le froid glacial de cette nuit de jeudi à vendredi, en chaussettes, jean et tee-shirt, dans cette posture ridicule, le bas du visage ensanglanté.
De façon brutale.
Tout a été brutal, rapide, net, précis, définitif.
Je n'épiloguerai pas, par égard pour lui.
Il souffre, c'est un fait, et je ne veux pas en rajouter.
De moi à moi?...
J'ai obtenu ma réponse brutale.
C'est fini.
C'est comme ça.
C'est la vie, à ce qu'on dit, à ce qu'ils disent, à ce que j'ai déjà dit.
Ce n'est guère satisfaisant, ça fout un point d'interrogation terrible sur quatre mois presque pleins, des tonnes d'espoir, de souffrances aussi, mais surtout d'affection, de tendresse, de rêves, de quelque chose qui ressemblait fort à partager...
Quelque chose qu'il y avait pourtant entre nous, quelque chose qu'il y avait dans ses yeux, qui me rappellait violemment et tendrement quelque chose qu'il y a dans mes yeux, ces yeux que j'avais appris enfin à regarder dans le miroir, depuis quelques temps.
Je ne sais plus comment tout cela a commencé.
Je souhaite un jour oublier comment tout cela a fini.
Cette nuit glaciale de janvier.
Moi aussi, je déteste de plus en plus le froid.
Et même la neige, je l'ai dit, ne réchauffe plus mon coeur.
Mais je vis. Je suis là. Je me dis que je vais avancer de nouveau.
Je vais retrouver mes bonnes vieilles habitudes, celles qui m'ont tant manqué, mais celles aussi contre lesquelles je cherchais à me défendre enfin un peu.
Je voulais connaître autre chose, essayer autre chose.
Il n'a jamais compris que j'avais besoin d'autres choses, d'autres choses que lui, mais que j'avais besoin de lui.
Ce n'est pas incompatible.
Mais ça, il ne l'a pas compris.
Et ça, il s'est battu contre.
Il a essayé, je le sais.
Mais il n'a pas pu.
Et de quelle façon, mon Dieu!
J'en reste étourdi, étonné, déçu, désorienté.
Mais je sais encore où la boussole indique le sud.
Moi je me tourne vers le sud, vers le soleil, vers la chaleur.
Chacun son trip.
Je montre, j'expulse les mots, je déborde.
Je ne m'empêche pas.
Je ne m'empêche plus.

Les étoiles, on ne les force pas à briller, pas plus que l'on ne peut changer un être.
Les étoiles, on ne les fait pas briller, comme ça, sur un coup de gueule, de sifflet, ou de poing.
Les étoiles, on ne les invente pas dans six mois, un an, une tonne de patience.
Les étoiles, elles étaient déjà un peu dans nos coeurs.
Les étoiles, on a cherché tant de fois à me les enlever des yeux.
Les étoiles, plus que jamais sont gravées dans mon coeur, dans mes rêves, mes espoirs, mes envies de présent et d'avenir, coûte que coûte.
Les étoiles sont la seule chose qui nous fasse vivre, rêver, avancer, espérer encore.

Les étoiles, je m'en vais de nouveau à leur quête, je m'en vais de nouveau à leur course.

Je sais que je lui ai fait mal quand je lui ai dit que je voulais partir quelques jours.
Je sais que je fais souvent mal quand je parle de mes désirs de fuite, de voyage, d'initiatique, de parcours intérieurs, de rêve dérangé, de folie orangée...
Je sais que je fais mal quand j