19.11.2006

Moi et... Michal

Je me souviens.
Il y a trois ans.
Comment oublier?...
Quand le coeur parle.
C'était il y a trois ans, environ. Par égard pour certaines personnes et raisons, je ne dirai pas que ça a commencé le 23 novembre. Je dirai seulement que ça a commencé, mettons... le 30 novembre 2003.
Ou quelques jours avant.
En tout, cas, l'aventure, elle, la vraie aventure, a commencé le 30 novembre 2003.
Une aventure sans pareille dans ma courte existence, une aventure que j'ai vécue comme une aventure initiatique. J'entends sans doute déjà bien quelques rires, mais c'est comme ça. Je suis comme ça.
J'ai écrit un message sur un forum, c'était la première fois et je savais déjà que ça changerait, que ça déterminerait beaucoup de choses. Je savais que rien ne serait jamais plus tout à fait comme avant.
Je ne sais pas au juste pourquoi j'ai tendance à voir de l'initiatique partout.
Ou plutôt, si, je ne le sais que trop.
Je n'ai jamais eu peur de la difficulté, en fait oui, j'en ai toujours eu peur, mais je crois que partout où je vois de la difficulté, j'ai tendance à aller, même si au départ, cela me semble justement, très difficile!
Je veux dire, j'aime la difficulté, en ce sens où elle m'apprend, m'apporte beaucoup.
Je sais et je sens que lorsque l'on ressent quelque part une difficulté, cela révèle beaucoup de nous-mêmes et sans doute, des sujets essentiels.
Des clés.
Des paradoxes.
Des envies de se dépasser. D'aller plus loin.
Vers une meilleure connaissance de soi-même, vers soi-même.

Il y a dix ans, j'ai vécu une passion destructrice, j'en parlerai peut-être plus tard ici-même; je mettrai en tout cas sans doute un lien vers un passage (je dirais plutôt vers le passage) le plus délicat de mon roman "OM", une passion unilatérale, une passion qui m'a déchiré et a bien failli me conduire dans les bras de la mort.
Certes, il y avait aussi d'autres motifs à tout ce mal-être et d'autres causes, mais je schématise quelque peu, car je veux en venir au fait, au vif de ce sujet, et qui reste avant tout Michal.
Mais je ne puis oublier tout ce qui a accompagné cette expérience de vie, plutôt bizarre allez-vous me dire, mais en tout cas forte et déterminante.
Il y a trois ans, j'en ai vécu une autre.
Sept ans après la première.
Je m'étais toujours dit que si je devais revivre une passion un jour, celle-ci ne serait pas unilatérale, celle-ci serait uniquement portée vers le haut, vers les étoiles.
Mouais.
J'ai dû me tromper de calcul. Peut-être sera-ce pour la prochaine fois. Peut-être est-ce pour cette fois-ci... (on dit bien jamais deux sans trois.)
Peut-être plutôt est-ce que je ne crois plus en la passion uniquement portée vers les étoiles, peut-être qu'à ma façon, je l'ai vécue celle-ci déjà, justement il y a trois ans.
J'ai vécu mon côté noir pleinement il y a une dizaine d'années. J'ai vécu mon côté bleu pleinement il y a trois ans environ. Je crois que plus que jamais, j'ai envie d'un pont, j'ai envie d'un pont entre mon côté noir et mon côté bleu, j'ai envie d'une réconciliation entre mes différents moi, j'ai envie de cesser de voir des contradictions en moi, mais plutôt (comme je l'apprends en psychanalyse notamment) des complémentarités, j'ai envie de cesser de ressentir toujours devoir me justifier, justifier mes choix, mes actions, mon passé, mes rêves, mon vécu.

Michal est pour moi une expérience initiatique.
Parce qu'à un moment donné de mon existence, il m'a révélé des choses à moi-même, des choses que je ne pouvais plus ignorer, et aussi, indirectement mais sûrement, cela m'a entraîné vers de nouvelles choses, plus de clarté, plus de profondeur aussi je pense, davantage de connaissance de soi, en tout cas.

Michal m'est donc apparu il y a trois ans, quelques jours avant ce premier message sur ce forum.

Je l'ai vu dans cette formidable et bouleversante apparition TV sur le célèbre titre "ainsi sois-je" de Mylène Farmer.
Je trouvais que l'interprétation était très différente de ce qu'on avait pu voir jusqu'ici, très personnelle, très émouvante, chargée de beaucoup de choses, de pudeur, d'authenticité, d'étoiles.
J'ai pleuré comme une madeleine, oui, moi qui avais perdu l'habitude de pleurer depuis quelques années, qui m'étais un peu endurci, qui avais plutôt confiance en moi, qui avais à peu près tout ce qu'on peut demander à une vie à ce moment-là.
Mais il manquait quelque chose de plus authentique, de plus vrai, de plus profond, de plus dérangeant: le trouble.
Pas le trouble que l'on ressent tous les jours (ou presque) devant telle ou telle situation, telle ou telle scène de vie, telle ou telle...
Le trouble. Un trouble profond, violent, viscéral, bizarre.
J'ai d'abord eu du mal à mettre des mots sur de telles émotions. Eu du mal à admettre que l'on puisse avoir de telles réactions devant un artiste que l'on découvre derrière un écran froid de télévision.
Je n'étais pas fan des émissions de télé-réalité et encore moins de celle-ci, je n'étais pas fan de la TV, tout court.
Je n'avais jamais non plus posté sur le moindre forum, je ne parlais alors pas facilement de mes émotions non plus.
Et pourtant...
Expérience plus troublante encore.
J'ai ressenti violemment en moi que Michal, ce jeune artiste que je découvrais alors, qui me fascinait de plus en plus, avait perdu sa mère à l'âge de dix ans.
Quelle ne fut pas ma surprise lorsque quelques jours plus tard, j'apprenais que c'était effectivement le cas!...
Peut-être était-ce parce que j'avais vécu ça, moi aussi.
Toujours est-il que derrière un écran, je découvrais que l'on pouvait avoir des émotions, des intuitions qui se révélaient être vraies.
Et puis, j'ai tapé son nom sur les moteurs de recherche.
Et puis, je suis tombé sur ce site.
Des horreurs.
Et des soleils.
Visiblement, il déchaînait les passions en tout cas!
Et curieusement, les personnes qui étaient touchées par ce jeune homme écrivaient bien, respiraient de sincérité, avaient une sensibilité exacerbée, à part.
Je ne sais pas. Quelque chose d'ebouriffé, de violent. Des rêves perdus, déchus, des sentiments de trouver ou de retrouver quelque chose en lui, des envies de se dépasser, des envies de chialer là comme ça sur un coup de foudre ou de gueule, des envies de "crier la vie", des envies de prendre les gens qui nous touchent dans les bras quand on veut, où on veut.
Plus de frontières, plus de barrières.
La spontanéité d'une émotion intacte.
Curieusement, les personnes qui étaient touchées par ce jeune homme parlaient d'étoiles et d'anges.
Des choses qui me touchaient tant et tellement, des choses que j'avais presque oubliées.
Des choses que je n'avais finalement jamais totalement oubliées au fond de moi.
Quelque chose qui me disait de reprendre le chemin là où je l'avais laissé, de reprendre la quête de mon idéal en main, de repartir à la conquête de mes rêves, de ma vérité.
Quelque chose qui allait changer ma vie.
Quelque chose qui me disait que non je n'étais pas allé assez loin jusqu'à maintenant, non, je n'ai pas assez creusé dans cette direction, non, je n'ai pas suffisamment exploré ce que certains nomment folie, et ce que je nomme seulement "mon côté bleu".

J'ai cru alors que je m'étais révélé totalement à moi-même.
Certes, j'étais naïf.
Mais quelle joie immense de pouvoir vivre cette expérience et quelle importance décisive dans mon courant de vie, dans ce vers quoi cela m'a conduit par la suite.
Chemin sinueux, mais tellement essentiel à mon sens.

J'ai poussé loin, très loin mon côté bleu.
C'est pour ça qu'on m'a dit que je ne montrais pas tout ce qu'on voit de moi aujourd'hui.
Mais à l'époque, j'étais subjugué, j'étais amoureux.
On dit bien "l'amour rend aveugle".
Je ne veux plus qu'il me rende seulement aveugle, je veux aussi qu'il m'aide à mieux voir, justement.
Mais à l'époque, je ne voyais que le bleu. L'immense et incroyable croyance que tout serait colorié de bleu.
Je croyais. J'y croyais.
Je ressassais des mots de Hermann Hesse, l'histoire de l'homme qui était amoureux d'une étoile.

Puis il y a eu la rencontre tout aussi incroyable de princesses sur le forum.
Puis il y a eu la rencontre tout aussi incroyable de celui que j'ai cru être mon prince, enfin venu.
Grégory.
C'est parti d'une seule et même histoire, mais c'est en soi tellement une histoire, que je dois m'arrêter là pour aujourd'hui.
Je me le dois pour vous, moi qui aimerais tellement faire moins long, je me le dois pour moi, je vais faire une pause dans mon récit.
Je reprendrai plus tard.

Du bleu.

10.11.2006

Moi et... l'Eau

Je lance aujourd'hui une nouvelle catégorie sur mon blog, un peu comme suite à ce que je vous ai confié dans mon dernier billet: "Unbelievable".
Une catégorie consacrée à un thème à chaque fois, chaque nouvelle fois que je poste sur ce lieu, vous pouvez réagir, vos commentaires sont les bienvenus, et même si vous le souhaitez je vous invite @ écrire un petit texte sur "vous et... ce thème.
Aujourd'hui, je commence avec l'eau.
Sans doute l'un de mes thèmes favoris.
C'est un peu (beaucoup) pour cela que je commence par celui-ci.
L'eau est au centre-même de mon identité.

En effet, en dehors de ce qu'elle représente sur la terre, dans notre quotidien, elle au centre de mes pensées, de mon fonctionnement, de ma philosophie de vie.
L'eau pour moi est tout.
Elle est l'unité.
Elle est elle-même partout.
Je veux dire, on ne sait pas d'où elle vient et ni où elle part, mais elle est la même en tout point.
Elle est l'unité, bien au-delà des thèmes très manichéens du bien et du mal, qui se fondent alors en un seul.
Elle est au centre des philosophies de l'Orient, et en particulier le Bouddhisme.
Elle est l'origine, la vie, qui en tant que telle représente aussi la mort.
Or, l'eau, elle, curieusement, ne symbolise pas la mort.
Elle est la Vie. Uniquement tournée vers la vie.

Je reporterai peut-être un jour prochain un passage de l'un des écrits de mon auteur favori, Hermann Hesse, ici-même, sans doute un passage de "Siddartha".

L'eau est aussi la purification.
Elle aide à conduire l'homme à son état supérieur et divin, un homme complet, sans elle, celui-ci meurt. Beaucoup plus vite d'ailleurs que de faim ou autre.
L'eau est le passage d'un état à un autre, alors que subsiste l'élément éternel, l'élément unique, l'unicité.
La diversité des états dans une unicité d'états.
L'eau symbolise l'être humain.
Multiple et unique.
Impermanent et éternel (dans le coeur. L'âme?).
Entre le ciel et la terre.

L'eau est le désir de la paix.
L'eau est toute puissante.
L'eau parle et délivre des messages (cf ma "Prose indienne"), l'eau guérit, l'eau est aussi lumière.
L'eau porte aussi tous les maux de la terre sur elle: elle peut-être limpide, cristalline, claire, mais aussi boueuse, noire, terreuse, souillée...
L'eau porte tout en elle, elle contient le seul message de vérité que nous sachions tous, le message que chaque coeur rempli d'humilité vénère en elle, la trace de la vie.
Grâce à l'eau, mon coeur est vivant. Il s'ouvre, s'émerveille, s'emplit de vie, de mots, de passion, de sentiments, de fougue, de respect.
D'Amour.