17.10.2006
Mon Prince Noir
Mon beau Prince est venu à Caen… Il est venu me chercher, me délivrer, jusqu’au pied de la Tour Leroy. Il m’a emmené à la mer, presque spontanément, n’ayant de seul petit doute que pour exploser l’émotion, peut-être une fine peur de sa part que je ne veuille plus ?…
Les notes musicales de la voiture tombent rapidement sur ‘ Love Profusion ’ , un titre que je ne savais pas encore si mon Prince aimait. Ca faisait des jours que je mourrais d’envie de le lui demander.
D’écouter cette chanson avec Lui…
Ah là là… On chante ensemble. Il sourit. Quoi ?… est-ce que je chante mal ? (rires).
Tout s’est passé comme dans mon conte de fées…
Et puis puis-je l’admettre ? Dois-je l’admettre ?
Tout s’est passé de manière encore plus belle, encore plus merveilleuse que dans mon conte de fées…
On n’a pas été si mal à l’aise que j’aurais pu l’imaginer.
Mon Prince est arrivé, il portait un habit de lumière qui dansait et vacillait autour de Lui… Je l’ai Reconnu, avant même que je ne le voie. C’est mon seul homme, c’est mon seul amour qui m’a déjà fait 'craquer' trois fois déjà, outre les millions d’autres fois - je pense à ces trois coups de foudre bien plus brutaux que jamais, bien plus fous et décisifs que jamais, bien plus exacerbés et démultipliés que dans mes rêves d’infini…
La première fois lors de notre rencontre sur le net, version moderne de mon conte de fées (on m’avait dit : " vis avec ton temps ! "), mais… rencontre sur quel forum !
Rencontre avec quels cœurs, quelles sensibilités, quels rêves, quels espoirs… quels frissons…
Prince devin, prince impulsif parfois, intuitif dans ces nuits de lunes mobiles qui savent si bien nous entourer, nous prendre dans ses bras multiples et langoureux…
Car ce Prince-là savait quelles émotions me parcouraient, me malmenaient, me violentaient… A chaque mot commencé, il donnait les maux suivant, la Suite que comporte toute relation magique en elle dès le début… le début ? vaste point d’interrogation !
Y a t-il eu un début mon Prince, ou bien t’ai-je toujours connu, à force de t’avoir espéré et attendu ?… A moins que tu ne viennes de l’Au-delà, d’une vie antérieure, ou seulement… d’une autre vie de mon inconscient ?…
Splendide Prince noir qui se retournait toujours, comme pour voir si j’étais derrière, j’ai détourné la tête loin de toi, à l’extrême opposé… Visage à 180 degrés du Tien… Tu ne m’as pas vu,… tel que je l’avais souhaité. Ma volonté contre la tienne. J’ai préféré que tu attendes, que tu fasses durer cette attente. Pourquoi ? Je te l’ai dit dès notre premier échange de paroles en direct, quelques minutes, quelques océans plus tard… Tu me connais… Je voulais que tu viennes jusqu’au pied de ma tour me chercher.
Mais quelle panique !
De te voir arriver, de te voir partir, de te voir revenir…
Après, la seconde rencontre avec ton incroyable photo que tu m’envoyais un jour de février, après tant de doutes et de peurs…
Mon Amour, que m’avais-tu fait là ? Pourquoi croyais-tu tant ne pas pouvoir me plaire ?
Ton front incroyablement élargi et prolongé par ce soleil aveuglant qui en avait pris possession, Maître en ses lieux… Comment pouvais-je l’oublier ? … Comment pourrais-je l’oublier ?
Ce foutu regard noir… qui prenait possession de mon âme et devait la faire chavirer. Je n’ai plus de principes mon nuage noir et bleu…
Mais que disais-je ? Je m’égare.
Je m’égare comme à chaque fois que je me laisse à parler de Toi, pêcheur de pierres et de vents…
Je disais, car je sais, car je sens, comme je me sens fou de tes nimbes, Oiseau bleu, que j’ai pris peur.
Peur de ton incroyable et insaisissable beauté, de cette incroyable certitude que c’était Toi, une fois de plus… et de cette force plus violente encore qui me submerge… et me submergera un peu plus encore chaque jour, Prince toxique…
Tu es donc revenu. Tu m’as vu cette fois. Tu m’as souri. Tu me fais la bise spontanément. Je redoutais que tu me serres la main. Mon Prince, je suis fou… Mais tu le sais depuis toujours et tu me le dis presque chaque jour, que nous passions des heures interminables sur nos écrans, à la fois si chaleureux et tellement glacials… ou bien le jour, ce jour où nous nous rencontrons, comme une x-ième rencontre et pourtant tellement pour la première fois… face à face, visage à visage, courage à courage… et tellement incapables maintenant de ne pas avoir le courage de se rencontrer.
Mon Prince, tu arrêtes la voiture au bord de la mer, parée de mille feux de couleurs, dues à ce soleil presque trop parfait pour la Normandie, presque trop parfait pour mes rêves les plus audacieux.
Même dans ta façon de reprendre trois fois le rond-point, tu me séduis ; tu me combles. J’ai l’intuition du bon chemin depuis le début, mais je préfère te laisser attendre le troisième tour pour rien pour te parler un peu…
Du moment que tu me fais tourner, je ne suis pas contre, tu sais bien.
Le vent est glacial. Conditions idéales (clin d’œil).
J’avais rêvé un beau soleil, pour la nuit étoilée qui suivrait, et pour ce qui précèderait cette nuit.
J’avais rêvé un vent froid pour que l’on puisse se blottir d’un cœur encore plus impatient…
Mon Prince, tu n’avais pas l’air contre, depuis le début.
Mais quelque chose me faisait un peu peur d’y croire trop vite, d’y céder trop rapidement…
Nous avons marché alors, marché et marché sur la plage, nous avons pris des chemins contradictoires, nous sommes revenus sur nos pas, sommes repartis, revenus…
Je crois qu’on a foulé presque toutes les courbes de sable tracées par cette immense plage.
Les couleurs devenaient de plus en plus exagérées, à force que mes paroles un peu vaines s’estompaient. Paroles vaines, mais paroles qui nous avaient tant rapprochés dès le premier Jour.
Prince, liras-tu ces mots ? Je ne le sais. C’est peut-être un peu trop pour toi - mais ce n’est jamais trop pour moi.
Tu feras ce qui te plaira. On verra bien, comme je te le dis si souvent… On a beaucoup marché. Presque jusqu’à l’envie de ne plus marcher.
Et pourtant on a encore marché un long moment, histoire de se dire encore quelques choses, histoire de rien, histoire de prolonger, histoire de … trouver un endroit pour s’asseoir.
Mon Prince, tu avais l’air de moins en moins contre.
Et pourtant, osais-je y croire ?
Ton regard noir, si chavirant, si transpercé quelquefois, si perçant bien souvent, était à ce moment-là presque imperméable.
Que pouvais-je y lire ? Ce que j’avais envie d’y voir ? Ou seulement mes peurs les plus viscérales que tu ne veuilles pas ?…
Et pourtant, on s’est bien assis, un peu loin au début l’un de l’autre, et brusquement plus proches, beaucoup plus tard.
Tout semblait inévitable, comme coulant de source, mû par un instinct impossible à maîtriser que tout se déclenchait, comme poussés toujours plus inexorablement l’un vers l’autre.
Mon Prince… Je n’ai presque plus de force ; revivre cet instant magique d’éternité avec Toi… c’est presque trop.
Et je reste pourtant encore un peu là, un peu las, mais je continue. Je continue inlassablement.
Je rêve d’ailleurs de continuer toujours…
Garçon ensanglanté, qui vient de si loin, je n’ai pas parlé de ce sublime coucher de soleil…
J’avais vécu et revécu cette scène dans mes yeux de rêve…
Mais jamais à tes côtés… vraiment.
Tu m’as donné Tout à cet instant : ce soleil rouge et cet éternel ciel qui l’aidait à descendre petit à petit…
Et on s’est assis de l’autre côté des cabanons, après avoir longtemps cherché un endroit sans trop de vent, histoire que le froid ne soit pas froid au point de paralyser nos gestes, ou même seulement les tromper…
Mon Ange, devant le soleil je t’ai encore conté une petite histoire d’un ton sérieux. L’occasion inespérée de voir tes yeux encore plus profonds, plus noirs et plus immenses (intenses) et touchants que jamais…
Je crois que tu étais avec moi à ces moments-là… que nous partagions des miroirs, même si ceux-ci ne se sont pas toujours croisés aux mêmes instants de nos vies décalées, et pourtant parfois de façon tellement déroutante, si proches…
Mon Enfer, tu m’as ouvert ton passé comme jamais tu ne l’avais fait, derrière les cabines…
Je voudrais tout savoir de toi, parle-moi, je serai patient…
Je n’ai cessé de t’écouter un instant, dédoublé entièrement par l’émotion que me donnaient tes confidences et aussi le plaisir ressenti à t’écouter enfin un peu et que tu te livres enfin un peu…
Mon cœur, je t’ai proposé d’écouter quelques musiques… quelques chansons de notre sublime Christophe, qui devait de quelque part veiller, je suis sûr, sur nous. Je n’oubliais pas un instant ses phrases de la veille, si rassurantes, si pleines de bon augure.
Je n’oubliais pas un instant qu’il pensait à nous, à ce moment-là, comme les étoiles veillent.
Tu as aimé ces musiques que tu ne connaissais pas toutes.
Pff… écouter "le cœur de Baudelaire" , "Requiem", "la berceuse à l’Etoile" avec Toi…
‘écrire’ est passée sur mon walkman, alors qu’elle n’est jamais passée jusqu’ici sur ce walkman qui pour cette fois-ci donc, n’ était pas maudit.
Et tu chantes "la la la…" (me feras-tu de la mousse dans le bain ? - cf Zazie.)
"Peur" n’est pas passée. Elle ne devait pas passer. Elle t’aurait peut-être donné encore plus peur à ce moment-là.
On s’est rapprochés… Puis, on s’est rapprochés tellement fort que, après tous ces regards du coin de l’œil, à se surveiller, à penser tantôt à ce qu’évoquait la musique, tantôt à l’Autre… j’ai fini, par presque naturellement malgré tout ce temps écoulé : prendre… ta Main.
Mon Âme, tu as pris ce geste et l’a fait tien.
Quelle douceur incroyable avait ta main. Je n’en ai jamais caressé de si douce, de si tendre…
Tu es un homme beau, fort et viril… mais l’invraisemblable douceur de ta main ajoute à ton charme multiple, ton charme unique et si extraordinaire.
Tu ne l’as pas enlevée…
Et c’est moi qui pose ma tête sur ton épaule…
Je ne sais plus ce qu’on écoutait, Michal, mais bientôt je laissais tomber l’écouteur et toi, dans un geste que j’ai adoré, un peu plus tard, en as fait de même…
Mais il a fallu que je te demande la phrase stupide, la phrase qu’il n’aurait peut-être pas fallu sortir à ce moment-là, mais après tout - qu’en sais-je ?
Je t’ai dit : " ça te gêne ? "
Tu m’as répondu 'non'. C’est ce que je retiendrai. Même si le 'mais' devait entraîner quelques mots, quelques reculs, quelques précautions. Tu dis qu’il n’y aura jamais d’histoire entre nous… que tu n’en as pas envie, que tu n’es pas sûr d’assumer, que ça ne vient pas de moi… Même s’il existe déjà une Histoire entre nous, selon… tes propres dires…
Tout dans tes gestes, dans tes paroles sont tellement de Toi…
Et sont tellement ce qui me touche, me déroute, me perturbe !
J’accepte et j’ai peur d’accepter, j’accepte et quelque part sais tellement que c’est dur.
Mais pourtant le monde ne s’écroule pas autour de moi.
Ce moment d’explication est assez curieusement, plutôt doux.
Je regarde le Ciel. Les étoiles naissantes ne basculent pas vraiment. Je me sens tellement prêt à céder à ta façon de nous aimer… Je me sens prêt à glisser n’importe où dans n’importe quelle circonstance avec Toi.
Je ne sais pas où ça me mènera et je te le dis à ce moment-là, mais je sais seulement que je t’aime plus que tout et plus que je ne souhaite que ton bonheur, même si celui-ci devait un jour un peu m’éloigner de Toi…
Les choses ne sont pas toujours aussi simples, mon étoile.
Tu me combles déjà, voilà tout.
Tu es mon plus joli cadeau, celui que je célèbre chaque jour que Dieu ou je ne sais qui me donne en plus…
Je lui dis merci pour tous les jours merveilleux qu’il m’offre à te connaître.
Pas un jour, pas une seconde, même quand tu recules, même quand tu t’es éloigné, pas un instant je ne cesse de prier que ces petites étoiles dont je t’ai tant parlé, puissent veiller sur ton soleil.
Ah la la… Prince, que c’est dur et bon à la fois de t’aimer…
Je ne sais pas ce qui nous a pris.
Après ces quelques explications qui auraient pu me briser, ou qui auraient pu seulement nous éloigner un peu ce soir-là et te faire devenir plus distant… nos lèvres de plus en plus proches, les angles qui les séparaient se faisant et se défaisant… elles se sentaient inexplicablement attirées, comme l’image que l’on se fait des aimants.
Je rejoue la scène. Je les éloigne un peu brusquement des tiennes, mais non, je ne rêve pas et oui, le rêve s’habille bien de réalité… elles se cherchent, elles s’attirent. Je ne puis plus résister, ma Douleur et mon Bonheur, elles se touchent.
Tu es là à ma bouche et je suis là aussi. Sensation encore beaucoup plus violente à mesure que j’y repense, à mesure que les heures s’écoulent (s’écroulent)…
Est-il possible de décrire un tel moment ?
Mon Prince, vous rendez-vous compte ? Nous nous embrassons !
Je perds la mémoire, je suis comme un adolescent à qui ça arrive pour la première fois, je ne me sens pas pareil avec Toi, et pourtant tellement moi… C’est étrange à expliquer.
Comme si j’avais toujours voulu ce moment, comme il est arrivé là, avec le poids et les influences de mon passé, et cet incroyable présent qui me fait devenir chaque moment un peu plus encore en accord avec moi-même…
Tu es tous les hommes que j’ai aimés avant à la fois et même bien plus encore.
En tous cas, tous les hommes que j’ai aimés m’ont peu à peu conduit vers Toi…
Je t’aime.
Je ne te l’ai pas dit à ces instants-là. Je ne me suis pas complètement lâché. Tu en aurais peut-être été effrayé… Ou peut-être pas. Qui sait ? Comme tu aimes bien me dire.
Peu importe, voilà la vraie raison : ça s’est passé comme ça entre nous et c’était pas plus mal ! lol ! (ce 'lol' qui t’est si cher, il fallait bien que je le place quelque part dans mon récit…)
Mon Amour, a commencé alors une série de baisers tantôt les plus doux, tantôt les plus impatients, tantôt les plus prudents, tantôt les plus tellement on aime à chaque fois qu’on aime…
Un mélange de choses, une incapacité de réfléchir, pas envie de réfléchir ! Un Tout, un tout qui te place au rang de roi, mon Prince Charmant.
Tu te débrouilles bien, à vrai dire. Plusieurs fois je me dis est-ce que c’est vraiment la première fois qu’il embrasse un garçon ?
Ma prunelle droite, tu as failli t’emporter à certains moments…
Ma prunelle gauche, j’ai bien failli m’emporter à certains moments…
On ne l’a pas fait. Et j’en suis heureux. Tu me réponds ce que j’attendais : "et pour toi… et pour moi…" ; dans quel sens les mettre, ces pronoms ?
Le miroir l’emporte.
Les baisers et caresses prennent le dessus. Et je n’en suis que plus comblé. Je ne cesse de te demander si tu vas bien, et tu me réponds toujours oui, même si parfois je te sens un peu perturbé. Je sais que c’est difficile pour toi quelque part, et je te le dis à ce moment-là . Je sais à quel point tu as souffert.
Je ne comprends pas comment les gens ont pu te faire autant de mal, toi, que je n’imagine pas ne pas pouvoir être aimé…
Une fois même, quand nous faisions je ne sais plus quoi, moi un peu gauche, toi me regardant du coin de l’œil ou bien moi te regardant à mon tour et toi détournant alors le regard (tu me dis après que quand je fermais les yeux, tu me regardais, et quand je les rouvrais, c’est toi qui les fermais).
On s’est retournés ; on s’est regardés, et, exactement au même moment, nos deux voix se sont confondues en se disant l’une à l’autre : " ça va ? "…
Mon cœur, je te remercie tellement de tes attentions, si charmantes, si émouvantes.
A un moment même, on s’emporte un peu. Je m’assois sur un de tes genoux, ton genou droit et je vais et viens sur ton genou.
Ange plus que démon à ce moment magique, je ressens à quel point tout pourrait être si parfait, si bon ensemble…
Mais il me faut arrêter à un moment de l’histoire. Histoire que l’on se manque un peu, histoire qu’il en manque un peu, histoire que j’en garde un peu pour moi.
Dégrafer un peu ta chemise, chat dangereux…
Te déposer des baisers par-dessus, un doigt au dessous de ta chemise. Je sens parfois ton désir et te fais poser la main sur le mien.
Je lèche ton doigt. Tu lèches le mien à ton tour…
" Veux-tu que je te fasse découvrir d’autres talents que j’ai ? "
Phrase présomptueuse, mais seulement en apparence. L’amour a pris le dessus, et pourtant je ne pense pas pouvoir avoir de tabou avec toi. Mais ce soir est trop tôt et je le sens comme tu le sens, ô combien j’aime ta douceur, ta prudence, ta patience… tout se fait comme dans mes rêves les plus romantiques.
Jusqu’où saurai-je attendre que tu pousses les limites ?
Tu es un oiseau bleu, dans un ciel sombre, une âme un peu infernale, combien de fois rêverai-je de ta morsure dans mon cou ?…
Passion bizarre, étoile de mille scintillements étranges, virevolte et virevolte autour de mon pouls, soif de tes baisers envenimés et tout aussi doux, aspire mes lèvres, prolonge la nuit, perturbe mes désirs…
On se relève après un ultime effort. Il faut que tu rentres.
En un sens, ça m’arrange.
Je ne sais pas vers où cela aurait pu continuer ce soir-là et je sais bien que tu n’es pas prêt, que nous ne sommes pas prêts.
" Je ne suis pas là pour ça " me dis-tu.
En moi-même je ne puis m’empêcher de me demander pourquoi tu es là. Es-tu heureux ? Es-tu seulement content ? Mon chéri, je m’en vais te conter des histoires farfelues faites de sangs et de petits cailloux bleus, de meurtrissures et de plaies doucement effacées…
J’insiste pour qu’on longe une dernière fois la plage presque glaciale. Pour que tout soit parfait (et oui, j'ai mes défauts ! lol) - mais avec beaucoup d’impulsion, je te prends la main, alors que nous marchons devant la mer impassible.
C’est comme dans ton rêve à toi aussi, te souviens-tu ?…
Je regarde le ciel. Tout est là. Toujours. La lune veille et les étoiles brillent. Tout le monde est à sa place. Il me semble pourtant parfois que je marche sur des nuages (je profite à fond, car le pire, c’est peut-être que c’est la seule et dernière fois que nous nous voyons).
On dévie. Je ne sais lequel de nous deux provoque cette déviation, mais on dévie. Et je te le fais remarquer.
Trop heureux et éperdu pour risquer la moindre faille, je te laisse reprendre donc le chemin de la voiture, toujours main dans la main…
Comme tu es grand ! Tu trouves que je suis plus grand que toi, et pourtant je me sens le plus petit.
Dans la voiture, je suis bien.
Mais je ne suis plus aussi bavard.
Ta voix change. Tu parles plus que moi. Tu as l’air assez guilleret, et je n’ose pas trop y croire.
Tu as l’air assez désinvolte, de bonne humeur.
J’aime bien. Tu m’impressionnes un peu, mais ça va. Tu es charmant. Décidément, tout te va ; l’air sérieux, l’air grave, l’air tendre, l’air fun. Moi, j’aime bien. Moi, je prends tout.
Et le plus terrible, c’est que je crois que tu le sais. Pauvre de moi…
(rires).
Ok pour rentrer. Puisqu’il le faut. Un peu plus tard, après une courte hésitation (acceptera t-il, hors contexte de la plage ?), je pose ma main sur ton genou.
Le droit toujours. Décidément, j’ai une attirance prononcée pour celui-ci en particulier, on dirait. A ma grande surprise, ça ne semble pas te gêner. Par plusieurs fois même, tu poses ta main sur la mienne, et là je sens combien ces instants sont privilégiés.
J’essaye d’en profiter le plus possible, ne sachant pas s’il me sera donné de les revivre.
Mais bon, je ne pense pas trop à tout ça, je suis trop heureux de tous ces moments-là, rien qu’à nous. Toi et moi.
J’ai bien envie de te dire que je t’… dans de tels moments, mais parfois le silence exprime bien plus de choses.
Alors je me tais, je savoure, je te laisse conduire d’une seule main, sourire, ou parler un peu.
Je laisse tout se faire, tout se continuer…
Et il faut bien que la voiture s’arrête à Caen.
Je ne parviens pas à descendre au feu vert où il n’y a personne derrière. Il passe au rouge. Mais toujours pas de réaction. Je m’arrange pour qu’il repasse au vert et cette fois, nous sommes bien obligés d’avancer, puisqu’il y a quelqu’un derrière…
Tu me déposes sur un bas-côté où tu trouves une place, comme on ferait un peu plus avec les Amants.
Je ne sais pas ce qui arrive. Je n’arrive plus à m’en aller.
Je suis totalement sous l’emprise du charme de tes yeux.
J’ai envie de te murmurer une foule de choses, je n’y parviens que par bribes. J’ai une nouvelle fois l’impression que je suis l’acteur de mon propre film, de mon propre rêve. Tu joues si bien le rôle.
J’ai du mal à exprimer mes émotions : elles sont beaucoup plus belles que mes mots. Je sors un " je t’aime vraiment " tout à fait maladroit, comme si je pouvais t’aimer 'pas vraiment' !
Le comble.
Les gens passent, mon Prince. Tu ne sembles pas effarouché.
Au contraire. J’adore ce moment. Tu dis que tu aimes bien mon regard. J’ai l’impression qu’à ce moment précis, tu te fous des gens qui passent.
Et on s’embrasse. Et ça recommence. J’ai du mal à ne pas en redemander. Tu sais, comme on se l'est dit et comme je l’ai ressenti tout au long de ce début de nuit tout joli, tu es le même que sur le net. Je ressens les mêmes émotions. Tu es fidèle à toi-même (jusqu’au lol), écran ou pas écran.
C’est incroyable, comme si à présent je pouvais être tout à fait sûr aux yeux du monde entier (comme j’en étais toujours sûr) que je n’avais pas inventé ou idéalisé ces émotions virtuelles.
' A place called home' avec Toi… et ‘mad world'…
Tu veux vraiment me faire mourir ?
On n’a pas grand chose à se proposer. Juste d’être là l’un pour l’autre, et c’est déjà pas mal. En toutes circonstances.
Non, ce n’est pas mal du tout. On se manque déjà, je crois.
Tu me manques déjà.
" Le temps fera le reste, je suppose ", me dis-tu…
A un moment pourtant le miracle se produit - ou se défait un peu - c’est selon. Je sors de la voiture sur 'mad world'.
J’évite de me retourner trop vite, je garde un peu de pudeur par rapport à ce que tu vas penser, quand même !
Mais on se retourne.
Tu te retournes aussi.
Et plusieurs fois.
* Chapitre 14. Mon Prince Noir (à Grégory). Ecrit les 23 et 24 mai 2004 à Lille. Extrait de mon roman initiatique: "OM".
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