27.06.2007
Début de l'interview de Olivier-Yves IBRAHIM par Frédéric RUQUIER...
Frédéric RUQUIER: Bonjour Olivier. Olivier-Yves... Ibrahim? Comment préférez-vous que je vous appelle.
Olivier-Yves IBRAHIM: Allons-y pour Olivier-Yves. Faisons simple. Mais pas trop (rires).
F.R: Tout d'abord, félicitations pour la sortie de votre recueil de poèmes : "Un bouquet de glycines". Je suppose que c'est un moment important pour un jeune auteur de voir son premier recueil de textes être publié.
O-Y I: Beaucoup de gens me félicitent, je suis sensible à cela, même si j'ai envie de dire qu'il n'y a pas là de quoi adresser quelque félicitation que ce soit. Ce livre a été publié à compte d'auteur et je suppose que si c'était nul, ou parlons plus crûment encore, si c'était de la merde (et c'est sans doute le cas!), il serait publié de toutes façons.
Cependant, je dois avouer qu'être publié un jour était un rêve de gamin, et comme tout rêve de gamin, on est touché, très touché lorsqu'il se réalise.
Je n'oublierai jamais la première fois que j'ai touché la page de couverture du recueil, que j'ai senti cette page, que j'ai léché le coin de cette fameuse couverture, pour me dire : non ce n'est plus un rêve. Ca pique la langue.
F.R: Mais tout de même, on ne publie pas n'importe quoi, si c'était si mal écrit que ça, on vous aurait envoyé une gentille lettre et...
O-Y I: Je ne sais pas. Je n'ai pu arracher que quelques mots de mon éditeur. Il a juste baffouillé quelques mots du style, non, non , ce n'est pas mauvais, et l'air gêné, il est passé à autre chose, puis l'air un peu moins gêné il est revenu aux termes du contrat.
F.R: Dîtes moi, vous ne mâchez pas vos mots. Vous voulez dire que...
O-Y I: Les gens qui me connaissent vraiment savent que je n'ai pas un caractère facile. Je n'ai pas toujours envie de faire dans la dentelle. J'ai certaines choses que j'ai envie de dire et je les dis.
Cependant, il faut être clair. J'ai passé dix ans de ma vie à accepter l'idée de bien vouloir être publié à compte d'auteur parce que mes écrits sont sans doute assez mauvais ou qu'ils ne sont pas susceptibles d'intéresser beaucoup de gens pour être publiés tout court, alors j'assume. J'assume les actes que je fais. Mon éditeur espère peut-être vendre quelques exemplaires du Bouquet, mais d'ores et déjà il a bien rentabilisé son truc, et moi je suis publié. Chacun a ce qu'il voulait, dans ce contrat, non? J'ai publié parce que je suis orgueilleux et que je ne voulais pas mourir avant de l'avoir fait.
F.R: Vous êtes obsédé, j'ai l'impression, par l'idée de mort. Lorsqu'on vous lit, et d'ailleurs le premier poème s'intitule "L'amour est mort", vous paraissez très marqué par ce thème.
O-Y I: C'est effectivement un thème qui me hante depuis vingt ans...
Lire la suite sur le blog de la parution de mon recueil de poèmes: "Un bouquet de glycines"...
11:30 Publié dans Poésie, poésies... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésie, gay et lesbienne, mort, amour, sexe
14.03.2007
Fugitive
Et là elle regarde sa croix noire,
Là elle regarde sa croix noire
Perdue parmi ses chats
Qui la protègent des événements du dehors.
Moi, je danse et danse en rond, en rouge, comme une flamme,
Et je dois m'envoler pour Bali,
Et je dois m'envoler pour Bali.
Ses chats la protègent des événements du coeur.
Fugitive, en haut de la mer, falaise du soir,
Evasive, elle ne sait pas si elle doit s'enfoncer
Dans l'encre des vagues, des affres du bas
Ses voiles ne la protègent plus du froid.
Moi, je danse et danse en rond, je ne veux pas savoir les lames,
Les abîmes, les folies,
Et je dois partir pour Bali.
Plaintive comme une errance, elle regarde le bateau s'éloigner,
Si tard que la lune s'en est mêlée,
Blanche, aux conteurs de froideur, de désespoir,
Les sillons qu'elle jette sur l'eau ressemblent un peu plus à des ors...
Lent, le bateau bleu s'est éloigné du port,
Furtive, elle s'est élancée vers la mort,
Elle n'a pas vraiment choisi les affres du bas,
Le précipice s'est détaché, comme une absurde plainte dans la nuit.
Dans ma danse, j'ai entendu un cri, lointain
Je devais m'envoler pour Bali, là-bas, si loin...
Une intuition s'est levée et a glissé sur la courbe de mon dos,
Rien ne sera plus comme avant.
Aujourd'hui, elle n'est plus qu'une photo,
Et je ne pense plus jamais à Bali
Autrement qu'en ressentant, les incessants hurlements du vent.
17:20 Publié dans Poésie, poésies... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
04.01.2007
Anesthésies locales
Les notes se fondent comme perlerait un clapotis
De quelques brins de bruines anodins
C’est un de ces jours où l’on se retrouve soi
Dans un air morne et morose, sous des airs contrits d’apathie
Un peu aigu, écorché, vif, et pourtant sans voix /e
C’est un de ces temps abscons où peut-être
Le temps est en train de s’endormir ou se gâter,
Lorsque je regarde les trains passer
Ou même, lorsque ceux-ci m’emmènent derrière les nuages, les kilomètres…
Mais peut-être , aussi, l’éclaircie poindra t-elle
Comme je sais tant être touché par l’étincelle de soleil
Je fais quelques gestes graciles et fragiles.
Nonobstant la poussière
Je le sais a formé des aveux sur les ongles de mes doigts de dentelle
Je me sens un peu pâle, aigu, écorché et vif
Pourtant comme étouffé sous une étoffe qui m’atténue
Derrière un tissu dont la toile délicatement me love
Je me sens un peu nu
Mais ces voiles arrondissent les violences, amoindrissent les chocs,
Adoucissent les heurts, et rendent les chaos un peu plus passifs…
C’est la respiration qui halète le plus, qui sent le sang
Elle est délicieusement embourbée dans de vieux rêves, qui furent pourtant urgents,
Aujourd’hui tout est pâle, tout est gris, au ralenti
Mais l’on n’oublie pas ses vieux démons et refrains
Et la lumière, au fond, n’est pas toujours très loin.
Anesthésies locales. Paris, le mardi 29 mars 2005 (OM).
16:43 Publié dans Poésie, poésies... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poésie, amour, vertige
06.11.2006
Baptiste (l'Amant inconnu)
Ca ne fait que trois jours que je vous ai vu
Et déjà mes nuits sont emplies de vous
Mes rêves remplis de votre corps que je n'ai pas su, nu
Trois jours et déjà vous me rendez fou
Cela fait trois jours que je vous ai vu - comment l'oublier?
Et déjà mes visions contiennent vos formes, vos absences, vos indélicatesses]
Elles détiennent les peaux qu'on n'a pas envolées, celles qu'on n'a pas dérobées]
Les sexes qu'on n'a pas bus, pas torturés, le drame qu'on n'a pas vécu
Trois jours, rien que trois petits jours et déjà
Ma tête, cette obsédante alchimie de sangs et de faiblesses
Ne jure que par votre regard - celui qui s'est croisé au mien, trois fois, trois gigantesques fois]
Celui qui retient le sang qu'on n'a pas mêlé, l'envie de vie (de mort) à laquelle on ne s'est pas voués]
Cela fait trois jours que je vous ai vu
Je ne vous reverrai pas et ne jouerai pas le drame
Les peaux qui se sont ignorées, qui n'ont pas survécu
Trois jours et juste le poids un peu indécent d'une seule larme...
Olivier-Yves IBRAHIM.
Le Mont-Dore, le 21 septembre 2005.
A paraître prochainement, dans : "Un bouquet de glycines".
02:30 Publié dans Poésie, poésies... | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : gay et lesbienne, poesie
05.11.2006
Dimanche après-midi
Dimanche après-midi, l'enfant ira jouer au cerf-volant
Il ira oublier les querelles de ses parents, les bruits de la télé
Il ira rejoindre son monde d'enfant avec ses envols et ses vents
La grand-mère du quartier lui fera un gentil clin d'oeil complice.
L'enfant ira frôler les herbes vertes et tendres,
La rosée qui n'a pas encore tout à fait séché
Il oubliera le repas trop lourd, le dessert dont on l'a privé.
Il négligera le temps qui n'est rien et les montres qu'il déteste.
L'enfant verra les montagnes belles et fières sans les voir
Elles feront son décor de théâtre, qui ressemble au bonheur
Il méprisera ses cahiers d'école, ses lectures imaginaires
Pendant que le cerf-volant inonde de couleurs les airs.
Ce dimanche après-midi sera comme tous les autres dimanches après-midi
Sauf que celui-ci restera pour toujours dans son coeur, sa folie
Ce sera celui où l'enfant frôlera la peau nue du torse de son petit camarade
Et qu'il découvrira sans prendre garde que le coeur bat la chamade.
Olivier-Yves IBRAHIM.
Niort, le 29 octobre 2005.
A paraître prochainement, dans: "Un bouquet de glycines".
05:10 Publié dans Poésie, poésies... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gay et lesbienne, poesie
30.10.2006
Les pavés de Paris
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Paris, pavée, glaciale, frôlée
Sous mes pas de caoutchouc
La pluie qui claque contre ces souliers trop usés, trop lourds...
Je repense à cet amour invisible.
Trop de place pour l'espace de tes traces qui s'efface
Paris, lassée, délaissée, captivée
Sans remord ni fard affiché
Je redanse à cet éden indicible.
Tu es le miroir de mon temps intérieur
L'erreur, le troublant aveu d'une trop exquise vertu
Paris, l'absurde, la désuète, la comblée
Tu as tous tes amants triangulaires à tes pieds.
Tu es l'urinoir de mes désertes antérieures
Le trait-d'union entre ma peur et le brûlant voeu de ma peau trop nue
Mon invisible amour qui flotte dans cet air d'une humidité absolue
Paris et Ton image sous les pavés gris, flous, qui vertigent indescriptibles.
Olivier-Yves IBRAHIM
(Nuit du 28 au 29 octobre 2006)
03:45 Publié dans Poésie, poésies... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poesie, Paris
27.10.2006
Effleure le rose...
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Olivier-Yves IBRAHIM.
Effleure le rose... (mon premier poème entièrement virtuel).
Je ne me souviens pas de ces arbres roses,
Dont les feuilles sont tombées en flanelle,
Les fleurs de rosées qui ont défloré tes bagatelles,
Non plus de larmes ne doivent couler, arrose
De lumière le vertige, le voyage, la prose, mais j'ose
Aujourd'hui relever la tête, le défi, le parcours
Dans une ligne, un nouvel horizon, je m'enamoure
Et volent aux vents lourds les fleurs avec toute ma prose
Cueillette d'automne, légères poussières
Tourbillonnent comme un enfant intrépide
Le cou droit devant les grêlons d'orage, les chimères...
Rêve de printemps où des douceurs s'éveillent encore
Où l'Alchimiste désire s'envoler de nouveau vers son or
Et où ce coeur, cet abcès, cette sirène dans l'eau du temps se vide
03:45 Publié dans Poésie, poésies... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poesie
26.10.2006
Le désert
Tes longues courbes veloutées de femme brune s’évadent en lentes volutes de fumée
Et en mouvance sur tes dunes
J’aperçois un vent de sable fin qui t’emporte dans un tourbillon de brume
Légères et sveltes, petites sphères de poussière mon cœur n’a d’autre horizon que vos manteaux de déesses
Qui virevoltent et virevoltent, volages en douces pluies éphémères
Et lorsque celles-ci retomberont dans leur mollesse
La trace du temps et de l’éternité se sera de nouveau envolée
C’est un corps fluide qui monte jusqu’au ciel de lune et égare
L’homme en pourpre dans ses longues mélopées
Chaude enveloppe qui s’allume, enroule lassement mes reins, s’enroule dans une danse de mille volumes
Je te rêve, entre réalité et désert, Océan de nulle part qui retournera Princesse
Pour aimer et aimer, d’amour sauvage les hommes perdus dans leur misère
Et les caresser de baisers de miel qui les blessent…
Car on recherche tous cette âme pour qui on pourra désormais s’envoler
Le désert. Rouen, 1997 (les plages d’Orient).
00:10 Publié dans Poésie, poésies... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poesie
17.10.2006
Les mots font scandale
J'aime sa poitrine, elle est glabre et déjà cadavérique
Elle est glauque, imberbe et pour toujours figée dans les arts
Elle ne ressemble plus à quelque chose de maléfique
Mais pourtant, elle hante mes nuits insomniaques et diffamatoires.
La pose n'est pas érotique, nonobstant elle obsède
La tête retombe avec une humilité et une douceur superbes, contre l'épaule maigre
Je me souviens encore de ces vieilles bigotes toutes aigres
Moi je lui trouvais une sensualité qui élève des remèdes
C'est un mystère mêlé de mysticisme et de misère
L'âme humaine est un crime que je n'ai pas commis
Les cheveux longs et sales, la coiffure éprise d'épines
Je sens ma piété s'envahir de quelque érection amoureuse
La poitrine a des trous, elle me fait penser au soldat de Rimbaud
Je sens les parfums âcres de ceux de l'éther
Cette nuit ne termine plus elle me prolonge encore un peu
Et Toi, Crucifié amoureux, tu m'aides à passer l'ennui...
Olivier-Yves IBRAHIM.
Niort, le 16 septembre 2005.
A paraître prochainement, dans "Un bouquet de glycines".
18:05 Publié dans Poésie, poésies... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poesie
16.10.2006
Colombe noire (black dove)
Où t’envoles-tu, colombe noire et fragile ?
Dans la nuit, toutes les colombes paraissent noires,
Pourtant sous la lune, aux ailes dorées de reflets…
Mon cœur, mon amour aux vents souples s’envolent fébriles
Je voudrais tant confondre ton corps en voiles futiles
Les mélanger à des philtres indélébiles,
Je voudrais caresser ta peau avec la fumée étrange
D’un bâton d’encens, couleur de santal et tantrique
Perles de désirs, pourquoi ne vous tenez-vous pas
Aux lèvres langoureuses de cette colombe du soir
Elle s’évade seule indépendante et adorée
Voulant oublier qui l’a aimée cette nuit-là
Mais cette nuit se donne des airs d’éternité
Et si après tout, loin, à Agra, je fuyais ?
Mais si pour toi je me faisais démons et anges
Lascive mésange, aux couleurs d’un amour unique.
De l’autre côté de la galaxie, où voles-tu ?
Je voudrais te porter de là des cruels baisers
Colombe noire tu es mon plus bel amour
Est-ce que tu sais qu’il rime avec toujours ?…
Mais je dois m’enfuir au Texas… (bis)
Oublier ton feu et pourquoi je t’ai aimé
Tu es la lame du couteau qui supplante mes veines ,
Et moi je ne suis que l’âme qui vogue sur tes vagues
Voyage vers tes vertiges et tes yeux si vagues
Je t’aime à ne plus respirer
A en couper au vent son souffle
Et je dois m’enfuir au Texas…
Colombe noire, si seule et silencieuse, où voles-tu ?
Ignorant mon message, l’autre moi et ses étés
Où voles-tu élixir de désir, déité ?
Connais-tu les spirales des dédales de mes plaines
Et je vais m’ enfuir au Texas…
Pour rejoindre ton cœur envolé
Jusqu’au soir de mon dernier souffle.
Colombe noire (black dove). Nice, mars 2003.
Olivier-Yves IBRAHIM (alias moi-même).
22:55 Publié dans Poésie, poésies... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poesie


















































