26.11.2006
L'introduction au Kama Sutra
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" Lorsque tu m'embrasses, mon chéri, inflige-moi en châtiment tout ce qui produit l'asservissement de cette étreinte."
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" Il y a deux mille ans, sur les ghats brumeux du Gange à Bénarès, le sage Vatsayayana a composé le Kama Sutra, la science de l'amour, dans le cadre de ses devoirs religieux. Le texte original, en sanskrit, contient deux mille deux cent cinquante slokas ou versets.
Un sutra est un aphorisme, le moyen le plus bref d'énoncer un principe. Dans la tradition orale qui prévalait à l'époque, c'était le moyen le plus facile de garder ses connaissances en mémoire.
Au cours des âges, il a été nécessaire de développer ces idées succintes sous forme de commentaires (comme dans le cas de Jayanangala au dixième siècle), commentaires sur lesquels les écrivains ultérieurs s'appuyaient pour donner plus de forme et de dimension à leurs études.
A ce jour, le Kama Sutra demeure l'un des livres les plus importants qui existe - un manuel d'amour classique, un phare dans l'abondante tradition érotique de l'Inde. Il déclare au monde: " Le bonheur et l'égalité sur le plan sexuel est l'apanage de tout être humain."
C'est l'une des plus anciennes tentatives pour définir le caractère sain et bénéfique des relations entre un homme et une femme, et ceci avec une franchise et une candeur désarmantes, sans la moindre trace de culpabilité.
Le Kama Sutra explique comment se comporter lorsqu'on se met à la recherche d'une compagne; il précise tous les moyens qui existent pour parvenir à un épanouissement sexuel tout en s'assurant que sa femme et sa maîtresse restent toutes deux heureuses et comblées.
Il ne faut pas voir dans le Kama Sutra seulement un livre sur ces fameuses "soixante-quatre", une étiquette que l'on a fort injustement attribuée à ce traité à cause du nombre de positions qui y sont décrites. Vatsayayana était conscient de la gravité de sa tâche, et il a écrit: " Cet ouvrage ne doit pas être utilisé uniquement comme un moyen de satisfaire ses désirs. Quelqu'un qui connaît les vrais fondements de cette science, préserve sa vertu (dharma), sa richesse (artha) et ses jouissances sensuelles (kama), et respecte les coutumes de son peuple, est assuré de parvenir à la maîtrise de ses sens.
En bref, une personne intelligente et avisée, se préoccupant correctement du dharma, de l'artha et du kama, sans devenir l'esclave de ses passions, obtiendra le succès dans tout ce qu'elle pourra entreprendre."
Kama, le dieu hindou de l'Amour, ne représente pas seulement les plaisirs sexuels, mais tous ceux émanant des cinq sens, de l'ouïe, de la vue, de l'odorat, du toucher et du goût. Tout ce qui peut plaire à ces derniers est la source d'un bonheur illimité pour l'homme.
C'est pour cette raison, donc, que, sur les sept chapitres d'origine, six concernaient la conduite de l'individu en société.
L'art secret de la sexualité et du ravissement corporel ne peut jamais être séparé des ravissements de l'âme.
Cet ouvrage a pour but de vous aider à percevoir tous les plaisirs du monde qui vous entoure, au cours de l'existence que vous menez sur cette planète si généreuse de richesses et de merveilles en tout genre."
D'après une version française du Kama Sutra, éditée chez Le courrier du livre, que j'avais achetée dans un petit bazar très coloré du Rajasthan.
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24.10.2006
"Le bon Karma" ( par Emmanuel Tellier)
Merci à ma bien chère Steffi de m'avoir fait lire cet article très intéressant, en effet loin des clichés habituels sur l'Inde, ou du moins qui précise certaines notions avec lesquelles l'Occident doit composer aujourd'hui...
Je retranscris cet article d'Emmanuel Tellier (Télérama), ainsi que son interview de Pavan K. Varma ci-dessous.
LE BON KARMA
L'Inde telle qu'elle va, telle qu'elle change, chroniquée et auscultée par un observateur parfois cruel, l'essayiste Pavan K. Varma. Non plus l'Inde des carnets de voyage, ou des films romantiques de Bollywood, mais bien l'énorme nation d'aujourd'hui, truffée de contradictions et de tensions souterraines, mais aussi gonflée d'une énergie de tous les diables. Dans les cercles politiques, Pavan K. Varma (53 ans, diplomate de formation, actuellement directeur du Conseil indien des relations culturelles à New Delhi) s'est fait quelques ennemis en signant ce livre sans concession, plongée méthodique dans le ventre d'un sous-continent disséqué au scalpel - à grands renforts d'exemples précis, de chiffres qui font mouche et d'analyses tranchantes. Un travail passionnant, qui donne à découvrir une Inde étonnante et infiniment complexe, résolument à l'égard des clichés.
Télérama: Dans l'avant-propos de votre essai, vous expliquez avoir voulu peindre un portrait de l'Inde aussi ressemblant et précis que possible. Est-ce vraiment réalisable à l'échelle du sous-continent?
Pavan K. Varma: Une chose est sûre, l'Inde est trop vaste et trop diverse pour qu'on puisse la caractériser de manière globalisante, avec des grilles de lecture classiques. Plus d'un milliard d'habitants, une trentaine d'Etats immenses, des centaines de langues et de dialectes, toutes les religions, et une hiérarchie sociale qui reste marquée par le système des castes: tout cela rend l'Inde unique et complexe. Même pour un Indien! C'est un pays d'autant plus compliqué à comprendre que la réalité y est à la fois transparente et opaque: un grand nombre de jeux sociaux y sont impossibles à capter pour un oeil non averti. Pour un étranger, la compréhension des choses est de surcroît parasitée par la persistance de mythes éculés, des clichés qui ont toujours cours en Occident mais pourraient se désamorcer en quelques secondes.
Télérama: quels sont ces clichés?
Pavan K. Varma: Notre prétendue douceur ou candeur. On dit les Indiens non violents parce que Gandhi a défait les Britanniques grâce à l'ahimsa (non-violence), mais c'est faux.
La violence existe aujourd'hui comme hier, et les tensions sociales sont très fréquentes.
On nous dit spirituels parce que les religions jouent un rôle important dans notre quotidien - et ces croyances, c'est vrai, aident le peuple indien face à l'adversité -, mais là encore, il faut être prudent, faire de chaque Indien un être hautement spirituel serait un raccourci idiot.
Et puis, on nous dit non matérialistes, alors qu'en réalité la grande majorité des Indiens a soif de posséder. Comme partout dans le monde, avoir une télévision, une voiture, un téléphone portable, tout cela fait rêver.
Il suffit de s'intéresser aux dieux hindous pour comprendre que l'aisance matérielle, l'opulence sont des valeurs qui font rêver le peuple indien - bien avant le salut de l'âme! Les dieux hindous ne sont pas des ascètes, loin de là. Certains sont même franchement replets: les divinités les plus importantes Lakshmi et Ganesha sont respectivement déesse de la Renommée, de la Chance, de la Richesse et de la Prospérité, et lui - la divinité à tête d'éléphant -, le dieu de l'Abondance matérielle et du Succès dans le commerce.
Télérama: Pourquoi ces poncifs à propos de l'Inde "spirituelle", non matérialiste, "au-dessus du monde", ont-ils encore cours?
Pavan K. Varma: Peu à peu, l'Inde est devenue victime de la fabrication d'une image, véhiculée par les marchands de rêves, le tourisme, avec la complicité de certains cercles politiques qui ont joué de ces clichés pour asseoir leur pouvoir après l'indépendance (1947).
Se persuader qu'on vit dans un pays pacifique et spirituel, le répéter dans des discours officiels, cela pouvait rassurer... Mais cette distorsion de la réalité n'est plus acceptable.
Il est vital que se développe une plus juste appréciation de l'Inde et du peuple indien, car notre pays va devenir un acteur planétaire majeur. Mieux vaudra nous connaître, nous regarder tels que nous sommes (...)
Dans quelques années, l'Inde sera devenue le deuxième marché de consommation au monde, avec une classe moyenne d'un demi-milliard d'habitants, dotée d'un pouvoir d'achat et d'un appétit énormes.
Quant au rayonnement intellectuel, savez-vous que le nombre de diplômés indiens correspond à la population de la France, près de 60 millions de personnes? Nos diplômés vont voyager, travailler à l'étranger, mais aussi revenir en Inde, ou y rester car le destin national et le bien du pays comptent beaucoup pour ces nouvelles générations. L'Inde est sur le point de décoller, grâce aux jeunes générations et à la force pragmatique de son peuple.
Mais cela ne pourra se faire que si l'Inde ose se regarder en face et vaincre ses vieux démons.
Télérama: Lesquels, prioritairement?
Pavan K. Varma: La place toujours trop grande de la corruption, un fléau terrible.
Vous savez, les Indiens se passionnent pour les questions de pouvoir et de politique.
C'est une excellente chose, car notre démocratie peut se vanter d'être très vivante, très participative.
Les Indiens, même dans les campagnes les plus reculées, aiment tout connaître des rouages, des alliances, savoir "qui tient qui", et comment.
Ils votent en masse, et adorent se disputer sur des sujets de pouvoir - pour rire, on dit souvent que s'il n'y a que deux Indiens dans un même village, alors il y aura là deux partis politiques!
Mais du même coup, obsédés par ces jeux d'influence, nos concitoyens sont capables de rentrer dans des trafics divers pour être du côté des nantis, s'enrichir ou enrichir le puissant ou l'élu.
Or l'Inde est le premier producteur au monde de politiciens et d'élus: nous en avons un million!
Et des centaines de commissions, de bureaux régionaux, donc autant d'endroits où l'on trafique, où le clientélisme est la règle...
Il faut savoir que la tradition hindouiste ne donne pas de définition incontestée du bien et du mal, alors chacun se croit autorisé à s'arranger avec ça, au cas par cas. Les cas de corruption rendus publics provoquent l'indignation publique, mais, dans leur quotidien, les Indiens sont ambivalents au sujet de sa pratique. Une grande partie du désordre indien découle de ces arrangements avec la morale, de ces magouilles petites ou grandes.
Télérama: Vous expliquez que ce désordre permanent pourrait en partie disparaître si l'Inde continue à décoller économiquement et à se moderniser. Mais dans un si vaste pays, un destin commun est-il vraiment possible?Pavan K. Varma: La modernité peut faire reculer la corruption, oui. Avez-vous pensé à l'impact de l'informatique? Il devient nettement plus compliqué de magouiller quand les ordinateurs sont là pour laisser des traces, par exemple.
Quant à la question du désir commun, oui, j'y crois, car l'histoire nous a unis et rendus plus forts.
Qu'est-ce que l'Inde au fond?
Une civilisation qui remonte à la nuit des temps, mais a dû supporter le joug du colonialisme, des siècles de domination étrangère. Vous savez, cette vie sous tutelle laisse forcément des traces psychologiques, même des dizaines d'années après l'indépendance. L'identité indienne a été très affectée par l'expérience du genou à terre.
Au cours du temps, le peuple avait intégré un grand nombre des clichés coloniaux le rabaissant, l'avilissant, et ce n'est sans doute que maintenant, avec les jeunes générations, que le travail de libération et de redéfinition identitaire est en train de s'opérer totalement.
Mais il faudra du temps, car l'histoire continue bien après les dates officielles, elle n'a rien de spontané...
Qu'est-ce qu'un Indien au début du XXIème siècle?
Quels sont ses droits, ses forces, ses faiblesses?
Comment le libérer des séquelles du passé?
Ces questions sont cruciales et me passionnent.
Et il faut du courage à un peuple pour oser se les poser.
Télérama: Il y a deux ans, la sortie de votre livre en Inde a donné lieu à de vives controverses. On vous a reproché d'être trop critique avec le peuple indien, trop direct dans vos formules.
Pavan K. Varma: Oui, alors que je suis aussi tout à fait positif et plein d'espoir sur un certain nombre de nos atouts et de nos valeurs...
Mais reprenons l'exemple de la non-violence: j'ai osé écrire que le choix de Gandhi de revendiquer l'ahimsa - un terme qui n'avait plus été employé depuis trois mille ans - était avant tout un grand acte de stratégie, et non pas une philosophie en soi.
Qui peut oser dire le contraire?
Nous n'avions pas d'armes pour lutter contre les Anglais, de toute façon! Gandhi était juste extrêmement malin!
Et pragmatique!
Mais le peuple indien n'est pas non violent, certainement pas, et tant pis pour l'image idyllique qu'on voudrait exporter ad vitam aeternam. Notre système de castes, qui perdure au plus profond de la société, même s'il est devenu moins visible et moins paralysant pour les basses castes, est l'un des systèmes mondiaux les plus injustes, rigides et violents qui soient.
L'égalitarisme n'est pas du tout inscrit dans les consciences, et ne dépasse pas le stade des discours politiques.
Et les violences conjugales peuvent être absolument terribles.
Or, si les statistiques sont un peu moins affolantes depuis quelque temps, ce n'est pas parce que les hommes ont soudain découvert qu'il était indigne de battre sa femme, mais parce que l'Inde évolue dans son ensemble, et que le progrès social porte ses fruits, de même que le niveau d'éducation des femmes, donc leur position sociale et politique.
L'homme, lui, reste le même, et sa violence est constante.
Alors, bien sûr, écrire sur de tels sujets attire quelques critiques...
Télérama: L'Inde semble en revanche épargnée par les violences entre communautés religieuses.
Pavan K. Varma: A l'arrière des bus et des camions, les chauffeurs écrivent, en lettres colorées, "Vivre et laisser vivre".
Voilà une idée partagée par tous: la coexistence pacifique -notamment entre hindous et musulmans - est partout la règle, et les rares montées de violence entre communautés sont toujours de coutre durée et très localisées.
Cela peut exploser un jour et redevenir calme le lendemain, parce que chacun a un travail à faire, une vie à mener. Et beaucoup d'hindous et de musulmans travaillent ensemble.
Il n'y aura pas de djihad en Inde...
Vous savez, le dernier vainqueur de Pop idol à la télévision indienne était un musulman du Cachemire. Toute l'Inde a voté pour lui, neuf millions de votes par sms!
Télérama: Quelles sont les valeurs indiennes qui vous semblent les plus porteuses d'espoir?
Pavan K. Varma: Les Indiens ont un talent incroyable pour se débrouiller et retomber sur leurs pattes, quoiqu'il arrive. Un mauvais jour sera suivi d'un bon. Rien n'est jamais perdu, ni une situation donnée, ni une machine quand elle tombe en panne. Chaque problème a sa solution. N'importe quel outil peut être transformé en un autre, ou avoir trois fonctions. Partout, en Inde, on voit des roues de vélo transformées en antennes de télé - et pourquoi pas?
Cela peut vous sembler anecdotique, mais si j'ajoute que 60% des plastiques utilisés en Inde sont recyclés (contre seulement 10% en Chine), alors vous comprenez que notre pays, par son pragmatisme acquis au cours des décennies de pénurie, est un champion de l'efficacité et du recyclage, donc un pays qui économise les matières premières et produit plus intelligemment.
Même les familles riches recyclent les emballages cadeau, le papier alluminium. Nous connaissons la valeur des choses...
Sur le plan strictement humain, je voudrais pointer deux autres qualités du peuple indien: il garde toujours l'espoir - même l'habitant d'un bidonville espère que ses enfants réussiront un jour -, et il possède une faculté de résilience incroyable, causée par l'exposition incessante à l'adversité. Cela lui donne une volonté de survivre et une inventivité extraordinaires.
Les Indiens sont très travailleurs, très déterminés à trouver des solutions techniques, des systèmes performants, dans tous les domaines. Pour preuve, son succès dans l'informatique - et en particulier les logiciels - sont flagrants: 40% des 500 plus grandes entreprises informatiques de la planète travaillent étroitement avec l'Inde, et ce filon est devenu un peu l'équivalent du pétrole pour le monde arabe.
Télérama: En même temps, ce pays reste celui au monde qui compte le plus d'analphabètes. On sent que ces paradoxes continuent de vous choquer.
Pavan K. Varma: Oui, mais l'Inde est ainsi, toute en paradoxes, entre modernité galopante et difficultés d'une lourdeur accablante.
La grande question est de savoir si par son essor économique, le pays pourra être aspiré vers le haut ou pas.
Vous savez, l'Inde est la plus grande démocratie du monde, mais sans un véritable tempérament démocratique: plus que l'égalité, ce qui excite l'Indien de la rue, c'est son destin et celui de sa famille, donc l'argent.
Et tant pis pour les autres.
Les valeurs d'abnégation, de partage et d'austérité prônées par Gandhi ont hélas été trahies depuis longtemps.
05:40 Publié dans Incredible India | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.10.2006
Prochainement: qu'y a t-il sous mon sari?... (en construction)
... " Mon coeur, bien sûr!!"
Par Adrien GOMBEAUD (Match du Monde).
Voir aussi mes liens: à propos de... l'Inde.
Là où les autres costumes nationaux survivent au mieux comme habit de cérémonie, au pire comme panoplie folklorique, le sari indien est un vêtement traditionnel vivant au quotidien.
Pas une épingle, pas un Velcro, pas un bouton, pas un lacet, pas un Zip... et pourtant il tient.
Le sari est le plus ancien vêtement encore porté de nos jours. Il aura résisté à toutes les modes, à l'importation massive du jean, du sweat-shirt et autre street wear américain.
Il a changé de couleurs, changé de motifs mais le principe reste toujours aussi pur: une longue bande de tissu de 5,50 mètres, savamment enroulée autour du corps.
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Woman in a blue sari
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Extraordinaires créations de Abu Jani et Sandeep Khosla...
07:15 Publié dans Incredible India | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ces cinéastes qui sortent du cadre!
"FINI LES ACTEURS GOMINES EN MOCASSINS BLANCS QUI ROUCOULENT AUPRES DE LEURS BRUNES!...
Les cinesates sortent du cadre..."
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"Girlfriend" offre un sujet sulfureux et créé un véritable coup de foudre au pays de Bollywood.
Réalisé par le talentueux Karan Razdan, le film (interprété par les superbes et provoquantes Amrita Arora et Isha Koppikar) montre deux femmes en train de ... s'embrasser!
Imaginez donc la fureur de nos Hindous qui n'apprécient déjà pas un baiser langoureux (même pas un p'tit, la plupart du temps!) entre un homme et une femme! Alors deux femmes ensemble!
C'est un véritable scandale et l'on essaye de faire interdire l'oeuvre.
Mais sans succès.
Comme quoi, le cinéma indien n'est plus ce qu'il était!
Olivier, d'après un article de Match du Monde.
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" La réconciliation indo-pakistanaise n'est plus un rêve. Yash et Aditya Chopra en ont fait le coeur de leur dernier film, "Veer-Zaara". Grand vainqueur des "oscars" indiens le 11 juillet dernier, le film a remporté six récompenses. Shahrukh Kahn y interprète Veer, un militaire indien sikh aux oubliettes depuis vingt-deux ans dans cette prison pakistanaise. C'est une avocate - pakistanaise - qui le découvre et se bat pour le faire sortir. Son crime? Il a jadis été amoureux de Zaara, une Pakistanaise musulmane..."
Match du Monde.
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Un western curry aux petits oignons! : "Sholay"
Un paysan engage deux durs à cuire pour capturer un ignoble criminel, Gabbar Singh, et sa bande de malfaisants qui terrorisent la région. L'intrigue est mince et rebattue; le western curry vient de naître.
Nous sommes en 1975, le réalisateur Ramesh Sippy, grand fan de Sergio Leone, se permet de plagier plan par plan des scènes de "Il était une fois dans l'Ouest".
Les scénaristes, Salim Khan et Javed Akthar, devenus depuis des véritables icônes de Bollywood, ont, eux, lorgné du côté des "Sept mercenaires" de John Sturges, lui-même le remake américain des "Sept samouraïs" du Japonais Kurosawa!
Un film culte, à comparer au statut du "Père Noël est une ordure" en France, et dont toutes les chansons et répliques sont connues par coeur. Des dizaines de millions d'Indiens s'effondrent de rire en entendant Jaidev dire à Veeru: "Saala nautanki, ghadi ghadi drama karta hai", ce qui peut se traduire par : "Tu ferais un super bon acteur, espèce d'enfoiré!"
P.M, pour Match du Monde.
"Sholay", de Ramesh Sippy, avec Amitabh Bachchan, Dharmendra et Sanjeev Kumar, Carlotta Films.
Sortie en DVD le 23 novembre 2005.
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BOUH... LLYWOOD! (Par Adrien GOMBEAUD, pour Match du Monde).
Producteur-réalisateur majeur de l'industrie de Mumbaï, Ram Gopal Varma tente de s'affranchir des canons habituels de Bollywood pour explorer de nouveaux genres.
Avec "BHOOT", il nous ouvre les portes de la maison hindi.
D'entrée, une annonce met en garde les femmes enceintes et spectateurs cardiaques.
En Inde, "Bhoot" s'est bâti une réputation démoniaque depuis un cas de décès (non avéré à notre connaissance) lors d'une projection.
Cependant, pas une goutte de sang ne perle à l'écran et le film paraîtra bien innocent aux habitués de "Ring".
Ram Gopal Varma compose néanmoins quelques jolies scènes oniriques, mais surtout il excelle à explorer les recoins d'une architecture menaçante tout en angles droits.
Précisons que le titre original, "Bhoot", est un terme hindi qui veut dire "Fantôme".
Une curiosité.
"Fantôme" de Ram Gopal Varma. Carlotta films. Sorti en DVD le 8 novembre 2005.
06:15 Publié dans Incredible India | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Sublime Aishwarya Rai...
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BIOGRAPHIE
C'est le physique avantageux d'Aishwarya Rai qui l'a introduite dans le monde de l'image, en lui permettant de décrocher le titre de Miss Monde en 1994 et un contrat avec Pepsi et L'Oréal, dont elle devient ambassadrice. L'industrie cinématographique de Bollywood ne tarde pas à la solliciter et en 1997 elle tourne 'Iruvar'. Sa prestation est bien reçue par la critique, à tel point qu'elle devient la favorite des plateaux bollywoodiens, remporte la meilleure paye, et voit sa photo à la une du Times. Elle est également la première actrice indienne à figurer au jury de Cannes, à la suite d'un concours inauguré en Inde par la société Filmfare et Org.Mag. Aishwarya Rai enchaîne ensuite les longs métrages jusqu'en 2003. Le succès du film 'Coup de foudre à Bollywood', de Gurinder Chadha, la propulse sur la scène internationale et au sommet des classements de FHM et autres magazines masculins. En 2005, elle joue dans 'Shabd' de Leena Yadav. On la retrouve en 2006 dans 'Provoked' de Jag Mundhra, 'Umrao Jaan' de JP Dutta et au Festival de Cannes 2006, ainsi qu'au 7e Festival Bollywood. Elle reçoit la même année son deuxième Filmfare Award (l'équivalent de nos Césars) pour le film 'Devdas', l'un des plus grands succès de Bollywood dans le monde. Elle sera bientôt à l'affiche dans 'Chaos', le prochain film de Coline Serreau, aux côtés de Meryl Streep. Cependant, l'actrice conserve ses valeurs traditionnelles, et sa pudeur est parfois une entrave pour jouer à Hollywood.
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Je vous avais promis, Messieurs qui aimez les Dames lol de penser à vous à un moment ou à un autre de mon blog... eh bien, voilà qui répare mon injustice !
Mais la Belle et divine Aishwarya, je le sais, séduit tout le monde, et non pas seulement par sa beauté, je n'oublie pas ce qu'une amie qui a eu la chance de la rencontrer un jour m'a dit, elle est bien au-delà d'une beauté physique merveilleuse, elle dégage une douceur, une sérénité et une bienveillance incroyables...
La Belle n'a donc pas fini de traverser les décennies et les passions... de coeur en coeur et de ciel en ciel...
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Aishwarya au Festival de Cannes.
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Si sexy Aishwarya, en bikini...
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Son sublime sourire.
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Avec le beau Salman Khan...
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Noir et blanc sur la Belle...
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Si émouvante Aishwarya.
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Son regard extraordinaire, tel un lagon de Goa.
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Aishwarya dans Devdas.
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Plus sublime que jamais...
INTERVIEW DANS MATCH DU MONDE
"Un jour, une petite fille dans un orphelinat m'a dit que la chaleur qui se dégageait de moi était encore plus forte que ma beauté. J'étais bouleversée." (Aishwarya Rai).
De Dany Jucaud:
17000 sites lui sont consacrés, des millions d'hommes s'endorment tous les soirs en rêvant d'elle. Pourtant, Aishwarya, fille d'un officier de la marine marchande et d'un écrivain, n'a pas quitté le nid familial.
"Ce n'est pas parce que à 31 ans (Aishwarya est née en 1973), je vis chez mes parents que je ne suis pas indépendante. Je leur dois tout. Mon côté féminin, je le dois à ma mère. Très tôt, elle m'a inscrite aux cours de danse et m'a appris le langage du corps. Comme je suis toujours en voyage, c'est la seule façon de passer plus de temps avec eux."
Au pays du Kama-Sutra, en 25 films, Ash - c'est son surnom - n'a jamais embrassé un homme.
" Ce serait un scandale. Ici, les gens ne sont pas très démonstratifs."
Image de L'Oréal, de Coca-Cola et des diamants De Beers, en femme d'affaires avisée, elle négocie elle-même ses contrats, et elle est, dit-on, une des femmes les plus riches du pays.
A Bandra, près de Mumbai (Bombay) - où toutes les stars de Bollywood sont installées -, l'odeur du curry se mélange à celle de la misère. Entre les rickshaws déglingués, à quelques minutes à peine des bidonvilles, Aishwarya, en Mercedes grise à vitres fumées, se rend tous les jours à son cours de yoga. Dès qu'elle pointe sa frimousse dehors, c'est l'hystérie.
Les femmes lui jettent leur bébé dans les bras et les hommes se prosternent à ses pieds.
Sur la plage de Juhu, où nous l'avons rencontrée, on boit des Coca chauds sur des tables en plastique.
" Je refuse de vivre enfermée dans une tour d'ivoire. Ce que j'aime le plus dans mon pays, c'est son côté multiculturel."
Souvent approchée par les politiciens, prudente, Ash n'a pas encore décidé ce qu'elle voulait faire, et elle refuse de s'investir dans des combats religieux. " Mais il n'est pas impossible que, dans un futur proche, je m'investisse beaucoup plus. Le fait d'être connue me force à être responsable."
En attendant, elle prête sa voix à une campagne contre la polio en priant pour qu'un jour la maladie soit éradiquée.
(...) " J'entends souvent dire que je ne ressemble pas du tout à l'idée qu'ils ont de moi, mais je ne sais pas quelle est cette idée!"
Match du Monde.
Quelle idée fausse a t-on de l'Inde?
Aishwarya Rai.
Les gens ont encore en tête une idée de l'Inde telle qu'elle était avant l'indépendance, en 1947. On aperçoit parfois encore un éléphant paré pour une cérémonie devant un temple, des vaches sacrées dans les rues de Mumbai, mais elles se font de plus en plus rares. Le pays des éléphants blancs, des charmeurs de serpents et des tigres, c'est de l'histoire ancienne.
M.d.M.
Qu'est-ce qui change le plus vite ici?
A.R.
Les femmes. Dans les grandes cités, elles redécouvrent leur identité, veulent être reconnues dans leur famille aussi bien que dans leur communauté professionnelle.
M.d.M.
Que signifie être une femme indienne aujourd'hui?
A.R.
Avoir des valeurs, de la dignité, être une femme forte.
Je revendique ma féminité. J'adore porter le sari. Il n'y a rien de plus féminin et de plus seyant.
J'en porte pour toutes les grandes occasions.
Mais quand on me demande si je suis féministe, je réponds que je suis avant tout une humaniste.
Le fait que je parle anglais et que j'aie la peau claire destabilise souvent les gens. Ils ont du mal à me prendre pour une Indienne. Mais plus je voyage à travers le monde, plus je me sens indienne.
Je suis née hindoue, je crois profondément en Dieu, je pratique ma religion, je vais au temple, j'aime les rituels. Je crois en la vérité, en l'honnêteté.
M.d.M.
Comment les hommes traîtent-ils les femmes ici?
A.R.
La société est dominée par les hommes. Tout dépend de la région et de la caste auxquelles vous appartenez. Il y a une grande différence entre des villes comme Bangalore, Cheng Mai, Mumbai et les campagnes.
M.d.M.
Si vous aviez le pouvoir de changer quelque chose, que feriez-vous?
A.R.
Je voudrais briser le système des castes qui hiérarchise la société hindoue. Contrairement à la France ou à l'Angleterre, il n'existe pas une seule culture indienne mais plusieurs. La culture et la mythologie font partie de notre enfance, nous sommes le résultat de ce mélange de religions et de cultures.
M.d.M.
Quelles sont en Inde vos destinations favorites?
A.R.
Le Rajasthan, le sud du Kerala et Goa, un endroit touristique, mais merveilleux pour se relaxer.
Ce sont plusieurs pays dans le même pays.
Quant à moi, c'est Mumbai que je préfère. Mumbai reflète tous les aspects de l'Inde aujourd'hui. On y trouve à la fois le côté le plus traditionnel et le plus moderne. La plus grande richesse cohabite avec la plus grande misère, ce qui est l'essence même de notre culture.
C'est à Mumbai que se trouvent mes racines et mes amis.
Comme à New York, la ville est sans cesse en éveil, on y parle des dizaines de dialectes différents, mais tout le monde se comprend.
Pour nous, les Indiens, Mumbai sera toujours la cité des rêves.
COUP DE FOUDRE A BOLLYWOOD: PHOTOS
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Rêveuse Aishwarya...
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Danse
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Avec Martin Henderson
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En sari
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Messe basse entre soeurs
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Impayables Mr et Mrs Bakshi!
Impayable Mr Kholi!
Je ne pouvais pas rester sur Mr Kholi, tout de même, aussi, juste pour le plaisir, une ptite dernière photo des soeurs Bakshi, toutes en couleurs et en grâces:
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17.10.2006
Om (carnet de voyage en Inde)
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Mercredi 26 janvier 2005 – J1 – Paris. 1H50.
(…) « At night I pray
That soon your face will fade away…
(Britney Spears - "Everytime").
Je suis rentré. La maison est chaleureuse. Comme depuis le premier jour que je l’ai vue et que j’ai craqué pour elle. Elle sent bon le chaud alors que dehors, il fait si froid… Je sors d’un bain à la vanille. Je me sens paumé. J’ai une sorte de nostalgie au fond de moi ; nostalgie mêlée d’angoisse… et de beaucoup d’autres choses que je n’ai pas envie d’expliciter ce soir, 'décortiquer' comme dirait Eric.
On est allés voir un film ce soir ; je l’ai trouvé à la fois poignant, mais aussi tourmenté et un peu déconcertant. Je ne sais pas trop s’il faut continuer de croire en des rêves ou en une intuition, ou bien les laisser derrière, en attendant de prochains signes, ma foi davantage porteurs d’avenir. D’avenir. Un mot que j’ai de nouveau de plus en plus de mal à comprendre, à me représenter.
Ca y est. J’ai trouvé il y a quelques jours la raison de la mort de Sybille dans la partie fictive de mon bouquin. (...)
(Je n’oublie pas que j’écris ceci au cas où l’avion se crasherait ou encore dans l’hypothèse où je ne rentrerais pas de mon voyage !…- j’écris ceci, comme à chaque fois que je pars quelque part, d’ailleurs).
Je pars en Inde tout à l’heure.
Après une assez longue nuit de sommeil, et encore quelques préparatifs.
Je dois avancer, coûte que coûte.
Je suis sans doute, dans le fond, complètement barré, et je me verrais bien voguer de mers inconnues et imprévisibles, en champs de coquelicots interminables et anonymes, mais peut-être y a t-il encore quelque part, quelque chose qui brûle…
Peut-être.
Je m’en vais le voir, le savoir.
J’ai envie d’un long repos en Inde, qui me ramènerait un peu vers moi-même.
J’ai beaucoup appréhendé ce voyage ces derniers jours.
Jusqu’à hier, j’ai cru que j’allais peut-être l’annuler jusqu’au dernier moment. Peut-être.
Je ne pense plus l’annuler.
Je fonce la tête en avant.
Je ne sais pas vraiment pourquoi ?…
On verra demain, de toutes façons.
Dire que c’est le voyage dont j’ai rêvé une grande partie de ma vie.
En tout cas, depuis que je suis un petit peu 'éveillé', comme aurait dit Siddhartha, c’est le voyage qui me fascine le plus, qui me tente le plus.
Je me suis toujours dit que ça me changerait.
J’aurais voulu être prêt avant de le faire.
Celui-là, je l’ai rêvé, j’ai eu le temps de vraiment le rêver, sur toutes les langueurs, je l’ai attendu, prévu, renoncé, puis de nouveau espéré.
Un peu comme un long amant.
Je m’en vais l’attaquer de face, et je ne sais même plus vraiment pourquoi ?
Je sais que je dois y aller depuis toujours. C’est tout.
Mais y trouverai-je la réponse que j’ai tant cherchée ?
Il y a l’avant Inde, et puis l’après.
Mais s’il le faut, il n’y a pas d’avant et d’après, juste une succession de choses, qui peuvent souvent paraître des non-sens.
Qu’ai-je donc à toujours vouloir mettre du sens partout où je vais, dans chaque direction, au juste ??
Oh ! et puis j’y vais, et c’est tout.
J’ai toujours dit que j’irais, de toutes façons.
Je verrai bien. J’attends peut-être beaucoup de ce voyage. Je ne pense pas en ce moment, à une nouvelle révélation spirituelle, mais plutôt seulement à un retour durable et plus apaisé vers mon moi le plus profond.
Mais peut-être aussi n’attends-je rien du tout.
Ca me fait parfois un peu peur.
Mais ça passe.
Je verrai bien, donc.
Ce que je sais, c’est que les conditions pour y aller ne sont pas bonnes.
Mais après tout, qui sait si elles ne sont pas mieux ainsi ?…
Je vous aime.
Charles de Gaulle 1 – 16H40.
J’attends l’embarquement. Pas de commentaire. J’ai plutôt la mort dans l’âme pour l’instant…
? – je ne sais pas l’heure.
Ca fait un peu plus d’une demi-heure que nous sommes partis (j’allais dire que nous roulons !). Ca commence à aller mieux. Je n’ai pas aimé le vol Paris/Munich. Nous avons eu beaucoup de retard.
Il y avait de la neige sur Munich, ce qui a engendré des problèmes de coordination, au niveau des arrivées.
Du coup, nous avons été obligés de longtemps tourner en rond dans le ciel ; c’était assez impressionnant. Je voyais la lune sur ma gauche, puis un quart d’heure plus tard, je la voyais de nouveau au même endroit, après avoir fait un tour complet dans le ciel…
J'ai failli rester sur Munich, tellement je n'ai pas aimé ce vol, et tellement aussi je ne sentais pas ce voyage en Inde, là, à ce jour.
Le départ depuis l’aéroport de Munich a été également pénible. Il a fallu dégivrer l’avion ; cela a occasionné beaucoup de bruits et d’odeurs désagréables. On a encore pris du retard. J’étais assez mal.
Je me suis demandé bel et bien si nous allions pouvoir nous envoler.
On a enfin pu décoller, mais le décollage a été assez turbulent.
A présent, j’écoute de la musique indienne ; c’est vraiment beau.
C’est incroyable comme cette musique provoque un écho merveilleux et presque mystique au fond de mon âme…
P.S : la bonne nouvelle, c’est que, contrairement à ce que me disait le guichetier de Lufthansa, le vol à destination de Delhi ne dure que sept heures, seulement.
Nord de Bucarest – 3H53 HL (heure locale, si je compte bien : 23H23 à Paris).
Nous sommes au nord de Bucarest. Il nous reste un peu plus de 5000 km à faire, soit un peu moins de six heures de vol.
4H25 HL.
Nous venons de passer Bucarest. On se dirige droit sur la Mer de Marmara.* Le rêve commence de nouveau à s’animer en moi et… à s’habiller de quelque réalité, une pourpre brume qui s’élève peu à peu…
* Non, il s’agit bien sûr de la mer noire (lapsus révélateur, moi le grand amoureux de la Turquie, celui qui avait senti Istanbul dans ses entrailles, celui qui l'avait imaginée comme une ville de naissance, une ville antérieure, une ville fatidique. Plus belle encore en réalité que dans mes rêves...)!
Vendredi 28 janvier – J3 – Mandawa. 22H45.
Je n’écrirai pas beaucoup ce soir, sans doute, tant je suis fatigué.
Il y a une foule de couleurs, de dépaysements, mais aussi de sentiments déconcertés en moi.
J’écris dans cette chambre incroyablement grande du Mandawa Castle, pas vraiment luxueuse, mais tout à fait typique comme on pourrait dire, même si ça ne dit pas exactement typique de quoi ; typique d’un certain mode de vie de l’Inde passée sans doute.
Je viens justement de gagner cette chambre. J'ai eu une inondation dans celle que l'on m'avait d'abord attribuée. Tant mieux du reste ; l’autre était beaucoup moins bien…
C’est un peu un tourbillon brumeux qui s’agite en mon esprit.
Il y a eu de drôles de moments cet après-midi à Mandawa.
Une profusion de couleurs, une agitation extrême, un trouble certain.
Le tout emmené par un village aux fresques sublimes, hélas détériorées par le temps, la poussière, la saleté, et sans doute un certain désintéressement du patrimoine, malheureusement (faut-il l’avouer ?)…
Détériorées. Très. Trop. Il faudrait absolument les conserver. Faute de moyens sans doute, faute de mobilisation aussi.
Mukesh ( ?) m’a troublé aussi. Il a ce sourire et cette grâce qui font que sa compagnie est agréable.
Je ne veux pas ressembler à un André Gide en écrivant ceci. Je ne suis pas troublé habituellement par les jeunes gens. Mais sa grâce à lui, est agréable, oserais-je dire exquise ?…
J’en étais presque jaloux lorsqu’il s’occupait d’autres touristes (j’allais écrire : terroristes !) que moi !
Il était intéressé.
Comme tous les autres.
Il attendait son billet. Il attendait que je rentre dans son magasin. Dans le magasin de ses amis.
Je n’aurais jamais eu envie qu’il se passe quelque chose entre nous, mais je dois avouer que sa façon de se tortiller et son regard (très prometteur) m’ont tendrement séduit. Il n’a que quinze ans ! Je suis terrifié. J’espérais dix-huit, mais craignais à vrai dire quatorze. C’est une maigre consolation !
Je ressens inextricablement une solitude de plus en plus affligeante, presque insupportable.
Une douce compagnie en viendrait, je le crains, en vient (même) à me suffire.
Je suis déjà comme un vieux garçon, qui se laisse séduire par le moindre sourire futile et fugace.
Mon Dieu, suis-je donc perdu ?
Pourtant cet élan de spiritualité qui m’anime depuis que je suis ici, me donne l’illusion de revivre.
En tout cas de vivre de nouveau quelque chose ; peut-être y a t-il une porte entrouverte, quelque part ?
Je ne sais.
Elle se refermera même peut-être aussi vite qu’elle m’a laissé entrevoir une petite lueur, bah ! qu’importe ! Quel monde et quelle vie !…
C’est comme toute cette pauvreté, certes sans doute résignée, parfois même presque maîtrisée semble t-il, mais face à laquelle je ne sais comment réagir.
Certains se bagarrent même entre eux, pour gagner quelques roupies.
C’est du déjà entendu des millions de fois, ce que j’écris là, mais maintenant c’est à mon tour de le vivre. Je le vis. Et je paye pour mon égoïsme, mon égocentrisme, mes doutes et mes malheurs, qui n’en sont parfois pas.
Est-ce pour autant que c’est bien ?
Au vu des réactions qui s’ensuivent parmi ces gens, et aux troubles qui convulsent mon âme, aux questions existentielles que je me pose, j’en doute.
Mais que faire ?…
Pourtant ce matin, sur le chemin, les sourires, derrière les vitres, semblaient gratuits, eux.
Je ne parlerai pas de la journée à Delhi, hier.
Je suis fatigué, et ai pourtant beaucoup écrit ce soir.
Mais sans doute, la journée d’aujourd’hui me renverse bien davantage encore que celle d’hier, pourtant déjà très ancrée dans le quotidien de ce milliard d’êtres aux regards noirs et souvent sympathiques, malgré tout, mais pour qui le sens de la vie n’est peut-être qu’une survie ou une existence errante, sans but précis, condamnée à suivre son cours, jour après jour.
On voyage, on voyage…
Mais eux voyageront-i




















