Le Jeu des 7 Erreurs
Artiste : Elodie Frege
Label : Mercury
Année : 2006
Je le confesse (mes amis de comlive pourront en témoigner lol), je n'aimais pas particulièrement Elodie lors de la star ac'3. Etait-ce seulement parce que j'étais tellement séduit par Michal? Je ne sais pas. Je ne lui trouvais rien de plus qu'à une autre jeune artiste.
A part sur "L'aigle noir" et "s'il suffisait d'aimer" qui m'ont beaucoup ému ("L'aigle noir", j'ai eu du mal à l'avouer étant donné que c'était en finale contre Michal lol), elle ne me touchait pas particulièrement.
Etait-ce parce qu'on lui faisait chanter un peu tout et n'importe quoi, en tout cas des choses qui n'étaient pas de son univers?
Toujours est-il que sa fragilité apparente, sa voix parfois un peu défaillante et ses fausses notes m'ont agacé.
Mais aujourd'hui, je m'en veux beaucoup de confesser cela.
Sa fragilité a justement donné naissance à quelque chose de mature, un bijou de la chanson française intimiste, nouvelle vague, un look, on l'a pas mal répété, à la Françoise Hardy, plus 60' que pure bimbo, et si la jeune et jolie Elodie a su très bien s'entourer de l'émouvant Benjamin Biolay (sublime duo qui porte le nom de l'album) comme si cet album avait bel et bien été une rencontre, une osmose entre deux artistes, si Elodie a également repris une magnifique chanson de Jane Birkin écrite par le grand Serge: "le velours des vierges", et enfin si Elodie interprète très sensuellement et très suggestive "La fidélité", dernier titre écrit par Jacques Lanzmann avant son décès, ...
On découvre là une Artiste de talent, qui compose des mélodies délicates et touchantes sur sa guitare, et qui écrit des textes merveilleusement bien, charmants et pleins de sensibilité et d'émotion à fleur de peau.
Son précédent album qui avait été réalisé très rapidement après la star ac' était assez décevant, mais on pressentait un talent, notamment sur le touchant : "je te dis non".
Aujourd'hui Elodie n'a plus à prouver son talent.
Bonne et longue vie à cette jeune artiste, mon très coup de coeur, et grande révélation de cet automne 2006.
INTERVIEW ELODIE FREGE pour Le jeu des 7 erreurs (album)(15/10/2006)
La gagnante de la Star Academy 3 a sorti le 25 septembre Le jeu des 7 erreurs, un album très personnel. Contrairement à son premier album créé à la sortie de l'émission de télé-réalité, elle a composé la plupart des titres elle-même, accompagnée du très "gainsbourien" Benjamin Biolay… Un album dont le premier titre La ceinture, une ballade folk et sensuelle, est la preuve du talent d'Elodie Frégé. Questions réponses en ce 12 octobre avec une jeune femme épanouie, qui dit être fière de son album.
Tu dis être fière de ton album, as-tu trouvé ton style ?
E.F: Oui, en tout cas pour cette période de ma vie, j'ai trouvé un réel épanouissement dans ce style, je n'ai encore jamais pris autant de plaisir dans ce métier. Et puis, j'avais les éléments en main pour le réaliser : la guitare, le jeu classique, l'amour des mots…
En écoutant ton album on a l'impression de découvrir ta voix, enfin… est-ce que tu penses que pour vivre ta voix avait besoin de chanson à sa hauteur (à texte et intimistes) ?
E.F: J'ai moi-même redécouvert ma "véritable" voix en commençant à écrire mes propres chansons. C'était beaucoup plus facile de mettre la juste émotion sur quelque chose qui a été tissé main. Rien à voir avec le premier album et l'émission dans lesquels je croyais que pour plaire il fallait chanter le plus fort possible et sortir les bonnes notes… aux dépens de la bonne émotion.
Tu as travaillé avec Benjamin Biolay ; as-tu le sentiment d'avoir réalisé un rêve ?
E.F: Non pas vraiment… C'est vrai que je connaissais le travail d'orfèvre de Benjamin (j'avais longtemps écouté son album Rose Kennedy). Mais notre rencontre et notre collaboration ont été tellement naturelles et instinctives que ça me semble aujourd'hui juste normal, pas onirique. C'est le destin.
On a l'impression que tu as fait un album sincère, penses-tu que ce soit important pour réussir ?
E.F: Pour moi, c'était forcément très important d'être sincère, en accord avec ma vie intérieure. Je n'aurais pas pu me regarder dans un miroir si j'avais continué sur une lancée qui n'allait pas dans mon sens profond. Et puis, on ne peut pas éternellement leurrer les gens, il faut être intègre, ça les touche bien plus.
Qu'as-tu appris en participant à la Star Academy ?
E.F: Je crois qu'en rentrant dans ce genre d'émission, on apprend plus de choses sur sa propre personnalité que sur ses envies artistiques, sur de nouvelles techniques vocales, ou sur la justesse d'interprétation. Moi, personnellement, j'ai compris à la fin de la tournée Star'Ac que j'avais été projetée dans toutes les directions sauf LA MIENNE… et c'est à partir de là que j'ai commencé ma phase d'épanouissement. Et ça, c'est le plus important.
Parle-nous de ton enfance ; as-tu été bercée par les chanteurs à texte ?
E.F: Oui, bien sûr, je crois qu'on ressent bien mes influences dans ce second album. Il est vrai que mes parents, qui étaient très mélomanes, m'ont fait écouter dès mon plus jeune âge leurs vinyles de Brassens, Ferré, Gainsbourg, Barbara ou des Beatles. En plus de la littérature, ça a ouvert chez moi un goût prononcé et une réelle passion pour les chansons à textes et l'écriture.
Raconte-nous ce qui s'est passé entre ton premier album et celui-là. Comment es-tu parvenue à passer de quelque chose de formaté à un style personnel et intimiste ?
E.F: Tout s'est fait très naturellement, il m'a suffi de reprendre mon indépendance après l'émission et la tournée. J'avais besoin de m'isoler, de ne plus faire partie d'un groupe, de prendre enfin du plaisir dans l'expression des thèmes qui me tiennent à cœur. J'ai repris ma guitare, mes bases classiques (8 ans de cours) et j'ai commencé à griffonner des bribes de textes qui reflétaient ma vie intérieure, mes angoisses, mes doutes et mes questions… Et ma maison de disques a aimé, j'ai donc déterminé moi-même la direction de l'album avec ce que j'avais créé. Tout simplement. On n'était plus dans le format du premier album dès ce moment là.
On te sent zen, mais tes chansons révèlent certaines angoisses… la chanson te permet d'exprimer tes peurs ?
E.F: Oui, il y a pas mal des choses enfouies qui sont difficilement exprimables dans la vie de tous les jours. En général on ne dit rien, on finit même par rire beaucoup, dire un maximum de bêtises, se tourner soi-même en auto dérision… Mais cela cache souvent une profonde mélancolie, une certaine solitude… Dans l'écriture, j'ai exorcisé pas mal d'angoisses et de failles par rapport à l'affect et aux relations amoureuses. Je suis une fleur bleue lucide.
Tu seras les 7 et 8 décembre en concert au Café de la Danse à Paris, comment vis-tu cet événement ? As-tu le trac ?
E.F: J'ai toujours eu le trac, mais c'est un moteur pour me surpasser. Si je ne doute pas, je pense que je n'ai pas grand-chose à faire dans ce métier. Mais c'est vrai j'ai très très hâte de pouvoir faire vivre cet album-là sur scène, ce sera la première fois en solo.
Ce vendredi 6 octobre 2006, tu as chanté sur le prime de la Star Academy. Avec qui as-tu chanté et pourquoi ce choix ?
E.F: Vendredi dernier, j'ai partagé 2 duos sur le prime de la Star'Ac : Bonnie & Clyde avec David, un vrai plaisir et une interprétation plus proche de "l'acting" que les performances habituelles… je l'ai trouvé très présent et nous avons beaucoup ri pendant les répétitions… et puis mon single La ceinture, je crois qu'Elfy était la personne qu'il me fallait pour partager ce moment, pour sa voix, sa maturité et sa sincérité.
As-tu écouté l'album de Patxi, qui vient de sortir, et qu'en penses-tu ?
E.F: Oui j'ai écouté l'album de Patxi, je suis heureuse pour lui et j'aimerais que ça marche, il le mérite. C'est un artiste qui m'a toujours touchée, il cache également une profonde mélancolie derrière des airs de troubadour, mais quand on l'écoute, on est immédiatement ému par sa profondeur et son charisme. Il a aussi très bien su s'entourer… je lui souhaite le meilleur.
Vu sur www.actustar.com
JE SAIS JAMAIS (Elodie Frégé/ Elodie Frégé)
Je sais jamais si tu ris si
Tu ridiculises et délires
Nos regards nos amours sans heures
Ou moindres heurts à attendrir
Si j’arrive à rivaliser
Pour l'or de rares avenirs
Je sais jamais si ta caresse
Est l'encas resté sans saveur
Un oubli, un geste à la place,
Réservé à celle de ton coeur
Si je dois retrouver l’adresse
Des rendez-vous manqués moqueurs
Je voudrais m’asseoir avec toi
A la terrasse d’un café
Je voudrais m’essayer parfois
A vivre nos nuits de journée
Sans cache-cache maladroit
De l'ombre à l'ombre s'inviter
Même si les regards nous rattrapent
Quand la lumière sur nous dérape
Souris le temps suspend son vol
Trois pages figées...puis s'envolent
Souris ses mots battent de l'aile
Trois pigeons flanchent...
Et puis s'en veulent...
Je sais jamais si tu t’appliques
A l’évoquer sans magnifique
L’autre contre qui tu me troques
Parce que tes sentiments s’étriquent
Si je provoque en toi l'attaque,
D' un coeur trinquant à contre-éthique
Je sais jamais s’il me dévoile,
Si à sa vue j’ai de l’éclat
Si la pensée de moi l’éveille,
L'aveu de ma peau sous les doigts
Si à son coeur il met des voiles
Y'a si peu d'"il" qui vole à moi
Je voudrais m’asseoir avec toi
A la terrasse d’un café
Je voudrais m’essayer parfois
A vivre nos nuits de journée
Sans cache-cache maladroit
De l'ombre à l'ombre s'inviter
Même si les regards nous rattrapent
Quand la lumière sur nous dérape
Souris le temps suspend son vol
Trois pages figées...puis s'envolent
Souris ses mots battent de l'aile
Trois pigeons flanchent...
Et puis s'en veulent...
Je sais jamais, je sais jamais
Si tu voulais, si j’aimerais...
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